Guinée : les faits marquants l’année 2018 à Faranah

janvier 5, 2019 1:05

L’année 2018 a été très riche en couleurs et en contenus à Faranah. Elle a été marquée par des faits qui ne sont pas passés inaperçus dans la localité. Des faits qui ont fait parfois des grincements de dents sur la toile. Il y a eu aussi des évènements auxquels les populations de Faranah ne s’attendaient pas. Ce sont entre autres :

Sur le plan politique

À Faranah notamment la commune urbaine, les élections communales de 2018 se sont déroulées de la plus belle manière sans incidents enregistrés. Cependant, dans les communes rurales de Hèrèmakono, Passaya, Sandenia et de Marela, les élections locales se sont soldées par des violences et des dégâts matériels importants. D’ailleurs, jusqu’à présent la passation de services des élus locaux des communes rurales de Hèrèmakono et de Marela où respectivement l’UFR et l’UFDG ont remporté n’est pas effectuée.

Qu’est-ce qui pourrait expliquer ce blocus ?

Le hic est que le tribunal de première instance de Faranah n’a aucun dossier faisant état de contentieux électoral disait récemment le procureur au correspondant local de Guineenews. Ainsi, ce retard pourrait s’expliquer par la débâcle du parti au pouvoir, le RPG-arc-en-ciel dans la commune urbaine et dans les communes rurales de Hèrèmakono et de Marela.

Faut-il rappeler qu’à Hèrèmakono où l’UFR a gagné, c’est la sous-préfecture natale de l’actuel premier vice-président de l’Assemblée nationale et Secrétaire général du parti RPG, Saloum Cissé. À Marela, l’UFDG a raflé tout l’exécutif. Longtemps considéré comme le tout-puissant parti dans la préfecture de Faranah, le RPG a perdu même l’exécutif lors de l’installation des élus locaux dans la commune urbaine. Le mouvement indépendant à sa tête un jeune agro-économiste âgée de 31 ans et issu de la société civile  et les autres partis alliés se sont partagés l’exécutif pendant l’élection du maire et de ses adjoints.

La chute du RPG aux élections locales à Faranah restera dans les annales de l’histoire de Faranah.

L’autre fait saillant de l’année 2018 sur le plan politique est la dissolution des deux sections du RPG dans la commune urbaine de Faranah, 72 heures après l’élection.

La publication des résultats provisoires des élections locales du 4 février à Faranah a vu le RPG deuxième après la candidature du mouvement indépendant.

Ce qui a suscité la colère chez les responsables, militants et sympathisants du RPG. C’est pourquoi aussitôt, les jeunes du parti ont organisé un « putsch » en prenant d’assaut la ville aux environs de 19 heures pour retirer à coup de force tous les engins roulants et d’autres matériels comme les écrans géants du parti des mains des deux secrétaires généraux des sections de Faranah 1 et de Faranah 2 avant de les dissoudre pour mettre en place un comité de salut.

Mais, lors du passage du président de la république, Alpha Condé, le 15 mai 2018, il n’a pas manqué de critiquer cette attitude. C’est pourquoi le RPG a mis en place un comité de crise qui gère les affaires courantes du parti.

Sur le plan économique

La ville de Faranah a été secouée pendant l’année 2018 par la hausse des prix des denrées de première nécessité due à l’augmentation du prix du carburant à la pompe par le gouvernement. Partout, les citoyens ont dénoncé cette mesure qui affecte le panier de la ménagère.

A cette hausse du prix du carburant, il y a aussi le manque criard de poissons dans le marché de la ville. Les vendeuses de poisson partaient se procurer de ce produit halieutique à Kissidougou pour venir revendre à un prix d’or à Faranah.

Les vérités caustiques du président aux sages de Faranah

Après les journées nationales du paysan dans la capitale forestière, c’est très triste que le président Alpha Condé débarque dans la ville d’Ahmed Sékou Touré le 15 mai 2018. Avec un franc-parler, le président a craché la vérité dans la langue du terroir aux sages, aux administrateurs territoriaux et aux responsables politiques du RPG. Dans son speech très poignant, il a rendu les sages responsables de la discorde à Faranah et a dénoncé une mauvaise gestion administrative et financière des responsables du parti RPG en les traitant de sangsues.

Il a par ailleurs refusé de passer la parole au préfet pour son discours de bienvenue pour n’avoir pas joué son rôle, dit-il.

Sur le plan coutumier

Depuis le 26 Novembre dernier, Faranah a deux patriarches (Sotikèmö). Une première dans l’histoire de cette ville. Une guerre de succession de patriarches sème une crise au sein des sages de Faranah. Depuis plusieurs mois, deux frères de la lignée des « Oularé » se disputent le patriarcat. Malgré l’intervention de plusieurs bonnes volontés, les deux ne semblent pas entendre raison.

Ce qui fait qu’aujourd’hui, les citoyens s’interrogent qui de Doutiya et de Diamanatiya pourrait porter le trône de patriarche ? Les Oularé sont reconnus comme fondateurs de la ville de Faranah. Ils sont tous alignés derrière deux grandes familles « Doutiya et Diamanatiya » qui réclament toutes le titre de patriarche.  Il appartient à ces deux lignées de faire une concession d’idées autour de ce problème que l’histoire avait déjà tranché pour que règne la paix à Faranah.

