Guinée : la cinglante repartie du ministre Damantang au rapport d’Amnesty

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L’Amnesty International a publié ce 1er octobre un rapport intitulé : ‘’Marcher et Mourir’’. Dans ce rapport, l’ONG accable les forces de défense et de sécurité guinéennes.

Du côté du gouvernement guinéen, on s’interroge sur la méthodologie de travail de Amnesty International. Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile appelle à “sortir de cette approche rectiligne en matière de responsabilité. C’est un grand tort de penser que seul un gouvernement est responsable de la protection des droits humains”.

Pour Damanatang Albert Camara, “ce qui interpelle dans ce rapport, c’est qu’il se base presque exclusivement sur des témoignages qui, pour la plupart, en ce qui nous concerne, restent incomplets pour la manifestation de la vérité. On lit par exemple un extrait où une victime dit que c’est un gendarme camouflé qui lui a tiré dessus mais qu’elle ne l’a pas vu ! Dans ces conditions comment faire aboutir une enquête, si on ajoute à cela que les corps sont systématiquement déplacés et manipulés avant que la police judiciaire ne fasse son travail sans compter la réticence des témoins à collaborer ?”

 D’ailleurs, soutient-il, “ces derniers temps pourtant, un élève-gendarme et un militaire ont été identifiés et arrêtés grâce à la coopération de la population qui a donné des informations précise et concordantes pour les confondre.”

Camara estime que, malgré la transmission de certaines difficultés à Amnesty International, il n’a pas “l’impression que cela ait servi à équilibrer leur rapport. Et c’est là où on peut s’interroger sur la méthodologie de ces organisations. Nous avons transmis un document de plus de 40 pages avec, entre autres informations, les extraits des rapports d’enquêtes et d’autopsies. On y expose, par exemple que sur 4 des 12 victimes du 14 octobre 2019, on a pu extraire des balles. Aucun des projectiles ne pouvait provenir d’une arme utilisée par la police. L’un des projectiles avait été introduit post mortem à l’aide d’une pince et un autre provenait d’une arme artisanale.”

 A en croire, le ministre guinéen de la Sécurité, “si on veut vraiment protéger les droits de l’homme, il faut sortir de cette approche rectiligne en matière de responsabilité. C’est un grand tort de penser que seul un gouvernement est responsable de la protection des droits humains. L’opposition guinéenne a annoncé et revendiqué les actions violentes qu’elle a menées le jour du scrutin législatif et référendaire. Mais ça Amnesty n’en fait pas mention.”

 En conclusion, Damantang Albert Camara affirme que la Guinée est attachée “à la protection des droits de l’homme, pas parce que c’est la volonté d’une organisation des droits de l’homme mais parce que c’est une nécessité démocratique absolue et qu’il n’est pas question de tolérer que des Guinéens soient assassinés en toute impunité. Nous continuerons à le faire avec nos moyens et avec ceux qui veulent vraiment nous aider.”