Guinée : les leaders religieux et la société civile veulent sortir de leur torpeur mais…

novembre 2, 2018 10:18
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Après les violences enregistrées dans  certaines localités du pays en faveur de l’installation des exécutifs communaux courant octobre, les manifestations de l’opposition républicaine et les dégâts causés,  ils sont nombreux ces leaders religieux et acteurs de la société civile  à appeler au calme et à la paix. C’est bien car sans paix, il n’y a ni stabilité, ni développement. Crédit photo : Présidence de la République.

Cependant, cette paix exige de l’Etat, le respect de la Constitution et des lois de la République. Et ceci passe nécessairement par la lutte contre l’impunité et l’instauration d’une justice impartiale. Or, depuis un certain temps, ni l’un ni l’autre n’est appliqué. C’est pourquoi, beaucoup des présumés coupables dans les meurtres et les assassinats (parfois ciblés) bénéficient de l’impunité et la justice se mue dans un mutisme assourdissant.

Aujourd’hui, la paix que prônent ces ‘’fameux’’ leaders religieux et autres acteurs de la société civile doit être matérialisée par des actions concrètes à travers la mise en place des structures sérieuses qui ne souffrent d’aucune ambiguïté. Sans cela, la Guinée se trouve sur une pente glissante et dangereuse tant les plaies et les frustrations accumulées de part et d’autre sont légion. Mais, faudrait-il que Guinéens que nous sommes prenions conscience du danger qui guette notre nation, notre fierté. Aucune région,  aucune ethnie n’est à l’abri de cet ouragan qui se prépare à l’horizon et dont les conséquences risquent d’être fatales. C’est pourquoi tout le monde est interpellé pour une prise de conscience générale face à cette démission collective.

Mais nos leaders religieux et acteurs de la société civile sont devenus des fayots. Ils ont avalé leur langue pour des intérêts égoïstes et égocentriques. Dommage ! Le pays a pourtant besoin d’eux, de leur sagesse, de leur humilité et de leur impartialité pour une bonne conduite de la nation. Malheureusement, ils sont tous tombés dans l’abîme oubliant ces dizaines de vie innocentes parties à la fleur de l’âge à cause des agents de sécurité à la gâchette facile. Combien de jeunes, de femmes sont morts depuis 2009 sans que cela n’émeuve personne ? Ils sont nombreux de Zogota à Saoro, en passant par Womé, Siguiri, Boké jusqu’à Conakry.

C’est pourquoi, les Guinéens doivent réfléchir et mettre de côté leurs sentiments d’égo pour conjuguer leurs efforts pour une Guinée prospère. Faute de quoi, ils périront tous ensemble. Et cela nécessite  une renaissance de la société civile et un changement de langage non seulement des leaders politiques mais aussi des religieux dont le rôle demeure primordial au  sein de la société. Mais, le silence du refus de la vérité et de la justice, pour paraphraser notre confrère Lamine Guirassy, amènerait la confusion et entretiendrait la mésentente.