Guinée – Environnement : Des ordures à la verdure !

avril 11, 2018 8:35
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Il n’y a pas encore longtemps, on avait de la peine à circuler sur la route Le Prince, de Koloma à Wanindara et plus loin même, en direction de Sonfonia. Le spectacle qui s’offrait à la vue était triste et désespérant, inconcevable et révoltant.

L’Archevêque Robert Sarah dont le sens élevé de droiture et de vérité  est reconnu de tous, avait trouvé les mots justes pour qualifier cette réalité.   C’était lors de son dernier séjour en terre natale, il y a quelques mois.Des ordures étaient systématiquement entreposées sur le terre-plein central de cette 2X2 voies à forte densité de trafic. En voulant savoir ce qui expliquait ce comportement invraisemblable des populations riveraines de cette route, il nous avait été répondu que c’était la résultante d’un accord passé entre quartiers et autorités chargées de l’assainissement. Un très mauvais accord, c’est le cas de le dire !

Les ordures jetées pêle-mêle sur le terre-plein attendent que des camions poubelles passent les ramasser. Cela a fonctionné un moment, juste le temps pour que l’inconstance habituelle qui caractérise notre gestion des situations   reprenne le dessus. Et l’inévitable relâchement qui s’en est suivi a entrainé les conséquences que l’on connait. Le seuil de saturation a été vite atteint. Les rotations des éboueurs ne suffisaient plus à évacuer le volume sans cesse croissant de détritus. Et pour finir, le vase a débordé.

L’amoncellement sur le terre-plein s’est répandu sur la chaussée. Finalement, les usagers n’avaient guère le choix. Ils circulaient sur des sacs et emballages de toutes sortes dont les contenus suintaient et s’éparpillaient dans toutes les directions. Le spectacle était effarant, insoutenable. On avait de la peine et surtout de la gêne à emprunter cette route, surtout qu’en plus de la saleté et des poussières, il y avait aussi les odeurs à peine soutenables dont les effluves ne vous quittaient guère, tout le long du parcours.

Les piétons également avaient de la peine à traverser. Le terre-plein étant déjà un endroit surélevé qui sépare la chaussée en deux, la présence des ordures entassées dessus constituait, au sens physique du terme, un obstacle infranchissable, pour bon nombre d’entre eux. Dans tous les cas, hormis cet aspect, ce n’était guère un acte plaisant que d’entreprendre une quelconque traversée en ces endroits, vu que l’on mettait inévitablement les pieds sur des tas de saleté innommables dont les  débris vous collaient aux chaussures avec les odeurs, les mouches et autres vermines.

Cette réalité a prévalu un temps qui a paru très long, jusqu’au jour où la donne a totalement changé.

A l’orée des élections communales, des structures locales ou des associations de jeunes ont entrepris de corriger le tir et construire le meilleur pour tous. Toutes les immondices ont été dégagées, les terre-pleins nettoyés et repeints. Des slogans interdisant le dépôt de détritus ou incitant à la protection de l’environnement sont lisibles le long de la route.

Et, comme si les initiateurs de ce changement voulaient encore nous surprendre plus, les ordures ont cédé la place à des plantes ornementales qu’on aperçoit  à Koloma et à Simanbossiya, bien entretenues et frétillant sous le vent.

Serait-ce la fin de la pratique tant décriée et le début d’un nouvel état d’esprit ? Il faut l’espérer et agir constamment dans le sens d’encourager et accompagner l’initiative. Une démarche essentielle pour pérenniser l’acquis déjà engrangé. Il ne faut pas se leurrer, les habitudes ont la vie dure. Des résistances sont donc à vaincre.

Depuis quelques jours, on constate la réapparition de quelques petits tas d’ordures  ensachés et entreposés ici et là sur la même route. Ce dépôt se fait toujours sans témoin, tard dans la nuit. Quelques camions poubelles de ramassage passent de temps à autre.

C’est le moment de réagir, si on ne veut pas revenir à la case départ.

Les autorités concernées doivent faire preuve d’imagination pour initier un autre mode de gestion des ordures dans ces quartiers.

Pour aucun motif, on ne doit transformer la route en une poubelle à ciel ouvert. Elle doit rester propre pour garantir un cadre de vie agréable à tous les citoyens.

Nous avons cette ville en partage. Rendons là belle et propre. Notre qualité de vie en dépend!