Guinée : L’opposition réitère la condamnation ferme de la manière de déguerpir Kaporo-rails

mars 14, 2019 12:58

Les responsables des partis politiques membres de l’opposition républicaine animent une conférence de presse à l’instant même (12H 20), à Conakry, ce jeudi 14 mars 2019.  Une rencontre au cours de laquelle le chef de file de l’opposition guinéenne a fait un survol sur l’actualité politique nationale, notamment le cas des dernières élections communales, les législatives et la présidentielle en vue, non sans aborder le dossier Kaporo-rails.

A ce propos précis, Cellou Dalein Diallo a réitéré la condamnation par l’opposition de la manière dont les opérations de déguerpissement sont menées sur ce site, avant de se demander pourquoi cet « acharnement » sur une seule zone sur les 25 qui sont répertoriées dans le Schéma directionnel de Conakry.  Il le dit entre ces lignes :

« L’opposition réitère la condamnation ferme de la manière dont le gouvernement procède au déguerpissement à Kaporo-rails. Pour nous, c’est inadmissible. On peut même se poser la question est-ce qu’Alpha est guinéen, parce qu’on ne peut pas traiter son compatriote de la manière.

Il faut d’abord rappeler que le schéma directeur de la ville de Conakry a été adopté en 1989. Un décret a été pris à cet effet, il y a 30 ans. Si on estime qu’il est encore opportun et urgent  de libérer ce domaine, il faut essayer de voir si la décision de libérer cette emprise peut être jugée pertinente après 30 ans, on voit quel est le coût pour la collectivité.

La collectivité, ce n’est pas l’Etat. La richesse nationale, c’est la somme de toutes les richesses individuelles et collectives des Guinéens. On fait une étude d’impact. On trouve que voilà le coût. Peut-être que l’Etat n’a pas les moyens d’indemniser les gens dont certains étaient là bien avant que la zone ne soit classée zone réservée. Ils étaient là avant.

Il y en a qui sont venus s’ajouter. L’Etat n’a pas pu assurer la sécurité de son domaine. Lorsque tu déclares une zone réservée, tu vas veiller à ce que quelqu’un ne vienne pas mettre son épargne dans ça. Parce qu’il y a des pauvres fonctionnaires qui ont épargné difficilement, qui ont acheté avec des autochtones, avec des chefs de quartiers, parfois avec l’urbanisme.

Ils ont leur petite économie-là, une économie de toute une vie, par ignorance, peut-être. Si c’est jugé opportun encore, parce qu’une décision peut être valable en 1988 et ne plus l’être maintenant. Parce qu’il y avait 25 zones classées zones réservées dans le Schéma. Pourquoi seulement Kaporo ? Les 24 autres, personnes n’a touché. On a même déclassé certaines zones : là où il y avait la décharge. Pourquoi parmi les 25 zones, c’est sur Kaporo-rails on s’acharne ?

Mais à supposer que cette décision soit pertinente, un besoin d’utilité publique. Mais ce sont des êtres humains qui méritent le respect de leur dignité, qui méritent qu’ion les traite comme une part entière de la nation. Parce que si c’était une calamité naturelle, l’Etat serait venu au secours. L’Etat aurait cherché à atténuer leurs souffrances ».