Guinée : un ex-ministre d’Alpha Condé, opposé à son 3è mandat, demande une Transition

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 « Il (Alpha Condé, ndlr) ne peut pas prendre la décision d’engager l’avenir de Guinée en direction du chaos. Personnellement, je ne peux pas l’admettre, s’il faut que je laisse ma vie, je le ferai… »

Le Mouvement de Dignité et de Respect du Peuple de Guinée. C’est un mouvement citoyen que dirige désormais l’ancien ministre de l’Unité National et de la Citoyenneté Khalifa Gassama Diaby. C’est chez nos confères de HADAFO médias qu’il a choisi ce lundi 5 octobre pour faire l’annonce.

Devant l’impasse politique dans laquelle se trouve le pays, l’ancien ministre Gassama Diaby plaide clairement en faveur de l’instauration d’une transition en Guinée.

Pour lui, le chef de l’Etat Alpha Condé doit renoncer à sa candidature. «ll faut élargir les choses, il faut une pause dans ce pays, il faut une transition. Je le dis très clairement, il faut une transition. Il faut que le chef de l’Etat renonce à sa candidature. Il ne peut pas prendre la décision d’engager l’avenir de Guinée en direction du chaos. Personnellement, je ne peux pas l’admettre, s’il faut que je laisse ma vie, je le ferai. Il faut qu’on respecte ce pays, on ne peut pas accepter que les individus décident d’engager le destin de tout un peuple parce qu’on a le pouvoir, on a la force et on a l’argent. Trop, c’est trop », a-t-il déclaré.

Interrogé sur sa perception de la vie politique en Guinée, Kalifa Gassama dira ceci : « cette chose qu’on appelle l’Etat en Guinée est à bout du souffle. Il n’est plus capable de servir et de garantir l’intérêt général en termes de paix, de stabilité, de progrès et de prospérité. Aujourd’hui, il n’y a plus d’administration, il n’y a plus d’Etat, tout le monde est en campagne. Il n’y a aucune différence entre ceux qui peuvent s’engager politiquement et ceux qui doivent servir le peuple et l’intérêt général (…) On n’a pas besoin d’être un savant pour savoir si on ne fait pas les choses normalement, il ne faut pas s’attendre à un résultat différent (…). Il faut que les Guinéens se préparent à dire stop à ce système politique général et à cette gouvernance qui n’est plus capable de garantir aux Guinéens un environnement de paix (…). Il faut être aveugle pour ne pas constater que le pays part à vau-l’eau. Il y a plus de 12 millions de guinéens, nous n’allons pas rester bras croisés pour qu’on nous amène à l’abattoir. Si le peuple ne bouge pas, c’est parce qu’on ne l’a pas proposé une alternance crédible qui rassemble les Guinéens (…) »

Et de poursuivre : « je suis convaincu que ce peuple va bouger bientôt. Je suis déterminé comme je l’ai toujours fait depuis que je suis né. Je vais m’engager avec un mouvement qui va réclamer qu’on respecte ce peuple et cela commence dès aujourd’hui. Nous nous opposons à ce processus électoral présidentiel. Ce mouvement n’est pas un mouvement politique dans le sens des partis politiques pour la conquête du pouvoir. »

Très remonté, l’ancien ministre de Alpha Condé soutient qu’il ne se laissera plus et il ne permettra plus que les Guinéens soient pris pour des moutons de panurge et qu’ils soient traités comme des gourdins. « Ce mouvement n’est pas un mouvement politique, c’est un mouvement citoyen et il est absolument neutre, pas moralement mais de façon structurelle et impartial. J’appelle à tous les patriotes Guinéens de quelque bord qu’ils soient, qu’ils acceptent de mettre la Guinée au-dessus de leurs intérêts particuliers. J’appelle tous les Guinéens de Conakry à Yomou, à toute la jeunesse guinéenne qu’une affaire d’élection est de l’arnaque et un piège dans ce pays. Quand on aura fini les élections, on retrouvera les mêmes problèmes », a-t-il dit.