Guinée – Culture : Que sont-ils devenus ? Au secours de l’artiste Amadou Foula Bah, malade

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Pour plusieurs rendez-vous manqués, à cause de son logement situé sur l’axe à éviter en ces moments de troubles, votre quotidien électronique Guineenews©, s’est néanmoins engagé et est parvenu à rencontrer l’artiste Amadou Foula Bah.

Chanteur vedette, ex sociétaire de l’orchestre 22 band de Kankan, Amadou Foula nous ouvre grandement ses portes au quartier Bambéto dans la commune Ratoma.

Dans un état de santé pas des moindres satisfaisant, titubant, des béquilles logées sous les aisselles, Amadou Foula se prête à nos questions et nous fait découvrir son enfance, son véritable métier, son parcours artistique et plaide pourretrouver un agréable état de santé.  

Fils de feu Thierno Souleymane et de feue Nènè Gallé Sow, Amadou Foula est né en 1962 à Kankan. Marié, il est père de trois garçons.

Véritablement, aucun sujet concernant son cursus scolaire ne pouvait être abordé, puisque néant. Conscient du fait, Amadou Foula nous plonge dans son enfance et nous réserve une surprise : ‘’ Mon père aussi exigeant, m’a dirigé très tôt vers le métier de mécanicien moto’’.

Oui ! L’étonnement va se situer au niveau de l’ajout ‘’Foula’’ à son prénom. Ce n’est point une fusion obtenu à travers le monde musical. L’artiste aussi décontracté nous fait vivre ses débuts : ‘’ En 1975, Le papa m’a confié pour apprentissage du métier au maitre Amadou Camara alias ‘’Japon’’, originaire de Dinguiraye. C’était un spécialiste de réparation des motos Yamaha 100 et Honda 125. Parmi plus d’une trentaine d’apprentis réunis, j’ai pu me distinguer par mon courage et l’envie de mieux faire. Finalement, toute la clientèle, se dirigeais vers moi. Répondre au même moment à l’appel des clients et portant le même prénom que mon maitre (Amadou), était inconfortable. C’est ainsi pour différencier, que ‘’Foula’’ fut rajouter à mon prénom. Donc ce n’est pas un nom décroché à partir du métier d’artiste comme plusieurs d’entre nous. Pendant 23 ans d’apprentissage, j’ai renoncé par affection à mon autonomie. Je suis resté fidèle à mon maitre. J’ai formé plus d’une cinquantaine d’apprentis et d’autres d’ailleurs, s’occupent du montage des motos à la SIG Madina’’.

Notre Amadou Foula est donc un excellent mécanicien moto, loin d’une lignée de griots, il s’est retrouvé derrière le micro par passion.

Comment Amadou Foula est venu à la musique, la destinée étant inévitable, l’artiste nous décris son parcours :’’ J’ai toujours aimé la musique que j’écoute souvent à la radio. Logé à quelques encablures du domicile de feu El hadj Foniciré Sékou Condé, ex Directeur de l’ensemble instrumental de Kankan, j’ai fréquenté ses fils artistes notamment : N’Koro Papa, Dyontan Sory, Oury, Kalilou (ex bassiste du Bembeya)’’.

Dyéli Moussa Diawara de Paris communément appelé ‘’Kora Mansa’’, vivait aussi dans cette famille et c’est lui qui a initié Amadou Foula aux chansons de louanges.

Dans la poursuite de sa passion, plus tard, notre mécanicien moto fera la connaissance de la famille de feu N’diaty Balakala (ex soliste du 22 band et du Horoya band), au quartier météo de Kankan. Du coup il va lier amitié et découvrir Sidi Mamady Diabaté ‘’Gilbert’’, très bon guitariste.

Le destin étant inévitable, le père de Oumou Diabaté et de Missia Saran, feu Elhadj Sidi Mamady, excellent joueur de balafon et précurseur de la ‘’Mamaya’’ dans le batè Nafadyi va découvrir Amadou Foula.

Dans quelles circonstances l’artiste va séduire, il s’explique : ‘’ J’ai réparé la moto Honda 70 du Papa suite à la demande du frère ainé de Oumou et de Missia. J’ai chanté Dyandyo cette même nuit en compagnie du frère ainé Mansa kérélen, tout fraichement revenu de la Cote d’Ivoire avec une guitare de 12 cordes. Le papa captivé par ma voix, a proposé le lendemain m’accompagner au balafon dans le titre ‘’Sakhodugou’’. C’est ainsi qu’il a prédit en ces termes que je serai un chanteur d’un autre jour’’.

