Guinée : halte aux pyromanes !

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Dans le langage courant et surtout en politique, il est souvent fait cas de pyromanes pour parler des « allumeurs de feu » et de ‘’faucons’’, par opposition à ‘’colombe‘’, pour désigner ceux qui, de par leur comportement ou tempérament violent, sont adeptes des solutions de force pour régler toute contradiction, fut-elle futile et encline à être vite aplanie par un simple dialogue, franc et direct.

Au regard de la réalité qui prévaut aujourd’hui, il y a lieu de croire que tous ces deux qualificatifs trouvent preneurs chez nous. Avec tout ce qu’on entend et voit autour de nous, il y a fort à craindre que ces pyromanes ouvrent largement les vannes de leurs pulsions pour nous plonger dans l’inconnu. C’est le moment de se raviser et de leur barrer la route.

A aucun moment, nous ne devons les écouter ou les laisser nous mener dans une aventure aussi hasardeuse que risquée. Loin de nous le doute ou le scepticisme. Autant, nous nous gardons de jouer aux mauvais auspices, autant nous nous éloignons de la politique de l’autruche.

Notre argumentaire s’inspire des propos inqualifiables et des séries de violences qui se développent intensément, depuis un certain temps, à travers le pays. Propos et actes exacerbés depuis le déclenchement de la campagne pour l’élection présidentielle du 18 octobre prochain.

A écouter certains discours des politiciens ou à lire des commentaires propagés sur les réseaux sociaux, l’on se dit que pyromanes et faucons travaillent à plein régime et impriment profondément leurs marques nocives. Il suffirait d’un rien pour qu’ils réussissent leur dessein machiavélique : allumer le feu !

Quelle proportion, un tel incendie pourrait avoir et qui pourrait en pâtir, nul ne peut le savoir. Mais, pour les ‘’allumeurs’’, ce n’est ni un souci, ni une préoccupation. Devant l’énormité du risque que représente une telle conduite, suicidaire pour notre pays, il convient de réagir vivement en amont et refuser de toutes nos forces, que l’incendie germe. En même temps, pour une portée plus efficace de notre réaction, nous comporter en bon citoyen, de façon à annihiler les effets toxiques distillés par les pyromanes.

Ces vendeurs de haine et de violence sont de tous les camps, de tous les bords. Ils véhiculent à tout-va, des messages guerriers, violents, dissidents. Ils mystifient et donnent l’impression d’être pour vous, alors qu’ils ne sont pour personne et n’aident personne. Ils sont pour eux-mêmes. Un peu, comme le voleur qui n’a ni ethnie ni religion ni parti politique.

Nous tirons de notre patrimoine culturel, un conte dont nous ne proposerons ici, pour raccourcir, que la synthèse, fort illustrative de notre sujet. « Dans un village où régnait la paix et l’harmonie, vivait une vieille femme, impotente, qui n’avait pour tout bien que deux coqs. Un jour, ils se sont mis à se battre. C’était un combat opiniâtre, sans arrêt.  Devant son incapacité à les séparer, la vieille femme a fait recours à autrui. Dans le conte, ce sont des animaux qui parlent. Pour notre récit, nous prenons les hommes par analogie. Ainsi donc, la vieille femme a fait de son mieux pour faire intervenir une première personne, laquelle à son tour, a appelé ou suggéré que l’on appelle une autre pour séparer les deux coqs. Cela a continué ainsi, de fil en aiguille, avec toujours des arguments comme : « c’est quoi même un combat de coqs ? Ce n’est pas important ; c’est banal, tout ça ! Vous me faites perdre mon temps ! Que vous êtes bête ! Vous n’avez rien à faire ! Prenez-les et faites-en votre souper ! Quelle conséquence cela peut-il avoir sur notre vie ? » Il en a été ainsi sur toute la ligne. Chaque sauveteur sollicité a émis un avis, mais n’a rien fait. Chacun a banalisé et l’histoire a continué, de rejet en mépris, d’abstention en indifférence, jusqu’au moment où les deux coqs en bataille se sont retrouvés à l’intérieur de la case de la vieille dame, leur propriétaire. Là, ils sont tombés dans le foyer, encore allumé et le feu s’est propagé, les rôtissant tous deux et pour finir, incendiant toutes les cases du village. »

Evitons d’en arriver là ! Tous les leaders se sont prononcés sur la situation qui prévaut. Ils ont condamné les excès et invité à la retenue. Dès l’instant, il est essentiel et loisible de repérer les pyromanes et les extraire des rangs. En tout cas, il faut les amener à arrêter leurs agissements et à se taire. Il est encore temps !