Guinée : Faya Millimouno décrypte la tenue du double scrutin législatif et référendaire

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« Il faut dire que la situation normale a pris fin tant que Alpha est là, la situation ne sera plus normale. Donc, la résistance va s’intensifier jusqu’à ce que Alpha s’en aille. Nous sommes sérieux quand nous disons qu’il n’y aura pas de troisième mandat. Il n’y a pas eu d’élections déjà. Nous l’avons dit et nous l’avons fait ».

Ces propos sont du président du Bloc libéral tenus au cours d’un entretien téléphonique accordé à Guinéenews©, en marge des consultations électorales ayant eu lieu le dimanche 22 mars 2020.

D’entrée, Dr Faya Lansana Millimouno a commencé par présenter ses condoléances au peuple de Guinée suite « à l’assassinat, dans la lâcheté la plus parfaite, de six de nos compatriotes », selon lui avant de souhaiter que « l’âme de ces martyrs repose en paix ».   

« Mais je vais dire aussi que leurs âmes ne reposeront en paix que lorsque nous aurons gagné cette bataille. Aujourd’hui, ce qu’on appelle abusivement ‘double scrutin’, à la date d’aujourd’hui, nous savons qu »à l’intérieur du pays, comme à Conakry, que le matériel électoral a été endommagé à plusieurs endroits. On n’a pas besoin d’avoir été à l’école pour savoir qu’on ne peut voter que lorsqu’il n’y a pas une urne, lorsqu’il n’y a pas un bulletin. Or, il y a beaucoup de localités aujourd’hui en Guinée où naturellement il n’y a pas eu vote », dresse-t-il en guise de lecture du scrutin.

« Nous avons vu également que dans plusieurs endroits, dans la ville de Conakry, en Basse Côte, en région forestière, des bureaux de vote ont été saccagés. Ce qui veut dire qu’à ces endroits, il n’y a pas eu de vote. Ajoutez à cela le fait que nous ayons affaire à une gouvernance sans morale. Le monde entier étant face à une pandémie, les Guinéens, après tout, veulent se protéger. Donc, il y a beaucoup de Guinéens qui ont choisi de ne pas se déplacer pour aller courir le risque. Et, en parcourant beaucoup de dépêches sur les sites, je me suis rendus compte qu’à plusieurs endroits, le bulletin NON a manqué : ou on ne l’a pas imprimé, ou alors, les Guinéens voulaient mettre le NON qu’on a caché. Donc, tout cela pour résumer en disant qu’il n’y a pas eu de scrutin », a-t-il poursuivi.

A la question de savoir de quelle marge de manœuvre dispose le FNDC et les opposants pour empêcher que le président Alpha Condé s’offre un éventuel troisième mandat, notre interlocuteur, au bout du fil, a confié ce qui suit :

« Le combat doit continuer. Et si on nous dit que le taux de participation a dépassé les 7%, c’est qu’on est dans le mensonge qu’on connait ».