Guinée : Poussée de fièvre autour du projet de constitution

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Le fait que le chef de l’Etat ait dévoilé  jeudi dernier, son projet de nouvelle constitution, qui est resté longtemps gardé sous le boisseau, a entrainé une poussée de fièvre autour  dudit projet. Au-delà du concert de désapprobation qui s’en est suivi, le Front national pour la défense de la constitution (Fndc), s’est fendu d’une déclaration au ton martial, se disant prêt à ferrailler avec l’exécutif.

Dans cette déclaration lue par le coordinateur du mouvement, Abdourahamane Sanoh, devant ses pairs, fortement mobilisés pour la circonstance, au siège du Fndc à Kipé,   la plateforme accuse le président  de vouloir  ‘’perpétrer un coup d’Etat constitutionnel, que le peuple n’a pourtant cessé de dénoncer, tout au long de cette année, en exprimant clairement son opposition à toute présidence à vie.’’

Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un ‘’parjure qui fait perdre du coup toute légitimité au Chef de l’Etat’’, martèle Abdourahamane Sanoh.

Et le Front est allé jusqu’à dire que  ‘’cette déclaration de coup d’Etat constitutionnel ouvrait ainsi la voie à une vacance des institutions.’’

Profitant ainsi de l’opportunité pour battre le rappel des troupes.

Pour ne pas compromettre la trêve des confiseurs qui s’annonce, le FNDC se contente juste de  maintenir  sa marche ‘’pacifique’’ prévue le 26 décembre.

Atmosphère de veillée d’armes avant « l’apocalypse » !

Présent à cette réunion de crise du Fndc, Cellou Dalein Diallo a déclaré de but en blanc que cette sortie du président pourrait compromettre la tenue des élections législatives du 16 février 2020.

 « Présent à cette réunion de crise du Fndc, Cellou Dalein Diallo a déclaré de but en blanc que cette sortie du président pourrait compromettre la tenue des élections législatives du 16 février 2020.

 « Bien entendu, que ce projet va compromettre même les législatives, avec la crise qui va s’intensifier avec ce projet de référendum pour une nouvelle constitution comme on veut. Naturellement le peuple ne va pas accepter bien sûr que nous entrions dans une crise qui risque d’avoir des conséquences sur le plan économique, social et politique», a-t-il confié au micro de guineenews.

Et Cellou de jurer sur ses grands dieux, qu’à compter de janvier prochain,   ‘’le peuple sera debout, mobilisé pour faire barrage au projet de M. Alpha Condé’’.

Comme pour dire que ce sera une réponse au coup pour coup. « M. Alpha Condé ne  reculera plus. Nous aussi on ne reculera pas. On a l’avantage sur lui d’être avec le peuple. Lui, il affirme mais ce n’est pas la réalité. Nous nous l’affirmons, c’est vrai. Le peuple est avec nous», a-t-il conclu.

L’autre ténor de l’opposition, le président de l’Union des forces républicaines (Ufr), Sidya Touré, qui se trouvait à Paris, au moment de la divulgation du contenu de ce fameux projet, a dû écourter son séjour pour rentrer précipitamment à Conakry.

L’heure est donc grave, et notre pays se trouve encore une nouvelle fois à la croisée des chemins.

Même si du côté de la majorité présidentielle on pavoise. Comme le confirme cette déclaration de la Codenoc, qui salue la démarche du président de la République.

La Coalition Démocratique pour une Nouvelle Constitution (CODENOC) salue ce qu’elle qualifie ‘’ d’exercice historique et pleinement démocratique…’’