Guinée : qui pourrait être derrière la destitution de Kéléfa Sall ?

septembre 16, 2018 1:33
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La destitution du président de la Cour Constitutionnelle par les membres qui l’ont élu à leur tête est un fait qui ne cesse de grandir en bruit et en tollé pour attirer tous les regards sur la Guinée, qui aura ses 60 ans d’indépendance pendant les préparatifs de cette célébration, que l’on veut grandiose et faste. En tout cas, la gouvernance actuelle veut se donner cette volonté, mais que des problèmes se dressent devant cette célébration.

Le plus prégnant de ces problèmes, le plus imposant, personne ne sait lequel, celui qui est flambant neuf est la destitution du président de la Cour Constitutionnelle. Toutes les supputations convergent vers l’homme de Sèkhoutouréyah, mais est-il le seul suspect ?

Le motif de cette destitution ne tient pas débout devant les Guinéens qui respectent la constitution de leur pays, d’autant que ceux qui ont voté cette motion de défiance se sont murés dans le silence, exactement comme le contrat de concession du port, qui a honte de se faire voir en public (contrat éreutophobe). Et comme le sévère maître de classe avait obligé Toto de reprendre sa récitation en le mettant en garde d’écouter les mélodies des sirènes révisionnistes, au pif, à tout casser, tous les regards suspicieux sont tournés vers qui de droit. Mais en justice, il est dit que mieux vaut disculper un coupable que condamner un innocent.

Si tous les indices et les supputations se dirigent droit sur l’opposant historique devenu président, celui-ci n’a jamais dit ouvertement qu’il veut d’un satané troisième mandat. Les Guinéens ont appris de Sékou Touré « qu’il faut juger un homme par ce qu’il dit et par ce qu’il fait ; si ce qu’il dit est contraire à ce qu’il fait, il faut le juger par ce qu’il fait ». Mais là, encore, rien n’est concret. Alpha Condé n’a jamais dit ouvertement qu’il veut d’un troisième mandat, même si les fait matériels sur le terrain laissent des doutes persistants. Même en religion, pour condamner un fait d’adultère, il faut avoir pris les fautifs sur les faits, certains disent avec au moins trois témoins. Pourquoi vouloir mordre à la grappe ?

Alpha Condé n’est pas pris sur les faits, même si la pratique sur le terrain l’accablent et peuvent le confondre, il lui reste une échappatoire : Les profiteurs de son pouvoir tapis dans l’ombre, et qui tirent maladroitement la ficelle, ne sont nullement mis à l’index. On a vu ce dont sont capables les coordinations régionales dans la nomination de ses différents ministres. Bangaly Camara, le DG de la police, avait dit qu’il soutiendrait le troisième mandat, c’est Alpha qui lui avait suggéré cela, ou c’était un excès de zèle ? Ne pas tenir compte des cas comme celui-là, c’est juger hardiment.

Avocat du diable cornu, dira-t-on, mais jusqu’à preuve du contraire, jusqu’a l’organisation du référendum, on ne croit pas aux apparences. N’a-t-on pas attendu jusqu’à ce que Dadis Camara ait manifesté son désir de se déshabiller pour se présenter pour lui signifier qu’il se parjurait ? Et lui avait dit qu’il était pris en otage par les soldats. Tel est le cas chez Alpha Condé ne pourrait pas être le cas avec Alpha Condé ?Dans ces eaux troubles, attendons de voir, avant de se jeter à l’eau, pour ne pas ne pas se mouiller. L’histoire condamne toujours ceux qui se jettent à l’eau sans se mouiller.

On n’y est pas encore, mais les Guinéens en ont assez d’être roulés depuis 59 ans. Le « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage », dont ils sont tantôt fiers, tantôt amères, trouvent là l’occasion d’être fiers. Ils préfèrent la liberté de respecter leur constitution que la voir tripatouillée. Le véritable garant de cette constitution est la Cour Constitutionnelle incarnée par maître Kéléfa Sall. Le porte-parole du RPG a déclaré que cela serait de nul effet, si les raisons de cette destitution étaient infondées. Pourquoi en faire tout un barda ?

Mais qui qu’il soit qui est à l’origine de cette affaire, il faut révoquer cette révocation !