Guinée – Justice : des imprescriptibilités prescriptibles

octobre 13, 2018 10:02
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L’histoire des « enfants volés » en Espagne pendant le règne de Franco ne semble pas émouvoir grand monde. Ces enfants volés dès leurs naissances et déclarés mort-nés à leurs mères biologiques avaient été donnés ou vendus à des couples nullipares, ils sont devenus grands et sont actuellement à la recherche de leurs parents par tous les voies et moyens. Seulement, en Espagne, au nom d’une curieuse raison d’Etat, le gouvernement se met en travers dela démarche de ces personnes, faisant fi même d’un des principes de loi élémentaires, qui dit : « l’action en réclamation d’état est imprescriptible à l’égard de l’enfant ». Peut-il y avoir prescription dans cette affaire de droit naturel ?

Par contre, dans le même ordre d’idée, certaines violences sexuelles de plus de 20-30 ans peuvent être remises au goût des grands jours mondains avec réactivation de toute la procédure. On a vu ce qui s’est passé dans l’affaire Weinstein pour faire dégringoler Hollywood et dans l’affaire qui revient en surface et qui risque de coûter cher à Cristiano Ronaldo. Brett Cavanaugh, lui, a échappé belle à la censure du Sénat.

La justice espagnole peut-elle avoir l’empathie pour les personnes qui recherchent leur origine ? On a vu dernièrement une histoire qui fait rêver débout de deux frères : l’aîné est Français né pendant la guerre d’un père soldat américain, le cadet est un Américain né après la guerre. Le Français, de par sa mère, avait appris qu’il est d’un père Américain, il s’est mis à la recherche de son père par « écholocation d’ADN». Ils se sont retrouvés par confirmation du test et pour trouver qu’ils se ressemblent fort bien, bien que ne parlant pas la même langue. Tel n’est pas le cas des enfants volés d’Espagne.

« L’action en réclamation d’état n’est pas imprescriptible à l‘égard de l’enfant », c’est un droit naturel. Les revendications risquent de prendre ampleur pour faire faire marche-arrière aux autorités, qui n’ont aucune raison valable de mettre le pied sur l’affaire, qui est un fait de l’histoire.