Guinée : l’UFR appelle ses militants à redoubler d’effort contre la nouvelle constitution

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En laissant désormais le soin au parti au pouvoir de décider s’il sera candidat à la prochaine présidentielle ou non, le Président Alpha Condé semble avoir levé l’équivoque sur l’intention que ses opposants lui prêtaient de vouloir s’octroyer un 3ème mandat. Abordant cette question avec Guinéenews.org, le député Ibrahima Bangoura de l’Union des Forces Républicaines (UFR) n’est pas allé avec le dos de la cuillère.

Le vice-président de l’UFR demande aux militants de son parti de « redoubler d’effort » pour empêcher le changement de la constitution et la possibilité d’octroyer un 3ème mandat pour le président Alpha Condé.

« Je demande à l’ensemble des militants, responsables et sympathisants de l’UFR de redoubler d’effort. Nous avons entamé une lutte pour la démocratie, pour le respect de notre constitution, parce que la Constitution c’est le socle sur lequel repose notre démocratie, nous ne voulons pas qu’elle bouge. Donc, il faut continuer ce combat jusqu’à son terme. Et je crois que le terme n’est pas très loin, parce qu’aujourd’hui, toute la population guinéenne sait que la voie dans laquelle le Pr Alpha Condé s’est engagée, n’est pas une bonne voie pour notre pays. Parce que le 3ème mandat sera un recul profond », a lancé Ibrahima Bangoura.

Il explique ce positionnement par le fait qu’à son avis, depuis que le Pr Alpha Condé est au pouvoir, les conditions de vie des populations n’ont pas réellement changé.

« La même misère continue malgré les fonds qui ont été engloutis dans le secteur d’électricité, 3 milliards, nous sommes toujours dans l’obscurité, aucune ville de ce pays n’a encore le courant électrique 24/24. Le système de santé est en deçà de tous les espoirs que l’on pouvait fonder sur un système de santé efficient. Quand on est malade chez nous, il faut aller dans les pays voisins pour se soigner. Quant à l’éducation, les enseignants sont en grève à cause de la gabegie qui s’est installée dans le secteur. Donc face à tout cela, le peuple a compris qu’il ne peut pas aller vers un 3ème mandat pour le Pr Alpha Condé. S’ajoute à cette compréhension de nos populations, celle de la communauté internationale qui s’est rangée du côté du FNDC pour dire que le 3ème mandat n’est pas bon pour notre pays. Le Pr Alpha Condé reste sourd et aveugle à ce qui se passe autour de lui. Nous à l’UFR, nous restons fermement attachés à la démocratie, au changement des conditions de vie de nos populations. Nous restons fermement attachés à tous les changements sociopolitiques qui vont permettre à ce pays d’être au diapason de l’espoir que ce pays suscite par rapport à ses immenses ressources naturelles et humaines », a-t-il poursuivi.

Pour le député, le dénouement heureux de la crise actuelle n’est possible que si le Président Alpha Condé renonce à son projet de 3ème mandat. Car, ajoute-t-il, la lutte engagée par le FNDC ne s’arrêtera pas tant que le président Alpha Condé continue de persister sur la voie de se maintenir au pouvoir coûte que coûte. « Il faut qu’on redouble d’effort pour continuer. Nous ne baisserons pas les bras. Il n’a qu’à faire mille décrets, s’il le veut, nous disons qu’il faut des élections qui soient consensuelles dans le pays, des élections libres, transparentes et inclusives », a ajouté le député de l’UFR.

Pour appuyer son argumentation, Ibrahima Bangoura estime que le fichier électoral actuel est non seulement corrompu, mais pourrait être source de conflit. « Nous avons un fichier aujourd’hui qui est corrompu. Tout le monde s’accorde et les organismes des Nations Unies ont fait des études qui ont abouti aux statistiques suivantes : au niveau des populations dans l’ouest africain, les jeunes qui ont moins de 18 ans représentent 60%. Et notre fichier compte plus de 60% d’électeurs. C’est extraordinaire ! On ne peut pas aller aux élections sur cette base. Et indépendamment de cela, ce fichier est un fichier conflictogène. Il permet de faire élire le président de la République par une seule région. Où vous avez vu cela ? C’est pourquoi nous nous battons pour ne pas que le 3ème mandat ait lieu. Nous avons vu ce qui s’est passé dans les autres pays, nous ne voulons pas que cela arrive dans le nôtre », souligne le vice-président de l’UFR.