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    Guinée : fin du projet “Augmenter l’Enregistrement des naissances dans les régions de Labé et Conakry”

    Le projet Augmenter l’Enregistrement des naissances des enfants de moins de cinq ans dans les régions de Labé et de Conakry a pris fin ce mercredi 31 mars 2021. Le résultat est concluant, selon les initiateurs dudit projet.

    Ainsi, lors de la cérémonie de clôture dans un réceptif hôtelier de la place, le Dr Aliou Maiga, le chef de la section Protection de l’enfant à l’UNICEF-Guinée a déclaré ceci : «lorsqu’un système d’enregistrement des faits d’état civil fonctionne bien, il constitue une source précieuse d’informations pour la planification du développement. Car, enregistrer toutes les naissances en temps réel, c’est permettre au système de santé de connaître le nombre d’enfants à vacciner, au système éducatif le nombre de classes et d’enseignants nécessaires pour les prochaines années ».

    Pour le représentant de l’UNICEF à cette cérémonie, enregistrer tous les décès, c’est permettre à la Guinée de connaître en temps réel sa population. « En revanche, sans acte de naissance, il est difficile de prouver l’âge d’un enfant et ainsi le protéger contre le mariage d’enfant ou le protéger contre une procédure judiciaire qui ne serait pas adaptée à son âge. Nous pourrions donc dire qu’investir dans l’état civil moderne, c’est économiser du temps et des ressources dans beaucoup de domaines », a-t-il dit.

    D’après lui, la mise en œuvre de ce programme s’est concrétisée avec l’adoption de la stratégie nationale de réforme et de modernisation de l’état civil en Guinée qui, à son tour, est mise en œuvre dans la région de N’Zérékoré et dans les 40 communes de Convergence grâce à l’appui constant de l’Union Européenne.

    « Fort de cette expérience fructueuse, l’Agence Italienne pour la Coopération au Développement a souhaité soutenir le gouvernement guinéen pour étendre la mise en œuvre de cette stratégie nationale dans les régions de Labé et de Conakry », a-t-il fait savoir.

    Dans la même logique, il a indiqué que grâce au soutien financier et technique de la Coopération italienne, depuis juin 2018, 128 738 dont 65 794 filles ont reçu des actes de naissance. « Aussi, les services de ces deux régions ont bénéficié directement des retombées de ce financement qui sont 58 centres d’état civil, et huit greffes de tribunaux. Quatre-vingt-huit (88) structures de santé des cinq préfectures ont reçu des équipements et des matériels de bureau. Les services des archives des 10 communes ont été réhabilités et d’autres sont en cours. Un accent particulier a été mis dans les communes urbaines pour mieux gérer et numériser les archives de l’état civil. 36 coins d’état-civil créés dans les maternités des hôpitaux et centres de santé pour notifier les naissances. 656 personnes dont 208 femmes personnels de santé, de l’état civil et de justice ont été formés sur divers aspects de l’état civil,…»

    Prenant la parole, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le Général Bouréma Condé, a rappelé que l’enregistrement des faits d’état civil est au cœur de la feuille de route du gouvernement guinéen et qu’il constitue une question prioritaire pour son département.

    « C’est dans ce cadre que certains partenaires financiers s’emploient si efficacement à accompagner notre pays dans la mise en œuvre d’actions stratégiques qui s’inscrivent toutes dans la logique de l’amélioration de ce domaine de souveraineté nationale concourant au développement durable », a-t-il affirmé.   

    Poursuivant, il a laissé entendre qu’il s’agit des droits humains, en la matière, l’épine dorsale reste l’état civil. « Autant l’état civil est consistant, réaliste et prompt, autant le citoyen jouit pleinement de sa citoyenneté. Si vos documents au départ sont faux, jusqu’à votre mort, vous êtes un faux citoyen. La base de la citoyenneté est l’état civil », a-t-il insisté.

    Plus loin, il a annoncé que l’étape de l’identifiant unique est entamée, ce qui veut dire, a-t-il expliqué que « le numéro d’enregistrement à l’état civil, est celui-là qui figure sur votre carte d’identité nationale, est celui-là qui se trouve sur votre passeport et, est celui-là qui se trouve dans votre carte d’électeur (…). Nous sommes à la phase de clôture d’un projet important qui nous a permis d’enregistrer les enfants de moins de cinq ans dans les régions de Labé et de Conakry ».

    D’après le représentant de l’Ambassadeur d’Italie en Guinée, grâce à ce projet, il y a eu un taux d’enregistrement direct de 61% et un taux de jugement supplétif de 39% pour Conakry et 62 982 enregistrements de naissance à Labé.

    Pour sa part, le représentant du ministre de la Justice a annoncé que l’article 200 du code civil mentionne que la déclaration de naissance doit être faite dans les deux mois qui suivent.

    « Au moment où on élaborait cette loi, on n’avait pas tenu compte de certaines réalités. On ne s’est pas rendu compte que le paysan qui se trouve au champ soit plus préoccupé par cette activité que d’aller déclarer la naissance d’un enfant. Mais le législateur a été tellement généreux au point il a dit soit par le père, la mère, le médecin, la sage-femme ou autre personne qui a assisté à la naissance », a-t-il fait comprendre. 

    Avant de préciser que le défaut de déclaration de naissance d’un enfant est puni d’une amende civile de 100 à 500 mille francs guinéens.

    Quant au représentant du ministère de la Santé, nul n’a besoin de chercher à démontrer l’importance de l’enregistrement des faits d’état civil dans la vie d’une nation d’autant plus que son objectif principal est de documenter et d’établir d’actes légaux et de délivrer des documents d’identification individuels.

    « L’état civil est source de statistiques vitales permettant la production des indications sociodémographiques », a-t-il signalé.  

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