Sur le plan religieux

Un jeune imam d’une mosquée de la ville au quartier Tonkolonko 2 a été suspendu par l’inspection régionale des affaires religieuses de Faranah. Il est accusé d’adultère. Il aurait été pris en flagrant délit avec la femme d’un gendarme dans sa chambre à coucher.  Cela a fait alimenter les débats partout en ville sur le comportement néfaste de certains religieux. Ce qui a divisé les religieux en deux camps. Les uns soutenaient le jeune et d’autres étaient opposés.

Pour lever l’équivoque ou pour tirer au clair cette situation délicate, la ligue régionale des affaires religieuses a décidé de suspendre le jeune imam jusqu’à nouvel ordre pour des fins d’enquêtes. Après plusieurs enquêtes, il a été révélé que le jeune imam a été accusé à tort. Sa sanction a été aussitôt levée.

Cependant, à la veille de ce 31 décembre 2017, l’Inspection régionale des affaires religieuses a encore suspendu un autre prédicateur musulman dont la sortie sur les préparatifs par les fils des fidèles musulmans des fêtes du Noël du 24 décembre et du 31 décembre, a été jugée incontrôlée. Il aurait dit: « tous les musulmans qui mangeront un plat (viande etc.) comme festin du 24 décembre et du 31 décembre entreront dans l’enfer parce que c’est la fête des chrétiens ». Certains fidèles musulmans et d’autres membres de la ligue régionale des affaires religieuses qui y étaient présents dans la mosquée ont affirmé qu’il a outrepassé. C’est ainsi qu’ils ont informé les responsables de la ligue régionale des affaires religieuses qui, à son tour, l’a suspendu pour l’instant. Cette décision de la ligue régionale a été vivement saluée par les fidèles musulmans mais aussi a fait un grincement de dents dans la ville.

La plainte du préfet contre les jeunes du collectif des anciens footballeurs de Faranah

Toujours sur le plan de la gestion de Sankaran FC, à cause dix millions, un fossé s’est créé entre le préfet et les jeunes du collectif des anciens footballeurs de Faranah. Une structure qui gère désormais cette équipe préfectorale. Depuis début juillet rien ne va entre le préfet et ces jeunes qui sont en difficultés financières pour gérer les deux derniers matches de Sankaran FC en ligue 2. Ils sont allés contracter un bon de dix millions chez le préfet. Plus de deux semaines plus tard, après l’expiration du délai de paiement, le préfet a déposé une plainte contre ces jeunes chez l’huissier régional de la justice. N’ayant pas les moyens de payer l’argent, les jeunes sont passés par l’inspecteur régional des affaires religieuses pour plaider le premier magistrat de la préfecture pour qu’il puisse attendre le paiement des arriérés de la subvention des clubs par la FEGUIFOOT.

C’est après l’intervention de l’inspecteur régional des affaires religieuses contre toute attente que les jeunes ont reçu une convocation de la part de l’huissier régional. Ce qui a provoqué l’ire de ces jeunes. Suite à cette plainte, ils ont  dit à l’huissier régional qu’il n’est plus question de payer le montant dû car l’équipe préfectorale appartient aussi au préfet.

Mais, cette menace brandie n’a pas été exécutée car  l’argent du préfet a été payé dès l’obtention des arriérés de la subvention et le calme est revenu dans la cité grâce à la médiation du nouveau procureur, Mamoudou  Lebéré Baldé.

Faut-il noter que la ville de Faranah a organisé un tournoi u nom du président de la République avec la participation des préfectures de la région administrative. Ainsi, cette compétition a regroupé les équipes des préfectures de Dabola, Dinguiraye, Faranah et de Kissidougou. À l’issue de ce tournoi inter-préfectoral, l’équipe de Faranah a terminé leader pour représenter la région administrative de Faranah à Conakry bien qu’elle n’ait pas remporté la coupe.

Sur le plan de l’éducation

Comme la plupart des villes de la Guinée, la grève du SLECG paralyse les cours dans la ville de Faranah, depuis le 3 octobre 2018. Elle a été marquée par des manifestations, des sit-in des enseignants titulaires et des élèves dispersées par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogènes.

Sur le plan sportif

Après dix ans passés en Ligue 2, le Sankaran FC a été relégué à la division d’honneur. Il a enregistré beaucoup de défaites sur ses propres installations. Et cela a surpris plus d’un. Pourtant Faranah était considérée comme l’une des pépinières du football du pays où en 2004 plusieurs trophées en sport sur le plan national ont élu domicile.

À Faranah, il n’y a pas une famille où le football n’est pas le sport roi. Les fans du cuir rond à Faranah sont dans une désolation totale suite à la chute de Sankaran FC en division inférieure.

Cependant, le football est un facteur d’union pour les Faranakas et favorise un syncrétisme culturel. Comment redonner la confiance et un sourire au public sportif de Faranah, c’est le souci majeur des dirigeants du football dans cette localité.