Guinée : l’injustice est la cause de nos problèmes (opinion)

novembre 9, 2018 1:31
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Une contribution spéciale de Mohamed Kobele Keita, depuis Conakry pour Guineenews©

Lorsque l’injustice fait son entrée dans la gouvernance des actions publiques, elle y fait place au déni du droit, promeut le crime et installe l’anarchie.

Quelque soit la forme d’adoption d’une constitution, elle reste le fondement de la Nation, elle est par ailleurs basiquement le mode opératoire de la société.

Ne pas respecter ses dispositions/injonctions, c’est cultiver le déni du droit, formaliser le crime (oeil/œil, dent/dent) et asseoir l’anarchie.

Pourquoi la chienlit risque-t-elle de s’installer dans la durée, peut-être jusqu’à 2020 et plus?

A la place des textes d’applications des lois (code électorale, code des collectivités,…) des arrangement entre politiques se font au travers des Accords très souvent pernicieux comportant des « vices/puces » sciemment insérés pour se donner des coudés franches lors de leur application ; lorsqu’une des parties signataires se rend compte du « topo », le recours c’est la loi fondamentale, le droit à se faire entendre par une marche consacrée par la même loi dont les assujetis (code et autres textes) auront été violés pour des interêts souvent non collectifs. En comptant le nombre d’Accords dont les termes n’ont pas été respectés depuis 2010, il faut se rendre à l’évidence que c’est une démarche qui n’est pas dans l’interêt dans la société et des citoyens et stoper donc le recours aux Accords, autrement la chienlit sera au quotidien jusqu’à l’application de la loi.

Ceci explique cela. Lorsque la loi n’est pas appliquée dans son essence même par ceux la même qui doivent en assurer la garde, le boulevard de la pagaille/violence s’ouvre. L’Etat s’affaiblit donc au profit des « nano-états », c’est-à-dire des « forces » éparses incontrôlées sur le terrain contre lesquelles les forces de maintient d’ordre son impuissantes parce qu’elles s’affrontent à une volonté suscitée par le déni du droit. L’agent de maintient d’ordre reçoit un ordre illégal et s’affronte à un citoyen qui en est conscient et qui se rend justice. Si la loi n’est pas violée, le citoyen ne se rend pas justice. De fait, le même citoyen a ouvert grandement les yeux sur le monde qui se planétarise par la puissance communicative des réseaux sociaux. Il sait que les actes qu’il pose peuvent susciter questionnement ou indignation à l’échelle nationale et internationale lorsque c’est communiqué sur les réseaux sociaux. Très souvent les dirigeants très marqués par le cocon du pouvoir ne se rendent pas comptent que les réseaux sociaux ont brisé les barrières que les dictateurs imposaient à leur peuple. De Kassa à Gouecké, beaucoup de tragédies, assassinats, meurtres, crimes, etc, sont restés sans suite à ce jour de la part de ceux qui assurent la garde de la constitution, ceux qui veuillent sur le respect du droit. Il faut commencer à les résoudre, autrement la chienlit va durer.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’anarchie qui s’installe risque d’être sytematique. Il faut proceder à : (i) l’évitement de la violation des lois et textes fondation de la Nation Guinéenne (faire un état des lieux rapide sur l’installation des conseillers communaux, corriger les violations de loi et les termes de l’accord ou faire des accommodations égalitaires pendant qu’il est encore temps…), (ii) à la dépolitisation de l’administration et ses services (prendre des actes pour sanctionner les agents ayant posé des actes illicites, lancer des enquêtes,…), (iii) au renforcement de l’écoute et l’observation (respect des interêts dans le cadre stricte de la loi), et (iv) à la vulgarisation de la tenue de langage/propos apaisant (certains ministres ont un vocabulaire violent, leur interdir de prendre la parole publique ou de décider seul).

Autrement, la chienlit et la décadence seront au rendez-vous.

Mohamed Kobele Keita.