Guinée : empêché de voyager, Abé Sylla révolté contre le pouvoir

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Le présent du parti Nouvelle Génération Pour la République (NGR) a été empêché de voyager hier et son passeport lui a été retiré. Interrogé ce vendredi 6 novembre dans son domicile à Lambanyi dans la commune de Ratoma, il a répondu qu’il n’y a aucun texte qui dit qu’il  ne doit pas sortir de la Guinée. Lisez sa réaction !

« Je devais voyager hier soir par le vol Air France pour Washington via Paris. J’ai été non seulement empêché mais aussi, mon passeport a été saisi sans motif par un commissaire à l’Aéroport, alors que mon chef protocole procédait à l’enregistrement. Ce qui est inquiétant, j’avais déjà pris mon billet.

Quand j’ai demandé à l’adjoint du commissaire, il m’a répondu que cette décision venait de la hiérarchie. Tout le monde sait en Guinée ce que cela veut dire. Parlant de cet acte, c’est ce que j’ai toujours dit au peuple de Guinée, en ce qui concerne la bonne gouvernance notamment la justice dans un État.

Cet acte prouve que la Guinée est un pays où il n’y a pas de droit. Cet acte doit être puni et il ne doit pas se répéter dans notre pays. Il est dommage que la Guinée retourne en arrière au lieu de progresser. Je  suis député, je dois protéger tout ce qui est bien pour ce pays et je dois dire la vérité. Personne ne doit me museler, je suis chef d’un parti politique, j’ai été candidat à l’élection présidentielle et j’ai eu un score honorable. C’est dommage qu’un policier puisse prendre mes documents de voyage. Celui qui a donné l’ordre s’est trompé et cela n’est pas bon pour le pays (…).

Dans un pays, il faut qu’il y ait des points de divergence. Il est clair dans notre constitution et dans le code électoral qu’une fois que la  Cour Constitutionnelle reçoit le dernier dossier, que la décision soit prise dans les 72 heures  qui viennent. Le dernier dossier a été déposé entre vendredi et samedi dernier. Donc, les juges avaient jusqu’au mercredipour donner les résultats définitifs, ils n’ont pas fait cela. Jeudi soir, j’avais pensé que j’aurais les résultats avant de bouger. 

Entretemps, j’avais aussi appris que la Covid-19 sévissait à la Cour Constitutionnelle. Cela a mis en doute les résultats qu’ils veulent prononcer ce samedi (…). Cela veut dire qu’il y a quelqu’un parmi eux, qui  a  contracté la maladie. Pourtant, il faut neuf juges pour se prononcer sur les résultats. S’ils le font à l’absence d’un juge, cela veut dire qu’ils ont violé la loi.

Si je dois prendre un ou deux jours comme congés, c’est normal parce que je sais qu’ils ne sont pas prêts. Il n’y a aucun texte qui dit que je ne dois pas sortir de la Guinée…», a-t-il expliqué.