Riposte économique au COVID-19: Un économiste conseille l’Etat d’anticiper sur les risques…

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Pendant que le monde intègre le soutien à l’économie dans son plan de riposte au COVID-19, le gouvernement guinéen se fait attendre. La baisse du prix du carburant à la pompe intervenue le mardi est perçue par endroits insuffisante d’autant plus le prix du baril est tombé à plus ou moins 20 dollars en début de semaine sur le marché mondial.

En décrétant « l’Etat d’urgence sanitaire » la semaine dernière et conscient de l’impact que les mesures prises auront sur les activités, tous secteurs confondus, le président de la République annonçait un soutien l’économie national.

« J’ai instruit le Premier ministre de me proposer un plan de riposte économique susceptible de soutenir notre économie et aider le secteur privé à absorber les chocs induits par le ralentissement prévisible de l’activité économique. »

Seulement, dans les faits, ce « plan de riposte économique » se fait attendre. Surtout que la baisse du prix du carburant n’est intervenue qu’après la réduction drastique du nombre de passagers dans le transport en commun. Une mesure qui a suscité d’ailleurs des remous notamment à Conakry où des travailleurs du secteur ont désapprouvé la mesure gouvernementale qui n’était pas suivie de la baisse du prix du carburant.

Conséquence, le prix du litre à la pompe est fixé à 9000 GNF, contre 10 000 mille auparavant. Une réduction de 10% diversement appréciée selon qu’on soit du côté des gouvernants ou des populations. Mais dans un entretien téléphonique accordé à Guineenews sur le sujet, l’économiste Dr Mamoudou Touré, exclut tout amalgame. Intraitable sur le principe lié à la flexibilité des prix des hydrocarbures, l’économiste soutient mordicus que « cette réduction décidée par le gouvernement n’est pas forcément une mesure d’accompagnement ». Estimant auparavant que « l’Etat était dans l’obligation de baisser les prix… », face au prix qui ne fait que dégringoler à l’international.

La mise au point faite, l’expert invite l’Etat à prendre ses dispositions pour ne pas que ce soit les populations qui paient, seules, le prix des mesures prises.

« Il ne faut pas que la pilule soit trop difficile à avaler. Sinon, c’est difficilement acceptable pour les populations », prévient-il. Et de proposer des pistes de solution à l’Etat, qui, enseigne-t-il, « doit rassurer le secteur économique. »

Parmi les pistes de solutions qu’il propose, il y a : l’allègement de l’impôt pour les entreprises et le congé fiscal, entre autres. « L’Etat peut également penser à un fonds qui puisse permettre aux entrepreneurs de faire face aux charges régulières. »

Il a également suggéré de prendre en compte l’aspect alimentaire. Dans ce sens, « l’Etat doit continuer à maintenir la chaîne d’approvisionnement en intrant pour les agriculteurs, les éleveurs. Et réfléchir sur l’élevage à cycle court pour permettre d’avoir accès à la viande comme la viande de volaille par exemple. »

Insistant sur l’aspect alimentaire, il préconise que « ce qui se produit soit accessible et l’accélération de l’opérationnalisation de l’ANIES (l’agence Nationale d’inclusion économique et sociale…) »

Dans sa logique, l’expert encourage les autorités à faire dans l’anticipation. Pour, conseille-t-il, « éviter que la crise sanitaire ne se mue en crise sociale en passant par une crise économique. »