Guinée : Comment réduire le flux de migration des jeunes?

juillet 5, 2018 6:28
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« Les jeunes de l’axe » Bambeto-Kagbélén ne doivent pas être condamnés pour les manifestations violentes sur la route Le Prince. La raison principale de leur impétuosité est connue, mais aucune volonté politique n’existe pour faire face et pour l’éradiquer.

Quelle est cette raison ?

Le chômage endémique des aînés causé par le manque de formation; l’école est difficilement accessibles aux tout petits. Les écoles publiques sont rares, c’est une démission patente des dirigeants, les écoles privées foisonnent et ont libre cours pour fixer les scolarités. La déperdition scolaire a le plus fort taux dans la commune de Ratoma. Les désœuvrés laissés pour compte trouvent une occupation et une distraction aux moindres manifestations politiques et syndicales pour  en découdre avec les forces de l’ordre, quitte à recevoir une balle. Pour certains d’entre eux qui ont eu la chance de terminer les études, les diplômes sans valeur en leur possession ne trouvent pas de preneurs parmi les grandes sociétés et entreprises de la place, qui préfèrent embaucher des jeunes cadres de leur âge venant des pays limitrophes, une frustration de plus, sans solution.

Cette mauvaise formation est soutenue par la corruption dans tous les rouages du système. La preuve, les examens de cette fin d’année, à l’instar de ceux des années précédentes, sont entachés d’irrégularités, mais dont les résultats sont pris en compte et validés comme si de rien n’était. Ces admis par voie de fraudes et de fuites se leurrent, l’Etat aussi se goure et se plante le doigt dans l’œil jusqu’au coude en formant des chômeurs, qui vont écumer les rues, à chaque manifestation politique ou pour revendiquer un droit, comme ça va être le cas avec l’augmentation du prix des carburants même si cette augmentation était justifiée par la hausse au niveau international.

L’intellectuel réfléchit, le non intellectuel agit avant de réfléchir. Entretenir l’ignorance et l’obscurantisme a ses conséquences.

Faute de mieux en Guinée, les jeunes demandeurs de visas d’étude qui forment des files interminables sous le soleil et sous la pluie devant l’ambassade de France à Conakry ne fait ni chaud ni froid, ni mal ni honte à aucune autorité de l’enseignement, de l’éducation, de la formation professionnelle, de l’université et de la recherche scientifique, en un mot comme en mille, à toute la gouvernance. Personne ne se pose la question de savoir pourquoi tous ces cerveaux et muscles cherchent à quitter le pays.

A défaut d’avoir des visas par voie officielle, d’autres jeunes Guinéens prennent le chemin du désert et de la Méditerranée, affrontant la soif et la noyade. Le flux est intarissable, le nombre de morts, aussi. A cette allure, toutes les forces vives guinéennes risquent de s’envoler par tous les moyens. Mourir en Méditerranée vaut mieux que vivre dans la misère et dans la honte au pays de leurs pères.

Si les dirigeants veulent rectifier le tir, le problème est connu. Le chômage incombe à la mauvaise formation, qui incombe au manque de conséquence des décideurs.