Amadou Foula Bah appartiendra avant le 22 band de Kankan au mini orchestre de Kankan 1, appelé ‘’Fè koronba jazz’’ ou ‘’fichu calebasse Jazz’’ dans la langue de Molière. Cette formation orchestrale rivalisait avec celle minime de Kankan 2, dénommée ‘’Poti koron jazz’’ ou ‘’vieux récipient Jazz’’

Il fut découvert lors des différentes soirées de l’orchestre 22 band à la permanence nationale. Le temps de repos (15mn) de l’orchestral fédéral, offrait tardivement l’aubaine au ‘’Fè koronba Jazz’’ de Amadou Foula de se produire. L’interprétation des titres ‘’Mimiyo’’ air gambien et ‘’ wali nyumalon baliya’’ de Mory Kanté au temps du rail band de Bamako, ‘’ va booster le jeune mécanicien moto vers la grimpée.

Sans le savoir, qu’ils étaient en compétition ou test de recrutement, Mory Diély Denn Kouyaté en provenance de Siguiri face à AmadouFoula, le choix du 22 band fut porté  sur notre invité.

24 années d’expériences au sein du 22 band de Kankan, au titre de quatrième chanteur, Amadou Foula très optimiste, quitte son Kankan natal pour rejoindre Conakry. Il se plonge dans la cour des grands et s’associe aux groupes musicaux de Mory Diély Denn Kouyaté pour un premier temps, pour après assembler liens mélodieux avec Sékouba Bambino Diabaté.

D’antan, au sein du 22 band de Kankan où il fut guitariste, Kova Bavogui, nous parle de l’artiste : ’’ il était prédisposé au chant, bien que n’appartenant pas à cette généalogie de chanteur, Amadou par sa belle voix nous a séduit. A part ses propres compositions, Il a toujours bien interprété les répertoires des Ambassadeurs de Salif Keita et du Rail band de Bamako. En 1982, nous étions ensemble avec le 22 band, au festival panafricain de la jeunesse en Lybie. Il joue le plus souvent avec mon groupe de musique dans plusieurs boites de la capitale. Du potentiel, il en a et sauf que la maladie commence à l’éloigner progressivement du milieu artistique’’.

Plusieurs tournées africaines en compagnie de Sékouba Bambino, magnanime, l’enfant de Siguiri propose la production d’un album à feu Diouldé Sall, patron de la maisonSuper Sélection au profit d’Amadou Foula.

D’hésitation à une autre, Amadou Foula est accepté.Découlera par la suite, la production de l’album ‘’Gongama’’ de six titres (gongama, sabu, momanduma, commissariat, Barou) au studio JBZ d’Abidjan en 1995.

Pour une compilation réussie, Amadou Foula de l’écurieSuper sélection, participe à l’élaboration de l’album ‘’Etoiles du Foutah’’. Il pose sa voix en compagnie de Binta Laly, feu Fatou Linsan, Petit Yéro, feu Saidou Sow et autres de la musique pastorale. Ce fut un épatant succès pour l’artiste.

En 2000, avec la même maison de production, Amadou Foula sort son second album ‘’ Diabhodhenmo’’ de huit titres (dyudyuba, mi salminimo, kèmèlaye…).

Sur le chantier pour un troisième opus, l’artiste tombe malade.il développe son état de santé : ‘’ Je souffre de l’arthrose. J’ai subi en 2015, une intervention chirurgicale à la clinique Ambroise Paré, au niveau de la colonne vertébrale.Présentement, je ne peux pas rester immobiliser pour plus de 10 minutes. Je marche à l’aide des béquilles. Plusieurs autres maladies se sont annoncées par la suite. Qu’à cela ne tienne, la voix y est et sauf que je demande aux bonnes volontés de venir à l’aide et à temps pour assurer le reste de mes soins’’.

Comme plusieurs autres artistes en détresse, Amadou Foula vivote grâce à sa famille, ses fans, les mécènes et autres personnes consacrées. Des droits d’auteurs du BGDA, boule à la gorge et très méfiant, silence de mort, il en profitenéanmoins.

Encore prolifique dans le domaine, il s’est retiré pour le moment de toutes les scènes musicales et priorise son état de santé. Bon courage à l’enfant du Batè nafadyi et espérons que le message va tomber dans de bonnes oreilles.