Guinée : Loyer cher, comment l’Assemblée nationale pourrait statuer sur la normalisation ?

avril 7, 2018 10:45
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C’est vrai que depuis un certain temps, des cris s’élèvent pour dénoncer la hausse intempestive du prix des loyers à Conakry et la prime de location des enseignants, ces pauvres, ne signifie rien. Mais pour autant, on se demande comment l’Assemblée nationale pourrait  résoudre ce casse-tête dans ce libéralisme sauvage et la libre concurrence que les Guinéens ont désirés  fiévreusement après le 3 avril 84.

Si on prend l’exemple du marché, chaque vendeuse de poisson fixe son prix librement. On dit que le carton se vend  officiellement à 160000 fg, mais de main en main, il se retrouve finalement à plus du double voire même du triple. Et quand on sait que beaucoup de propriétaires, qui ont perdu leur emploi ou qui sont des vieillards impotents, qui ne comptent que sur le revenu de ces locations pour tenir le rythme de l’inflation, c’est une autre surenchère que de vouloir mettre son nez dans cette affaire. Si l’Etat avait construit des HLM, la question ne se poserait point. Mais dans le cas actuel, on ne peut pas dire à une vieille veuve de baisser le prix de son loyer tandis qu’elle l’avait indexé au prix du sac de riz, qui ne cesse de grimper.

On a entendu des  « députés-Don Quichotte » promettre de prendre le taureau par les cornes. Mais faut-il que l’exécutif saisisse le législatif sur le sujet, et cela est-il fait qu’on  en douterait par contre, ce qui est à fustiger, c’est le prix en devise des grands loyers.

Si l’Assemblée veut se donner du travail, qu’elle demande une vraie politique des prix et tarifs des poids et mesures, que les commerçants et les vendeuses du marché écrivent le tarif de leurs articles et denrées et que des contrôleurs des marchés fassent leur boulot. Dans ces conditions de transparence, elle pourrait imposer le prix de telle ou de telle catégorie de loyer (studio, deux pièces, trois, villa et autres.)

Pour l’instant, l’Assemblée nationale n’a aucune mécanique pour fixer une norme, fût-elle arbitraire pour faire contenter les demandes pressantes, il faut le dire. En attendant les loyers sociaux promis par Erdogan et par les Chinois…