Guinée : la communauté internationale s’inquiète de l’ampleur de la crise

0
944

Les échos de la crise guinéenne vont au-delà des frontières du pays. Mercredi, le ministre français des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, était devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

A cet effet, le député Bruno Fuchs, l’a interrogé sur la crise qui prévaut en Guinée suite à la volonté du pouvoir de modifier la constitution. Il a exprimé son inquiétude sur une possible « guerre civile ou une reprise en main de l’armée ».

Le chef de la diplomatie française n’a pas caché son inquiétude aux élus français tout en affirmant que la France a des « soucis sur la situation en Guinée. Nous sommes très attentifs avec nos partenaires à l’apaisement. C’est la situation la plus sensible aujourd’hui. »

Pour Jean-Yves Le Drian, « l’engagement du président Alpha Condé à demander une réforme de la constitution ne nous parait pas être obligatoirement partagé ni par sa population ni par ses voisins ».

Par ailleurs, Human Rights Watch, dans son dernier rapport, partage également les mêmes inquiétudes que l’ancienne puissance colonisatrice. A propos du respect des droits humains, le rapport de HRW mentionne « une répression croissante des libertés de réunion et d’expression en 2019 en Guinée. [D’ailleurs], en juillet 2019, l’Assemblée Guinéenne nationale a adopté une loi sur l’usage de la force par la gendarmerie ».

« Un pas de plus envers l’impunité des forces de l’ordre », selon Jim Wormington, chercheur pour HRW.

Plus loin, HRW dénonce « l’impunité pour les actes commis par les forces de sécurité en Guinée, surtout pendant les manifestations, est prioritaire pour le gouvernement. Donc on n’a presque pas d’espoir, si l’on est manifestant blessé ou tué, qu’il y aura des enquêtes crédibles et que les forces de sécurité responsables soient punies. (…) On voit un contexte qui risque de continuer à paralyser le pays et à mettre en danger de plus en plus la vie des Guinéens ».