Guinée-Braquage de Pita : 630 millions emportés, les présumés malfrats présentés à la presse

août 12, 2018 7:11
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48 heures après leur forfaiture, les présumés braqueurs de la boutique d’alimentation à Pita ont été présentés à la presse locale de Mamou ce samedi 11 août. Cette présentation a connu la forte présence des autorités des trois préfectures de la région au groupement de la gendarmerie territoriale de Mamou où les suspects et les biens volés ont été présentés.

Les cinq suspects arrêtés, à tour de rôle se sont expliqués. Les uns ont reconnu avoir participé à l’attaque, par contre les autres ont catégoriquement rejeté les faits portés contre eux.

« C’est Ibrahima, le chauffeur qui conduisait, qui m’a appelé pour les accompagner à Pita. Ils disent qu’ils partaient braquer un cambiste. J’ai répondu que je ne partais pas là-bas car je suis connu dans la ville. Ils m’ont parlé de leur cible, j’ai dis que j’ai grandi dans ses mains, de ce fait je ne peux pas aller là-bas. Ils m’ont laissé à Bomboly. Après l’attaque, ils sont venus me prendre et on est parti vers N’diouriya. Dès qu’on a rencontré les agents de la sécurité, Ibrahima est descendu pour prendre la fuite. Moi, j’ai été arrêté par la population », a déclaré  Ousmane Diallo chauffeur originaire de Mitty dans la préfecture de Dalaba.

« Le petit chauffeur Ibrahima a payé le transport pour moi pour aller à Pita. On a braqué au marché où on a pris de l’argent. Je n’ai pas eu beaucoup, seulement, j’ai reçu 10 millions », a affirmé Hafiziou Diallo résidant à Conakry qui reconnaît son implication dans l’attaque présumée.

Par contre, les autres présumés bandits ne bondissent pas dans le même sens. Sekou Koné chauffeur de profession rejette les accusations en bloc. « J’habite à Conakry. Moi, je ne connais rien. C’est mon ami Moussa qui m’a appelé pour le trouver à Mamou ici. J’ai laissé mon véhicule à la station pour les conduire. Je ne sais pas ce qui s’est passé à Pita », a-t-il affirmé.

Mamadou Malal Bah, lui aussi chauffeur à Dalaba, a abondé dans le même sens. « J’ai été arrêté seul sur une moto vers Bouliwel. Ils ont vu de l’argent sur moi, c’est pourquoi ils m’ont arrêté. Je ne connais personne dans ce groupe », a-t-il nié.

Quant à la cinquième personne de ce groupe, Ousmane Barry, mécanicien chauffeur, qui a reçu une balle dans ses fesses il a expliqué les circonstances dans lesquelles il s’est retrouvé dans cette affaire,  « C’est Ibrahima qui m’a appelé en m’informant qu’ils sont en panne de roulement à Ditinn. Il a dit qu’il n’a pas eu de pièce à Mamou. J’ai pris le roulement à Pita pour Mamou. A Mamou, j’ai déplacé un taximoto à qui j’ai payé 70000 GNF pour Ditinn. Après les avoir dépannés, nous avons bougé ensemble, on a rencontré les agents. Dès qu’ils ont vu les gardes, ils ont pris la fuite à pieds. Les gardes ont tiré, moi je ne peux pas courir je souffre de l’asthme, je me suis couché dans les herbes. Un agent m’a tiré dessus. Je ne connais rien dans cette affaire. Walahi », jure t-il.

La victime quant à elle s’est exprimée dans la prudence. IB revient sur les faits « ils sont venus pendant que les gens s’apprêtaient pour la prière de 14h. Il y avait mes jeunes frères devant la boutique. Les bandits ont obligé ceux-ci de rentrer dans la boutique. Dès qu’ils sont rentrés, ils ont tiré en haut. J’étais dans mon comptoir où l’un des malfrats (celui qui est blessé) m’a obligé de sortir en pointant l’arme contre moi. Un autre s’est dirigé vers le comptoir de mon frère où ils ont pris l’argent, une valeur de 630 millions de francs guinéens et des devises », se souvient il.

Le colonel Bienvenue Lama commandant du groupement territorial de la gendarmerie de Mamou sollicite « c’est le lieu et le moment de faire un plaidoyer au niveau de toute la hiérarchie militaire pour nous renforcer par des moyens logistiques afin d’être plus efficace », lance t-il.

La sixième personne toujours en cavale, est activement recherchée. Une mise à contribution des populations est très sollicitée.