Guinée : des initiatives gouvernementales pour un développement local

janvier 4, 2019 4:04
Marche des femmes à Conakry, le 13/11/2018

En 2017, le gouvernement guinéen a fait trois annonces  majeures qui pourraient améliorer les conditions de vie des Guinéens. Ces initiatives gouvernementales de l’équipe du Premier ministre, Kassory Fofana, concernent essentiellement la réduction du train de vie de l’Etat de 20%, l’émission des emprunts budgétaires par le trésor public pour accroître l’investissement et l’affection de 15%, équivalant à 517 milliards GNF des recettes minières au Fonds de développement local (FDL).

Pour ce qui est de l’orientation des 20% issus de la réduction du train de vie de l’Etat, le gouvernement compte  investir, selon les ministres de l’Economie et celui  du Budget,  dans les secteurs de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, dans la lutte contre la pauvreté et  dans les infrastructures routières.

Si cette volonté gouvernementale se matérialise sur le terrain, elle pourra combler un vide important dans le développement socioéconomique de la Guinée.

Cependant, il reste à savoir si dans la gestion de ce fonds, il y aura de la transparence et que l’Etat pourra réduire son train de vie qui engloutit des fonds importants pour des résultats peu élogieux.

S’agissant de l’émission des emprunts budgétaires par le ministère de l’Economie via  le Trésor, les ministres de l’Economie et du Budget, respectivement Mamadi Camara et Ismaël Dioubaté ne s’en cachent pas. Selon eux, l’objectif consiste à accroître les investissements dans les infrastructures d’intérêt publics notamment les routes, principales voies d’évacuation des produits agricoles, dans la construction des écoles et des centres de santé.

 La Guinée ayant une dette intérieure parmi les plus faibles de la sous-région, le pays compte procéder à ces emprunts budgétaires pour financer les projets de l’Etat et les investisseurs privés en collaboration avec les banques primaires.

D’ailleurs, début décembre dernier, le ministre de l’Economie et des Finances disait à l’occasion d’une rencontre avec l’Association Professionnelle des Banques (APB) que «  les banques ont toujours joué un rôle de levier de financier des investissements dans les pays industrialisés et les pays en développement ». Mamadi Camara a indiqué que  « le secteur privé joue ou doit jouer le rôle de moteur de développement et que la transformation du système financier, en véritable moteur de  développement inclusif, exige que les Banques centrales jouent un véritable rôle de développement».

Enfin, la décision du gouvernement d’orienter 15% des recettes minières au Fonds de développement local (FDL) consiste à appuyer le développement des communautés à la base. Ce montant qui se chiffre à 517 milliards de francs guinéens (selon les prévisions) servira de réduire non seulement la pauvreté, mais aussi, construire des infrastructures de base pour les communautés.

Désormais, il reste à savoir si ces trois annonces seront matérialisées ou si ce sont juste des vœux pieux.