Guinée : pourquoi le prix du ciment a grimpé ces dernières années ?

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Une réunion de concertation a réuni autour du ministre du Budget et de son homologue des Finances, les opérateurs économiques, assureurs, banquiers et autres représentants de la Chambre de commerce, de l’industrie et des différents Patronats. Une rencontre que le ministre Ismaël Dioubaté du Budget a mise à profit réitérer l’attachement du gouvernement au respect du Code du  Numéro d’Identification Fiscal Permanent (NIF).

Dans les débats, les industriels ont énuméré des difficultés qu’ils rencontrent notamment dans l’exercice de leurs activités respectives et qui soient liées entre autre à l’accès aux financements, au manque d’électricité et au déficit concertation entre eux et l’Etat.

Portant un regard plutôt crique sur le processus d’indemnisation d’un assuré -dont le véhicule serait endommagé dans un accident par exemple-, Elhadj Bobo a dénoncé la lenteur dans l’indemnisation de l’assuré, mais aussi le fait que l’essentiel des dépenses revienne à l’assuré.

A propos, le représentant des assureurs a rappelé que l’assurance est fondée sur la mutualité et le partage des charges. Il a, en outre, exposé sur le processus qui obéit à toute une chaine avant le paiement.

Sans lâcher du lest, Elhadj Bobo, qui a son unité industrielle établie à Sanoyah, a porté à la connaissance de l’auditoire que là, le courant ne vient généralement qu’à 00 heure. Et qu’avec l’insécurité dans la cité, il ne peut contraindre les travailleurs à rallier le site chaque fois à partir de minuit. Pour cette raison, il se dit obligé d’allumer le groupe électrogène pour faire fonctionner son usine. Mais à mon fort étonnement, l’EDG me facture comme j’avais fonctionné 24H/24, a-t-il déploré.

Prêtant une oreille attentive à ses hôtes, le ministre du Budget a reconnu le délestage en cette période d’étiage. Toutefois, Ismaël Dioubaté s’est félicité de l’amélioration de la desserte substantielle de cette denrée depuis la réalisation du barrage sous l’impulsion du président Alpha Condé.

« C’est pourquoi quand je vois les jeunes manifester, je me dis que la politique du Pr Alpha Condé a réussi. Parce que c’est lui qui a donné Kaléta qui dessert Conakry et d’autres villes en attendant Souapiti et d’autres barrages », s’est-il félicité.

A sa suite, le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) a imputé cette malheureuse situation de délestage à la mauvaise gestion faite du courant électrique par les populations. Car, justifie Dr Loucény Nabé, la Guinée est le seul pays où en se promenant la journée, on voit les lampes électriques allumer partout.

De son côté, le directeur commercial de GI Ciments a déploré le « non-accompagnement » des structures bancaires du pays vis-à-vis des opérateurs économiques. Une situation qui amène certaines entreprises, a indiqué Mohamed Nabé, à  recourir très souvent aux banques implantées ailleurs et qui les accompagnent avec un taux qu’il juge plutôt raisonnable.

Poursuivant, le directeur commercial de GI Ciments a rappelé que lorsque son usine a ouvert comme étant la deuxième unité industrielle de production, le prix du ciment qui était à 80.000 GNF, est descendu à 60.000 GNF.

« Durant les deux dernières années, le prix du ciment est passé de 60 à 65.000. Puis, à 70.000 GNF. Et aujourd’hui, le sac de ciment est à 80.000 GNF. Cela doit interpeller les dirigeants du pool économique que vous êtes », a-t-il tiré la sonnette.

Selon Mohamed Nabé, il a été imposé aux producteurs, à l’époque, de ne pas augmenter parce qu’il y a une période moratoire de 3 ans sans augmentation. Chose qui a été acceptée. « Entretemps, on nous poignarde dans le dos, sans concertation et on augmente 48% (parlant de la facturation du courant électrique, ndlr). Et quand on a rencontré le chef de l’Etat, lui-même, il n’était pas au courant. Il a mis la pression de retourner à 25%. Malgré ceci, rien a été fait pour nous soulager », a-t-il confié.

Comme pour renchérir ce qu’avait déclaré le ministre du Budget qui a soutenu que l’Etat paie cher le courant pour le donner presque gratuitement aux populations, Mohamed Nabé a soutenu qu’au même moment, ce courant est vendu plus cher aux industriels.

« Vous avez parlé d’un coût de production de 1400GNF sur le coût de production. Nous, on payait 1800. On est descendu à 1560. Et d’autres avantages qu’on avait, EDG vient de nous les retirer sans concertation. Nous aussi, sans concertation, sans consulter l’Etat, tous les industriels ont essayé d’augmenter le prix. Et c’est la population qui en souffre », a-t-il révélé.