Guinée : Des religieux s’engagent à promouvoir la santé de la Reproduction

avril 17, 2018 2:29
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Des religieux venus de  Conakry et de l’intérieur du pays se sont donnés rendez-vous ici à Conakry  pendant deux jours dans un réceptif hôtelier de la place. Objectif,  mettre en place en place une plateforme des leaders religieux pour la promotion de la santé de la reproduction en Guinée et la vulgarisation du Guide de prêche sur les mutilations génitales féminines.

Cet atelier de deux jours financés par l’UNPFA et la GIZ, vise à impliquer les leaders religieux comme acteurs dans la promotion de la santé sexuelle et reproductive en Guinée, de renforcer l’implication des religieux dans la réduction de la mortalité maternelle néonatale, des violences basées sur le genre et la promotion de la planification familiale; de clarifier la position des leaders religieux concernant les pesanteurs socioculturelles.

 

Représentants les 8 régions administratives, les 5 communes de Conakry et les 33 préfectures du pays, ces religieux ont été  outillés sur plusieurs thématiques dont l’Islam et la responsabilité parentale, l’islam et la santé de la femme, l’islam et le bien-être du couple et l’islam et la planification familiale.

A l’ouverture des travaux, la représentante de l’UNFPA à la rencontre, a indiqué,   au nom de son institution et de la GIZ,  qu’en Guinée, les indicateurs de la santé sexuelle et reproductive sont parmi les moins performants en Afrique. Selon Mariama Siré Kaba, se référant à l’enquête MICS de 2016, le ratio de mortalité infantile s’élève à 44 pour 1000, celle maternelle à 550 décès pour 100.000 naissances vivantes, la prévalence contraceptive est de 8,7 %, l’accouchement assisté est de 47% et le taux des mutilations génitales féminines représente 97%.

C’est justement pour changer la donne que l’UNFPA et la GIZ accompagnent le gouvernement  à travers les départements de la Santé, de l’Action Sociale et de la Jeunesse dans plusieurs domaines notamment la promotion de la maternité sans risque, le développement des services de santé en faveur des adolescents et des jeunes, la lutte contre les violences et les pratiques traditionnelles néfastes pour la santé.  Selon elle, pour atteindre ces objectifs, il s’avère nécessaire de privilégier l’approche culturelle. « Aujourd’hui, il est plus que jamais important de sensibiliser les autorités religieuses sur les aspects concrets de la santé de la reproduction telle que la prévention du VIH Sida, la planification familiale, les violences basées sur le genre et l’excision », soutient-elle avant de souligner que l’institution qu’elle représente et la GIZ sont très heureux de soutenir cette plateforme nationale.

Présidant l’ouverture des travaux, la ministre de l’Action sociale et de la promotion féminine a de son côté affirmé que «les religions doivent trouver des solutions aux problèmes contemporains auxquels sont confrontés les êtres humains modernes en ces temps de changement en raison de la mondialisation et des progrès de la technologie ». Elle a en outre, réitéré au nom du Secrétaire général des affaires religieuses, l’adhésion de son département à l’appel à l’action des chefs religieux des grandes confessions du monde entier  lancé en septembre 2014 au siège des Nations Unies qui faisait mention « aucune mère ne devrait mourir en donnant la vie au nom de la religion, aucun être humain ne devrait être maltraité, violenté au nom de la religion, aucune fille ne devrait être privée d’éducation, mariée ou maltraitée au nom de la religion, personne ne devrait se refuser l’accès aux services de santé de base au nom de la religion, aucun enfant ou adolescent ne devrait se voir refuser l’accès à des connaissances ou des soins au nom de la religion, personne ne devrait être privée de ses droits humains au nom de la religion», a fait remarquer la ministre.

Le ministre de la Santé publique a tenu à rehausser  la tenue de cette première journée par sa présence. Il était accompagné de tous les membres de son Cabinet. Il a prononcé un discours allant dans le même sens que son homologue de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance.

Par ailleurs, les participants à cet atelier, ont procédé à  la mise en place de la plateforme nationale des religieux pour la promotion de la santé de la reproduction en Guinée sous réserve d’apporter d’éventuels amendements aux statuts et règlements de ladite Plateforme.

Au terme de la première journée, les religieux se sont engagés à travers une déclaration, à procéder, sous l’égide du Secrétariat des affaires religieuses, à l’installation officielle du bureau de la plateforme; à mettre en œuvre courant du deuxième semestre 2018 avec la collaboration de l’UNFPA et de la GIZ notamment, les activités non encore réalisées du plan nationale d’action élaboré initialement par les religieux après un voyage d’étude des religieux, il y a de cela 3 ans, en Egypte, Tunisie et Indonésie.

Au deuxième jour de l’atelier, le document «Guide de prêche, modèle de sermon sur les MGF », a été présenté et distribué aux religieux pour une large diffusion et vulgarisation.

Le second document intitulé «Manuel de formation des leaders religieux et communautaires  sur la planification familiale », élaboré par M. Mamady Bamba, actuellement Conseiller Technique Senior Sante Communautaire  et Développement de Capacités Locales du Projet HSD/USAID, a été soumis à l’approbation des leaders religieux. Après des travaux de groupe sur les différentes thématiques (l’Islam et la responsabilité parentale, l’Islam et la santé de la femme, l’Islam et le bien-être du couple, l’Islam et la planification familiale), le manuel a été validé à l’unanimité par les participants moyennant la prise en compte et l’intégration des amendements apportés sur la forme.

A rappeler que la GIZ a organisé en 2017, plusieurs forums de dialogue entre religieux, professionnels de la santé, juristes et représentants de la société civile sur le thème du mariage précoce dans ses régions d’intervention que sont Labé, Kindia, Faranah et Mamou. Pour cette année, le thème retenu pour les forums de dialogue, porte sur les mutilations génitales féminines dont le premier sera organisé à Mamou le 21 avril 2018.

Déclaration_Plateforme religieux_Gui