Guinée : la première dame préside la célébration de la journée internationale de la jeune fille

octobre 11, 2018 11:20
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La Guinée a célébré ce jeudi 11 octobre la journée internationale de la jeune fille. La cérémonie officielle présidée par la première dame Hadja Djéné Condé a réuni personnalités politiques, diplomates, partenaires, activistes des droits de la femme, femmes et jeunes filles dans la salle du 28 septembre au palais du peuple de Conakry. Sous le thème « encourager l’instruction et la qualification professionnelle des filles », cette journée est une façon pour le gouvernement et ses partenaires au développement de montrer son intérêt pour l’émancipation et le respect des droits de la femme.

A travers des poèmes, des sketchs et des plaidoyers, les jeunes filles ont réclamé le respect de leurs droits et l’égalité face aux hommes. Au nom de ses camarades, Kankou Fofana de l’association « The Girls for Future » qui a interprété le rôle de président de l’Assemblée Nationale pour la journée a réclamé  un engagement ferme de la part des autorités pour plus d’égalité, de protection et de justice pour les filles.

« Si la Guinée veut profiter positivement du dividende démographique, le gouvernement a l’obligation de protéger les filles contre la discrimination sexiste dans les sphères où elle est très encrée. Uniquement, parce qu’elle a été si difficile à changer par le passé. C’est en s’attaquant aux causes profondes de l’inégalité que nous seront capables de garantir l’égalité et la justice pour les filles. Par ma voix, les filles de la Guinée réclament l’engagement des décideurs guinéens dont vous faites partie pour mettre fin aux violences basées sur le genre notamment le viol, le mariage précoce etc. qui nous traumatisent, nous usent  et nous sortent des écoles et brisent nos opportunités de contribuer pleinement à l’essor de notre beau pays. Nous voulons que les filles et jeunes de Guinée puissent étudier, prendre des positions de leadership,  décider et s’épanouir pour pouvoir jouer pleinement notre rôle et être enfin la force de la Guinée d’aujourd’hui mais surtout de demain », souhaite la jeune activiste.

La ministre de l’action sociale, consciente des enjeux pour le respect des droits et l’émancipation des femmes se félicite des avancées obtenues dans ce cadre avant de souligner les défis à relever pour mettre fin aux violences. « A cette heureuse occasion, la République de Guinée se joint à tous les Etats membres des Nations Unies pour mettre un accent particulier sur le renforcement des capacités des jeunes filles en vu de les habiliter à s’instruire et à se qualifier pour un meilleur avenir. Les défis à relever dans ce cadre sont énormes. Dans notre pays, au regard des problèmes des violences faites aux filles, des problèmes liés à la santé sexuelle des adolescentes, à la déscolarisation des filles, aux mariages précoces et à l’excision et à toutes les autres formes de discriminations parce qu’elles sont filles. En dépit des progrès attendus dans la promotion de la protection des droits des filles et des femmes par le gouvernement, on observe encore dans nos communautés une réduction de l’espace d’expression des filles notamment en milieu rural où les jeunes filles restent le groupe le plus exposé des aléas sociaux. Ces atteintes à l’intégrité des filles réduisent leurs capacités de leadership dans les instances de décisions », regrette Djaby Hadja Mariama   Sylla.

Quant à la première Dame de la république Hadja Djéné Condé s’engage à œuvrer pour l’émancipation et le respect des droits des jeunes filles qui sera selon elle son cheval de bataille à travers des actions concrètes sur le terrain.

« Les discours n’ont pas de place, agissons femmes de Guinée pour la paix d’abord car sans la paix, rien n’est possible mais aussi pour l’éducation de nos enfants. Car, il n’est un secret pour personne que de nombreuses jeunes filles sont encore laissées pour compte dans leur croissance alors qu’elles doivent se préparer à être dans un monde de travail très compétitif. Donc, au regard de la thématique de cette année, la célébration de la journée des jeunes filles nous rappelle qu’il est essentiel d’élargir les opportunités d’apprentissage orientées vers les filles surtout celles qui sont dans les zones rurales. Pour ma part, je réitère mon engagement point levé à poursuivre la mobilisation des ressources en faveur de l’éducation des enfants, des filles et des femmes de Guinée », promet la première dame.

Dans l’ensemble, les institutions internationales qui accompagnent la Guinée demandent plus d’engagement des décideurs pour l’éducation et le respect des droits des jeunes filles. Par ailleurs elles renouvellent leur volonté d’accompagner l’Etat guinéen dans la lutte pour l’instauration d’un Etat de droit.