Guinée: ces trois scandales qui ternissent la gouvernance Kassory

septembre 7, 2018 1:45
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Le Premier ministre Kassory Fofana, vient de passer ses cent jours à la Primature.  La relance économique et la bonne gouvernance promises aux Guinéens tardent à se concrétiser. L’on se demande même si la Guinée est dans la bonne voie. La dernière révélation par la presse d’une présumée disparition de  20 millions US à la Banque Centrale ne laisse assombrit toutes les perspective à l’horizon.

Tenez, dans un pays normal, une telle révélation de la presse ne laisserait insensible aucun gouvernement. Car, les faits parlent d’eux-mêmes. Plus de 20 millions de dollars  US disparus à la Banque Centrale sans que cela n’émeuve personne. C’est un scandale ! Pour ce qui est du communiqué laconique de l’institution, publié sur notre site le 5 septembre, il faut dire qu’il est d’un point de vue administratif, catastrophique car, ne comportant aucune signature ni cachet d’aucun des Responsables de la BCRG.

Mais la question qu’il faut se poser, est de savoir pourquoi cela ne dit rien au gouvernement malgré que ce soit un scandale financier  d’une grande ampleur pour un pays comme la Guinée?  Certes, la Banque Centrale a démenti les faits sans apporter davantage de preuve que le montant incriminé se trouve dans les comptes de la Banque Centrale. C’est ce qui sème le doute.

Ensuite, l’autre Vice-gouverneur de la BCRG, en l’occurrence, Baïdy Aribot, sur sa page facebook, estime que la révélation faite par les médias portant sur le montant de 20 millions de dollars US relève de la « diversion ».  Pourtant, les Guinéens, dans leur majorité, souhaiteraient savoir ce qui s’est passé entre la BCRG et la société mauritanienne MSS-Sarl.

Le deuxième scandale est lié à la concession du port conventionnel à la société turque, Albayrak. Là aussi, l’on sait, cette signature s’est déroulée dans la plus grande opacité. Puisqu’elle n’a fait l’objet d’aucun appel d’offres. Seule la Présidence de la République aurait pris la décision d’attribuer ce patrimoine national à une société méconnue au niveau international dans ce domaine. Pire, le spectacle offert par la directrice du Port et son adjointe prouve encore à suffisance l’amateurisme dans le choix des cadres aux postes de commandement. Ce théâtre a mis à nu le manque de rigueur dans la gouvernance actuelle.

Le troisième scandale est relatif à l’augmentation unilatérale du prix du carburant à la pompe par le gouvernement. Certes, l’Etat voudrait limiter sa subvention à la Guinéenne de l’Electricité (EDG) mais en même temps, son parc-automobile engloutit énormément de fonds. Malgré les cris du peuple, le gouvernement est resté muet se contentant de relancer Conakry Express et mettre en circulation une vingtaine de bus pour, dit-il, soulager les populations. Ce qui est loin d’être le cas.

Tous ces faits se sont déroulés entre le mois de juillet et septembre 2018. Ils sont en contradiction totale avec toutes ces bonnes intentions déclinées par le Premier ministre Kassory Fofana à l’occasion de sa déclaration de politique générale devant les élus du peuple.

Ces différents scandales cités ci-haut nous amènent à la conclusion que si le gouvernement pléthorique  de Kassory avait promis de sortir la Guinée de la pauvreté et de la souffrance, s’il nous avait promis de lutter contre la corruption, force est constater que tout ceci n’est qu’un leurre pour le moment. La Guinée est encore loin du bout du tunnel. Car, ce qui se passe actuellement ressemble à la fin du règne du général Lansana Conté, marquée par toutes sortes de scandales et malversations à ciel ouvert dans la gestion de la chose publique.

D’ailleurs, récemment, au cours de son assemblée générale, le président de l’UFDG, Cellou Dalein, le principal opposant au régime d’Alpha Condé, avait sonné l’alarme et n’avait pas hésité de parler des « signes de fin de règne ».