Guinée : l’année 2019 a été très tumultueuse sur le front social

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L’année 2019 qui s’achève dans une semaine, a été une année tumultueuse sur le front social avec des mouvements d’humeur des syndicats. Tout comme 2019, l’année qui s’annonce pourrait connaître aussi des soubresauts, vu le climat de défiance qui règne entre les syndicats et le gouvernement.

Il conviendrait de rappeler que 2019 avait débuté d’ailleurs dans un climat tendu entre le gouvernement et le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée, qui avait déclenché une grève en octobre. Grève qui prendra fin le 10 janvier 2019.

Le contenu du protocole d’accord qui a mis fin à la grève a été rendu public par l’inspecteur général du Travail Dr Alya Camara. C’était au Palais du peuple de Conakry, on s’en souvient.

Le 1er mai 2019, la fête du travail s’est déroulée aussi dans une vive tension entre les syndicalistes à Conakry.

 Les camps rivaux qui se disputaient le contrôle du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée dont les leaders sont Aboubacar Soumah et Kadiatou Bah et la centrale syndicale de l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée, (USTG) dirigé par Abdoulaye Sow et Abdoulaye Camara, ont fini par en venir aux mains au Palais du peuple.

Empêché d’accéder à la tribune du Palais du peuple, réservée aux officiels, le camp du syndicaliste Aboubacar Soumah, dans ses tentatives de briser le cordon sécuritaire établi par le camp relevant d’Abdoulaye Camara, avait enregistré plusieurs blessés dont Aboubacar Soumah.

Autre fait marquant dans le monde syndical, fut le décès de Mamadou Mansaré, deuxième secrétaire général adjoint de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG), le dimanche 6 octobre 2019.

Il faut par ailleurs rappeler que le défunt Mamadou Mansaré s’était illustré dans les mouvements de grèves qui ont agité le pays, ces dernières années, par sa pugnacité.

Dans le contrat de concession du port de Conakry, le même Mamadou Mansaré avait révélé que « pendant 18 ans, les taxes seront récupérées par la société Albayrak et après, une autre société viendra discuter des modalités et le pourcentage qui doivent revenir à la Douane guinéenne. Si la Douane ne fait pas de recettes, comment peut-on payer les fonctionnaires. Un pays comme la Guinée, 40% de notre budget sont financés par l’extérieur…» , avait-il déploré.

Le mercredi 13 novembre 2019 dernier, le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) dirigé par Aboubacar Soumah a menacé au micro de Guinéenews d’aller en grève si l’Etat ne faisait aucune proposition sur les huit millions de francs guinéens, qu’il réclame comme salaire de base pour tous les enseignants environ 850 euros.

« Après avoir transmis le rapport final des opérations d’assainissement du fichier des fonctionnaires de l’éducation, si rien n’est fait, nous serons dans l’obligation d’aller en grève. Parce que tout le monde sait qu’il y de l’argent dans ce pays. Ce qui est sûr et certain qu’il y ait un nombre important de fictifs ou non, il faudrait qu’ils nous fassent forcément une proposition sur la base de nos huit millions de francs guinéens que nous réclamons comme salaire de base de tout le personnel enseignant. Il faut forcément que nous ayons une satisfaction parce que l’Etat a les moyens. Si tel n’est pas le cas, nous n’arriverons même pas au mois de janvier 2020. Il faut que nous nous entendions sur un montant satisfaisant à mettre sur le salaire des enseignants », a-t-il menacé au bout du fil.

Tout comme 2019, l’année qui s’annonce pourrait connaître aussi des soubresauts, vu le climat de défiance qui règne entre les syndicats et le gouvernement.