Guinée : Bah Oury dresse un diagnostic alarmant de la situation sociopolitique du pays

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« Ce qui se passe dans notre pays est très dangereux pour la stabilité et la paix, aussi bien en Guinée que dans la sous-région. « 

Dans une déclaration publiée sur son site officiel, le Front national pour la défense de la Constitution (Fndc) lance un appel à la communauté internationale qu’il invite à s’impliquer pour prévenir une crise majeure en Guinée. Une doléance formulée en réponse à l’obstination du président Alpha Condé à soumettre au référendum une nouvelle constitution.

De cette crainte du Fndc, le président de l’UDD dresse son analyse à lui par rapport à la préoccupation exprimée par les défenseurs de la Constitution.

« Ce qui se passe dans notre pays est très dangereux pour la stabilité et la paix, aussi bien en Guinée que dans la sous-région. Ce n’est pas pour inquiéter les populations qu’on le dit. Mais, ça prend en compte une analyse objective de la situation de notre pays », dresse d’emblée l’opposant Bah Oury dans l’émission Oeil de Lynx de ce jeudi 6 février 2020.

Poursuivant, l’invité de la radio Lynx FM a rappelé que depuis 2000, la Guinée est entrée dans une période de turbulences. « Le koudéisme avait amplifié cette dynamique de crise interne de la société guinéenne. Nous avons, tant bien que mal, essayé de trouver un palliatif à travers le processus qui était engagé avec les forces vives en 2006, 2007 et 2008. Là aussi, les résultats ont été mitigés, parce que le processus est resté inachevé pour différentes raisons », a-t-il expliqué.

Aux dires de l’ancien ministre de la Réconciliation nationale, c’est dans ce contexte qu’il y a eu la nouvelle Constitution de 2010, et une élection présidentielle qui a encore aggravé la fracture de la société guinéenne.

« Nous avions pensé qu’après les deux mandats, le président Alpha Condé aurait réussi à cicatriser les blessures et à engager le pays dans un processus de renouvellement et de consolidation de la paix beaucoup plus effective. C’est dans ce contexte, qu’ils avaient, dans le courant du premier mandat, mis en place la Commission provisoire pour la réconciliation nationale. Mais après les délibérations et les travaux de cette commission, celle-ci a été mise au garage », s’est désolé l’opposant.

« Ce qui est surprenant, ce qui était professé au début de ce second mandat, aller dans le sens de la décrispation et de l’apaisement, du fait d’une crise sanitaire, d’une crise politique qui, tant bien que mal, a été endiguée, les deux dernières années du mandat, au lieu de conforter cela, on rentre dans un autre cycle d’exaspérations des contradictions politiques pour simplement avoir un autre mandat en dépit du fait que la Constitution soit pourtant claire : il ne peut pas y avoir deux mandats pour une seule personne, consécutifs ou pas. Donc, c’est cela qui ramène les choses encore en arrière. On cumule les crises actuelles et les crises antérieures qui n’ont pas été résorbées. Ce qui fait que les facteurs d’explosion sont devenus beaucoup plus forts. Ça, c’est du côté interne », a dressé Bah Oury en guise d’analyse, non sans s’étendre sur la sous-région : « du côté externe, si à la fin du siècle dernier, c’étaient les guerres civiles du Libéria, de la Sierra Leone et de la Côte d’Ivoire qui avaient un impact négatif sur le cours politique de la Guinée, aujourd’hui, nous avons affaire à un danger beaucoup plus élevé avec des forces asymétriques qui sont en train de désintégrer des pays comme le Mali, le Burkina et le Niger. Et c’est maintenant, au lieu d’aller dans le sens de renforcement de la cohésion nationale, que des gens qui ont une responsabilité politique (puisqu’ils sont au pouvoir) sont en train de faciliter la désagrégation de la société guinéenne simplement pour rester au pouvoir, pour confisquer la souveraineté populaire à leur seul profit. Et c’est pour cela que la déclaration du FNDC est tout à fait juste. Et les Guinéens doivent savoir que ce que nous risquons est extrêmement dangereux, avec des responsables politiques qui, en d’autre terme, s’en fichent de la paix, de la sécurité de l’écrasante majorité de la société guinéenne. Ça, c’est un danger extrêmement élevé », a-t-il évalué.