Guinée : Le nouveau bras de fer entre l’opposition et les autorités !

août 8, 2018 1:33
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« La manifestation dans la rue et sur la place publique, ne doit pas dépendre de l’humeur d’un ministre… »

C’est la réponse donnée ce mardi par le chef de file de l’opposition au ministre de l’administration du territoire qui a interdit récemment toute manifestation sur l’ensemble du territoire national jusqu’à nouvel ordre. Au cours d’une conférence de presse que l’opposition a animé ce mardi,  Cellou Dalein Diallo, a été très clair. « Nous n’allons pas obtempérer puisque les manifestations sont  autorisées par la constitution », a-t-il dit en substance.

« Nous allons demander aux citoyens guinéens de sortir pour défendre leurs libertés, pour défendre leur droit. La manifestation dans la rue et sur la place publique, ne doit pas dépendre de l’humeur d’un ministre, c’est autorisé par la constitution. Le ministre ne peut pas interdire cela. On n’est pas en Etat de guerre, il n’y a aucun motif valable. Nous n’allons pas accepter cela parce que ce sont nos libertés chèrement acquises. Donc, notre position c’est d’exercer notre droit », a réagi le chef de file de l’opposition.

Pour le président de l’UFDG,  Cellou Dalein Diallo, ce n’est pas pour rien qu’Alpha Condé ne veut pas mettre en place la haute cours de justice.  « Car, ajoute-t-il, s’il y avait la haute cour de justice, on aurait déjà déposé une plainte contre le ministre de l’administration pour avoir violé une disposition de la constitution. Ce n’est pas son problème. » 

« Poursuivant, Cellou Dalein Diallo a déclaré qu’il appartient aux municipalités de statuer et s’il y a un risque de confrontation, de proposer des itinéraires à ceux qui veulent marcher ». Il rappelle que depuis quelques temps, on refuse ce droit de manifester aux syndicats et à la société civile. « On ne peut pas interdire les manifestations pacifiques. La constitution les a déjà autorisées. Nous sommes des citoyens et c’est la constitution qui nous donne le droit d’organiser les manifestations pacifiques », soutient l’opposant.

Sur la question de savoir pourquoi le choix de l’autoroute et non sur la route Le Prince qui est le fief de l’opposition, le président de l’UFDG, a été clair : « C’est parce que sur cette partie de Conakry de Conakry, nos manifestations se déroulent sans incident. » 

« Malgré les craintes du pouvoir de voir l’opposition marcher sur l’autoroute, il n’y a jamais eu de problème. La dernière marche réussie, c’était le 16 août. Il n’y a  eu aucun incident. Aucun usager ne s’est plaint, aucun riverain ne s’est plaint. Tout s’est bien passé », a souligné le président de l’UFDG.