Guinée: environ 150 chimpanzés, gorilles et bonobos exportés illégalement entre 2007-2014

août 1, 2018 12:36
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Comme nous nous l’annoncions dans une de nos précédentes dépêches, le trafic des espèces sauvages protégées prend de l’ampleur en Guinée. Selon le rapport des parlementaires guinéens en charge des questions environnementales, ce trafic s’effectue avec la complicité de certaines autorités du pays.

Parlant des grands singes, le rapport révèle que la Guinée est un des pays dans le monde où il y a le plus d’exportations illégales de grands singes vers l’Asie, le Moyen-Orient et même l’Europe, 130 chimpanzés, 10 gorilles et 10 bonobos ont été exportés illégalement en Chine et en Arménie via des permis CITES (Convention internationale sur le commerce des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction) frauduleux délivrés par l’ancienne autorité de cette institution en Guinée entre 2007 et 2014. Ce qui est plus grave, les gorilles et les bonobos ne sont pas des espèces communes en Guinée.

S’agissant de l’ivoire d’éléphants, il est également établi dans le rapport un important trafic d’ivoire vers l’Asie, des trafiquants appartenant à des réseaux organisés en Guinée sont parmi les plus importants en Afrique de l’Ouest et ont été condamnés dans de nombreux pays à travers le monde (exemple de Guinéens aux Etats-Unis, en Guinée, au Nigeria…). Les cas d’arrestations et condamnations de trafiquants guinéens pour l’ivoire sont fréquents dans une trentaine de pays en Afrique.

Du cas des perroquets et oiseaux exotiques, le rapport mentionne beaucoup des exportations illégales et la présence d’importants réseaux organisés en Guinée.

Egalement au niveau des ailerons de requin, il est indiqué que 100 millions de requins sont tués chaque année dans le monde pour alimenter le trafic des ailerons à destination de l’Asie, de nombreuses espèces de requins sont décimées et disparaissent. La Guinée participe grandement à ce trafic international. En 2013, ajoute le rapport, des exportations non déclarées de 42 tonnes d’ailerons ont été faites en au part de Conakry à destination de Shanghai.

Les députés soulignent qu’en Guinée, il n’y a jusque-là aucune répression sur ce trafic important et fréquent. Car, il existe un vide juridique total.  Cela est dû au fait que la loi guinéenne (code de pêche et code la faune) ne réprime pas l’abattage des requins et la coupe des ailerons pour le commerce. « C’est une catastrophe écologique qui doit être résolue de toute urgence en Guinée », alertent des parlementaires.

En ce qui concerne les peaux de lions et de panthères, des saisies importantes et des arrestations seraient assez fréquentes.

Pour les députés, à la lumière de tout ce qui précède, la raison de mettre en place un code de faune comportant des règles adaptées à la menace actuelle parait évidente, des peines d’emprisonnement plus dissuasives comme c’est le cas dans ce nouveau code où il y a des règles qui protègent de façon plus efficace les aires protégées et les espèces à l’image des conventions internationales.

A ce jour, concluent les parlementaires, « les populations ne sont pas informées, sensibilisées sur l’importance de la faune sauvage pour l’équilibre naturel de la diversité biologique, les chasseurs ne sont pas suffisamment informés de l’existence des listes de faune sauvage intégralement ou réellement protégée. Les activités d’éducation environnementale ne sont pas bien menées, avec l’implication effective des différents exploitants des ressources naturelles. Au-delà donc d’une simple adoption de textes de lois, le parlement doit suivre et évaluer la mise en application des lois votées et promulguées, encourager les action de vulgarisation et de sensibilisation, cela dans l’intérêt supérieur du pays et de nos populations ».