Guinée : la Journée des Villages d’Enfants SOS célébrée sur fond de plaidoyer en faveur des enfants en cette période de Covid-19

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La Journée Internationale des Villages d’Enfants SOS a été célébrée ce mardi 23 juin 2020. Une occasion que le Directeur National de SOS Villages d’Enfants Guinée, Richard Watchinou a mise à profit pour attirer l’attention des différents obligataires de droits sur « l’impact de la pandémie Covid-19 sur la situation des droits des enfants en Guinée », à travers un point de presse qu’il a animé via une vidéoconférence.

D’entrée du jeu, le Directeur National de SOS Villages d’Enfants Guinée a rappelé que depuis l’apparition de la pandémie de COVID-19 en Guinée en mars 2020, le pays a déclaré l’état d’urgence sanitaire et pris des mesures drastiques pour limiter la propagation.

« Ces mesures portent entre autres sur la fermeture des frontières, des lieux cultes, les établissements scolaires et universitaires, le confinement de la capitale Conakry et les communes environnantes », a-t-il fait savoir. Avant d’ajouter que « cette situation a eu des effets négatifs (économiques et psychologiques) sur la vie des familles surtout les plus vulnérables dans un pays où la pauvreté touche plus de 60% de la population en particulier les femmes et les enfants ».

Poursuivant, M. Richard Watchinou a laissé fait observer que l’économie guinéenne repose essentiellement sur les rentes minières, et les importations de biens et services ainsi que les exportations de produits agricoles vers les pays voisins. Pour lui, la fermeture des frontières a drastiquement restreint ces mouvements et provoqué une inflation généralisée consécutive à la rareté des produits d’importation et au gel de l’exportation des produits guinéens : « La majorité des guinéens vivent du secteur tertiaire informel notamment le petit commerce, qui à son tour est fortement impacté par la restriction des mouvements et le confinement de la ville capitale et des communes environnantes », a-t-il indiqué.

Il ajoute : « les femmes et les filles constituent le socle de l’économie domestique qui fait vivre la majorité des familles guinéennes, tant les hommes sont confrontés à un chômage chronique. 60% des jeunes sont en situation de chômage ou de sous-emploi. Les femmes et les filles sont les premières couches sociales de la population à être impactées par les effets de la pandémie de COVID-19 dans le pays. Les pertes d’emplois et de revenus, ainsi que l’insécurité économique ont frappé les familles déjà pauvres. Ce qui a engendré une recrudescence des cas de Violences, Abus, Exploitations et Négligences, ayant pour manifestations : exploitation économique des enfants, abus sexuel sur enfant, grossesse des adolescentes et mariage des enfants ».

Pour M. Watchinou, « les contraintes que subissent les familles vulnérables, surtout celles qui vivent en quarantaine ou confinées, augmentent la prévalence des violences basées sur le genre surtout les violences domestiques. Alors qu’augmente le nombre de décès dus au COVID-19, un grand nombre d’enfants se retrouveront orphelins et vulnérables face à l’exploitation et aux abus sous diverses formes. Cette situation est encore plus aggravée quand il s’agit des enfants privés de prise en charge parentale adéquate ou risquant d’en être privés ».

« Pendant ce temps, plus de 2,5 millions d’élèves et étudiants ne vont plus à l’école dans le pays depuis le mois de mars 2020. Ce contexte compromet sérieusement le développement cognitif et psychologique des enfants. Ce qui constitue une entrave majeure à la réalisation du droit à l’éducation des enfants du pays, particulièrement ceux ne bénéficiant pas des soins parentaux appropriés », a-t-il signalé.

« Aujourd’hui, à la faveur du mois de l’Enfant Guinéen, il est important de mettre à la connaissance des autorités et des différents obligataires cette situation difficile que les enfants vivent pendant cette période de pandémie de COVID19 ».

Face à la situation, SOS Villages d’Enfants Guinée, s’est joint à d’autres institutions pour exhorter les gouvernants et les différents détenteurs d’obligation à œuvrer à « l’accès à une justice adaptée pour les enfants en Afrique » qui devrait passer entre autres par : La prise de conscience des parents en ce qui concerne leur responsabilité vis-à-vis des enfants ; La mise en place des cadres législatifs et réglementaires qui font l’obligation aux parents d’assurer en toute responsabilité les compétences parentales en faveur de leurs enfants ; L’application effective des lois relatives à l’exercice des compétences parentales par les parents ; La mise en place de solutions individualisées et adaptées aux besoins des enfants en particulier, les enfants privés d’une prise en charge parentale adéquate ou courant le risque de la perdre ; La mise en place des mécanismes de prévention contre les mauvais placements des enfants dans les centres d’accueil, les orphelinats et autres.

Pour terminer, le Directeur National de SOS Villages d’Enfants Guinée a affirmé que « l’épidémie actuelle de COVID-19 a levé le voile sur tous les obstacles qui s’opposent à la protection et la promotion du bien-être des enfants, des jeunes, de leurs familles et des communautés, en particulier de ceux vivant dans une situation de vulnérabilité accrue. La propagation de l’épidémie, les mesures de confinement imposées et leurs conséquences immédiates et imprévues ne représentent que le début des difficultés auxquelles nous allons devoir faire face. Toutes les prévisions s’orientent vers une crise économique mondiale durable et sévère, dont les familles du monde entier subiront les conséquences. Aucun pays, aucune communauté ne sera épargnée. D’où la nécessité pour les Etats de prendre en compte la situation des enfants, surtout les plus vulnérables, dans les différents plans de riposte nationaux contre l’épidémie de COVID-19 ».