Guinée : pour tenir tête au pouvoir, Fodé Mohamed Soumah demande à l’opposition de s’unir

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L’opposition guinéenne peine toujours à s’imposer véritablement devant le pouvoir d’Alpha Condé. Cet échec est consécutif aux divisions internes de cette entité politique dont les leaders se font la guerre à longueur de journée. Une situation qui fait du bien au pouvoir.

En marge d’une conférence de presse qu’il a animée vendredi 25 janvier à Conakry, Fodé Mohamed Soumah, président du parti Génération Citoyenne (GéCi), a affirmé que l’affaiblissement de l’opposition ne fera que l’avantage du pouvoir d’Alpha Condé : « Le risque que nous avons dénoncé l’année dernière, c’est le risque de délitement de l’opposition, l’éclatement de l’opposition, parce que cet affaiblissement est tellement dangereux que ça va faire l’affaire du pouvoir. »

Pour appuyer son argumentaire sur l’importance de l’union de l’opposition guinéenne, Fodé Mohamed Soumah rappelle le combat mené contre la junte au pouvoir en 2009 dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara : « Donc si l’opposition avait été en rangs dispersés face au CNDD (conseil national pour la démocratie et le développement), on n’aurait jamais fait partir les militaires ; c’était l’union sacrée de l’opposition au sein des forces vives. »

Plus loin, l’ancien allié d’Alpha Condé lors de la présidentielle de 2015, fait savoir que son parti est en train de travailler pour réformer l’opposition et l’unifier : « Tout le travail de la GéCi aujourd’hui c’est de faire en sorte que cette opposition soit une réalité. C’est pourquoi, j’ai rencontré tous les leaders. Donc, on veut aujourd’hui que l’opposition soit une seule entité. Qu’on arrête de parler d’opposition démocratique, d’opposition républicaine. Non. Mais une opposition guinéenne. L’opposition doit se réformer afin que nous puissions dire à ce pouvoir moribond, incapable et incompétent que trop c’est trop. Le peuple veut maintenant un contre-pouvoir que nous allons diriger, que nous allons observer vis-à-vis d’en lui. Il est impératif qu’on travaille dans ce sens, parce qu’avec la situation actuelle on risque de faire le jeu du pouvoir. On va avoir l’opposition républicaine qui va peut-être se limiter à l’UFDG, l’opposition démocratique qui est déjà mort-née, parce que quand on voit Sidya aller avec Ousmane Kaba qui dit qu’il ne va pas siéger [à l’Assemblée nationale] alors qu’on ne connaît pas la position des autres, c’est déjà mort-né. Notre ambition aujourd’hui, c’est d’aller vers tout le monde afin qu’on forme une seule entité de l’opposition guinéenne. Il faut qu’on soit assez forts pour pouvoir contrecarrer les velléités de ce pouvoir qui ne nous mène nulle part dont l’échec est programmé. »

Avec les égos des uns et des autres au niveau d’opposition, cette ambition du patron de la Génération Citoyenne pourrait se heurter à de véritables obstacles.