Guinée : pourquoi le remaniement traîne ?

avril 29, 2018 2:54
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Annoncé par le président Alpha Condé le 8 mars dernier, le remaniement ministériel n’a vu encore le jour, presque deux mois après cette déclaration. Plusieurs raisons sont invoquées pour expliquer ce retard : des plus réalistes au plus saugrenues.

D’abord, il se dit que Alpha Condé atermoie sur la formation du nouveau gouvernement, depuis plusieurs semaines, car il est pris en tenaille entre les recommandations de ses amis à l’étranger, les conseils de quelques caciques de son parti, les avis de la coordination mandingue et de la Basse Côte, « les tirs croisés et nourris » des marabouts, féticheurs et autres forces occultes de ministres peu rassurés…

Plus sérieusement, la structure et la composition du nouveau gouvernement seraient entièrement bouclées depuis plusieurs jours, selon nos informations. Mais, Alpha Condé attendait la fin de mission à Washington auprès des institutions de Bretton Woods des ministres Mohamed Lamine Doumbouya du budget, Maladho Kaba de l’économie et finances et Kanny Diallo du plan et coopération internationale. Il se dit qu’il était incongru de modifier le gouvernement alors que ces ministres étaient en négociations financières difficiles avec le FMI. Mais, les trois ministres sont attendus à Conakry pendant ce week-end. Rien n’empêche désormais la publication du décret de remaniement.

Le retard aurait également pour raison, l’absence depuis une dizaine de jours du premier ministre annoncé par les oracles et qui a fait campagne dans les médias pour la primature : Ibrahima Kassory Fofana. Selon les détracteurs du ministre d’Etat en charge des investissements privés, Alpha Condé n’a pas voulu remanier et décevoir Kassory pendant que celui-ci est en train de négocier des investissements importants au Qatar. Cette mission étant bouclée et Kassory étant attendu à Conakry ce week-end, rien n’empêche Alpha Condé de remanier.

Mais toutes les sources s’accordent que le décret sera finalement publié dans les prochaines 72 heures, c’est-à-dire au retour d’Alpha Condé de son voyage de Brazzaville pour le sommet sur le fleuve Congo.