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    Guinée : la BCRG célèbre les 60 ans de la monnaie sous le thème de la souveraineté monétaire

     «60 ans de souveraineté monétaire au service du développement», c’est le thème du soixantième anniversaire de la monnaie guinéenne célébrée en différé ce mercredi 23 décembre à Conakry sous la présidence du Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana.

    Dans son allocution de bienvenue, le Gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), Dr Lounsény Nabé a rappelé que la commémoration de la monnaie guinéenne de cette année est placée sous le signe des réformes monétaires menées par la BCRG depuis une dizaine d’années et les perspectives de son évolution.

    «Cet anniversaire se veut une occasion d’évaluer objectivement l’histoire monétaire de notre pays, de tirer les leçons du passé pour essayer de rendre meilleures nos pratiques et nos politiques en vue d’installer la stabilité de notre monnaie dans la durée. Elle nous offre également l’opportunité d’inaugurer la salle des marchés de la BCRG qui traduit la vision du président de la République Alpha Condé de doter notre pays d’infrastructures financières modernes en vue de fournir de meilleurs services possibles aux agents économiques», a-t-il fait savoir.

    Dans la même logique, il a indiqué qu’il y a 60 ans, les hautes autorités de notre pays se sont engagées sur la voie de notre souveraineté monétaire en dotant notre pays d’une banque centrale le 29 février 1960 et de sa monnaie le lendemain. « C’est-à-dire, le 1er  mars 1960. A sa création, la Banque fut dotée des prérogatives d’institut d’émission et de banque de développement avant de devenir le 27 juillet 1961 la BCRG (…)», a-t-il rappelé.

    Poursuivant, il a souligné que de 1960 à 1984, la politique monétaire était essentiellement axée sur l’encadrement du crédit tandis que la politique d’échanges reposait sur les taux d’échanges administrés. «Malgré toutes les vicissitudes, les résultats atteints ont permis d’assurer une gestation confortable et une consolidation de notre institution et notre monnaie», a-t-il dit.

    Dr. Lounsény Nabé a fait comprendre qu’à la faveur du changement du régime intervenu en 1984, les profondes réformes économiques et financières ont été entreprises lesquelles ont porté notamment sur le cadre institutionnel et règlementaire  ainsi que sur la définition d’une nouvelle politique monétaire et d’échanges fondés sur les instruments du marché.

    «Depuis 2010, sous les auspices du président de la République Alpha Condé, la BCRG a entrepris des réformes ardues dans le but de promouvoir la stabilité macroéconomique avec en ligne de mire l’alignement sur les meilleures pratiques internationales (…). Le taux de croissance était de moins 2%, le déficit budgétaire de 14% du PIB, les réserves de changes ne couvraient que 15 jours d’importation et l’inflation galopait aux environs de 22% », a-t-il affirmé.

    D’après lui, cette situation difficile a nécessité à partir de 2011, les actions vigoureuses de la part du gouvernement pour rétablir les grands équilibres nécessaires au démarrage de l’économie. «Pour sa part, la BCRG a payé une part active à ce mouvement en mettant en œuvre un ensemble de mesures monétaires et d’échanges prête à lutter contre l’inflation, installer la monnaie et assurer la stabilité financière. Ces mesures ont été facilitées  par l’adoption d’une nouvelle loi portant statut de la BCRG promulguée en 2014  et révisée en 2017. Ce statut renforce l’indépendance de la BCRG et favorise la transparence de ses activités. Les principales innovations à la matière concernent la recomposition du Conseil d’Administration (CA), la création d’un comité de politique monétaire et un conseil de cabinet (…)», a-t-il signalé.

    Plus loin, il a déclaré qu’après 60 ans d’indépendance, les Guinéens peuvent assumer avec fierté leur souveraineté monétaire. «La BCRG mettra tout en œuvre pour capitaliser ses acquis et elle continuera la mise en œuvre d’une politique monétaire prudente pour favoriser la maîtrise de l’inflation et l’amélioration du pouvoir d’achat de la population. Elle poursuivra du côté du gouvernement les efforts de reconstitution des réserves de changes de la nation afin d’améliorer la couverture en mois d’importation», a-t-il promis.

    Et d’enchaîner : « en même temps les organes comme le Conseil National d’Epargne et de Crédits    seront rendus opérationnels, la Loi bancaire sera révisée, les modernisations comme la transmission automatique et de traitement des situations comptables des banques et des institutions financières inclusives seront réalisées (…).  La BCRG poursuit son programme d’extension et de construction d’agences à l’intérieur du pays pour accompagner la bancarisation de l’économie (…)».

    Prenant la parole, le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana a rappelé que ce soixantième anniversaire de la monnaie est célébré dans un contexte national et international marqué par la pandémie Covid-19.

    Le PM Kassory Fofana a mentionné que la création de la monnaie guinéenne est étroitement liée au contexte plus global de l’indépendance nationale. «Les filles et fils de la Guinée doivent assumer cet héritage en se donnant la main et en redoublant d’ardeur afin d’édifier dans la paix et dans la tolérance une nation plus forte, plus unie et plus prospère (…)», a-t-il lancé.

    Dans le même sillage, il a estimé que dans la vie d’une monnaie, 60 ans peuvent être considérés comme l’âge de la maturité. «La souveraineté monétaire que nous célébrons aujourd’hui est l’expression indépendante de notre pays.  Depuis 60 ans, la Guinée exerce librement sa fierté monétaire et cela a permis à notre pays de poursuivre sa marche vers des objectifs de développement économique et social fixés souverainement par le gouvernement de la Guinée», a-t-il fait comprendre.

    Pour terminer, le PM Kassory Fofana a annoncé que le président de la République a donné des instruction très strictes à la BCRG en ce début de son sextennat pour dire que le crédit au secteur public doit être resserré, l’Etat doit vivre de son moyen pour laisser l’épargne nationale profiter davantage au secteur privé et booster  le développement économique et social.

    L’inauguration de la salle des marchés de la BCRG suivie de la présentation des réformes de l’institution de 2011 à 2020 ont mis fin à la cérémonie.

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