Guinée: Sorel Keïta remet en cause les fondements juridiques de la nouvelle constitution

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Le changement de constitution opéré par le référendum du 22 mars dernier ne fait pas plier le CTG (Collectif pour la Transition en Guinée). C’est du moins ce que nous retenons d’un récent passage de Ibrahim Sorel Keïta, porte-parole de la structure dans l’émission « Sans Concession » de Guineenews.

Il ne faut surtout pas dire à Monsieur Keïta que c’est la constitution de 2010 pour laquelle le CTG et beaucoup de Guinéens prennent en compte ne s’applique plus dans les faits. Pour lui, il faut d’abord se poser la question de savoir « pourquoi elle n’est plus applicable ?». Et de répondre que « c’est par la volonté d’un homme, par la volonté d’un système que sa structure remet en cause parce qu’à partir du moment où on n’a pas de constitution digne de ce nom, parce que vous le savez bien, tous les juristes le reconnaissent, aujourd’hui il y a un vide constitutionnel ». Précisant que «je parle des juristes sérieux après les autres c’est leur affaire ».

Pour l’activiste et professeur de droit constitutionnel, «aujourd’hui, on est en Guinée face à un vide constitutionnel, donc un vide juridique. En fait, il y a zéro légitimité en Guinée. Monsieur Alpha Condé n’est plus président. Je lui ai dit déjà au mois de mars que s’il y avait de massacres, il y avait la responsabilité du chef par rapport aux massacres. Et aujourd’hui, au-delà de la responsabilité directe ou indirecte du chef, peu importe par rapport aux massacres, aujourd’hui il y a le fait qu’on n’ait pas de texte fondateur de la politique en Guinée. On n’a pas de texte fondateur de l’Etat de droit. Il n’y a pas de constitution. »

Insistant sur cette position, Sorel Keïta indique que « tout le monde le sait, la constitution publiée au Journal Officiel, donc la constitution en vigueur n’est pas celle qui a été soumise au suffrage des Guinéens. Ça c’est une réalité. (…) Donc aujourd’hui, c’est une réalité, il n’y a pas de constitution, il n’y a pas de fondement de la République. S’il n’y a pas de fondement de la République, il n’y a pas d’Etat, il n’y a pas de chef. »

Une opinion qui ne change pas chez M. Keïta en dépit de la réalité, qui remarque-t-on, est au-delà des principes. «(…) Mais convenez-avec moi que d’abord ce sont les principes qui comptent. Que dans tout Etat normal, ce sont des règles, c’est des lois, c’est des textes, c’est des principes. Tout Etat normal fonctionne d’abord avec les principes parce que ce sont les principes qui sont censés êtres appliqués», soutient-il.

Arguant à propos de la réalité qui s’impose que «(…) c’est une réalité de type dictatoriale. C’est un homme qui décide, avec un système, avec des gens plus ou moins médiocres (…)».