Guinée-FNDC : vers une refonte du mouvement anti-troisième mandat ?

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La plénière du front national pour la défense de la constitution (FNDC) du mercredi 9 septembre prochain s’annonce décisive. C’est ce que nous apprenons de sources proches du mouvement anti-troisième mandat pour le président Alpha Condé.

Le choix de la date de ladite rencontre est tout sauf fortuit. Le 9 septembre correspond au dernier jour du délai indiqué pour le dépôt des candidatures pour la présidentielle du 18 octobre. Et selon de sources bien informées, le FNDC mettra l’occasion à profit exclure officiellement de ses rangs tous ses membres ayant choisi de prendre part au scrutin. Estimant qu’il est impossible pour lui de rester crédible dans son combat contre ce qu’il considère comme une confiscation du pouvoir par Alpha Condé, en gardant en son sein des partis politiques ayant opter de participer à ce scrutin qui, à coup sûr, va entériner la nouvelle constitution…

Pour rappel, tard dans la soirée du mercredi 3 septembre, le FNDC a publié un communiqué. Dans ce document abondamment relayé par la presse, « la coordination nationale du FNDC informe l’opinion publique et la presse de la tenue d’une plénière le mercredi 9 septembre 2020 à 11h 00 à son siège à Conakry. »

Précisant que « l’importance de cette importante réunion est d’insuffler un nouvel élan au mouvement et fixer les grandes orientations de la phase ultime de la lutte contre le projet ‘’illégal et illégitime’’ de troisième mandat d’Alpha Condé.

Derrière donc « le nouvel élan » et « les grandes orientations » annoncés à l’occasion de la réunion du 9 septembre devant statuer sur l’’avenir du combat du FNDC, il faut s’attendre à une purge dans ce mouvement dont une frange importante ne cache plus son souhait de voir certains partis politiques acter leur départ.

Ce qui risque d’être, redoutent certains observateurs, le début d’une refonte du front national pour la défense de la constitution au sein duquel il ne faut pas exclure un conflit générationnel plus tard. Surtout que parmi les jeunes, selon notre source, certains reprochent aux aînés d’avoir contribué à faire échouer le plan qui était prévu pour l’empêchement du double scrutin du 22 mars dernier. Notamment à Conakry où les leaders (politiques et société civile) ont brillé par leur absence dans la rue alors qu’il leur aurait été demandé de sortir à l’effet de drainer leurs militants et sympathisants dans les rues en grand nombre et créer ainsi une situation insurrectionnelle dans laquelle il n’aurait jamais pu être possible de tenir ce double scrutin référendaire et législatif.