Guinée-Zimbabwe: pourquoi ces relations diplomatiques tardives?

novembre 7, 2018 7:03
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Mieux vaut tard que jamais. Dans les années 1965-68, on entendait souvent Sékou Touré  fustiger avec véhémence les régimes racistes de Ian Smith de la Rhodésie du sud et celui de Peter Botha d’Afrique du sud. A la libération du Zimbabwe, en 1980, beaucoup s’attendaient à l’imminence de l’établissement des relations diplomatiques entre la Guinée et le Zimbabwe, rien n’y fit, Mugabe était-il venu à Conakry ou Sékou à Harare, on n’a pas souvenance, pourquoi ?

En ayant à une ou deux affirmations de Sékou Touré : « Je n’ai jamais été communiste » et « ma parole n’est pas une montagne à déplacer » ces déclarations ont été faites après 1980, c’est-à-dire après le changement d’orientation politique (Offensive diplomatique), on peut dire que le Responsable Suprême de la Révolution était fatigué de jouer les révolutionnaires, d’autant que cette offensive diplomatique ne l’avait conduit que dans les pays occidentaux, à moins qu’on ne se trompe. Donc, le Zimbabwe était venu au moment où la Guinée avait raccroché les crampons de la Révolution. On a entendu peu de choses entre ces deux pays.

En 1981, en Allemagne, on était avec un jeune Zimbabwéen de 19-20 ans, du nom de Joe Schadruk, le premier et le seul Zimbabwéen à avoir une bourse de formation en RDA. Il était plus attentionné, plus bichonné par les Allemands que les Guinéens, dont le président « avait dirigé le pays depuis son indépendance avec une absolue autorité ». Venant des officiels d’un pays socialiste ami, c’est de l’insolite. Nitre réaction était à la hauteur du discrédit. On a une belle histoire, à ce sujet…

Doncpour les Allemands, pour que Joe soit bien formé, ils l’ont envoyé à Erfut, la dernière ville de la RDA et frontalière avec la RFA. Le comble, aucun habitant de Erfut n’avait vu un nègre-noir, auparavant. Le but pédagogique était de l’isoler au milieu des Allemands pour lui permettre de vite comprendre la langue, c’était loupé. Le garçon fut si effarouché par la curiosité et l’intéressement agaçant des populations qu’il s’enfermait dans sa chambre après les cours avec les disques de Bob Marley. L’album « Survival » de Bob venait de sortir.

 Schadruk avait plus de six mois d’avance sur nous en Allemagne, mais il ne parlait pas mieux que le nigaud d’entre nous, mais ce n’était pas ça le plus curieux, les Guinéens ont été désappointés que Joe Schadruk n’ait pas montré un signe de subjugation quelconque d’être en leur compagnie, d’ailleurs, it n’avoir jamais entendu parler de la Guinée…

Le Bloc socialiste avait-il pas détourné le regard de Mugabe de Sékou Touré, qui n’était plus un exemple ni un modèle de révolutionnaire à suivre, la question peut se poser, à présent. La seconde question restera de savoir si Sékou avait vécu jusqu’à la libération de Nelson Mandela, qu’allai-il se passer entre les deux hommes, un coup de froid comme avec Mugabe ?

Depuis, beaucoup de choses ont changé. Le camp socialiste a repris de la couleur, et retenez votre souffle : Alpha Condé est rouge, même s’il a choisi le jaune. Mnangagwa est tout rouge, il ne s’en cache même pas. On se souvient que quand Grace Mugabe avait obtenu sa destitution, la rumeur dit qu’il s’était carapaté vers Pékin. Alpha, s’il avait la possibilité d’être à Pékin tous les jours, il n’y manquerait. Et l’urgence donnée à cette venue en Guinée n’est point fortuite.

 Le nouvel axe Afrique-Chine a besoin se fioritures. Au Togo, la langue chinoise est dans le programme de l’enseignement, mais ce serait plus coûteux pour la Chine de vulgariser sa langue à tous les continents que de former ses propres coopérants à d’autres langues, mais bon….

Ce nouveau club, le leader sera celui qui sait mieux faire voir les investissements chinois plus faramineux et les plus colossaux ? On dit que Mnangagwa s’est montré éblouis et enthousiaste devant le site de Souapiti. L’axe Afrique-Chine se matérialise, se renforce et s’élargit plus que jamais, en plus de l’International Socialiste. C’est pour cela que le président zimbabwéen était venu  Conakry établir un pont diplomatique, quelques mois seulement après avoir déposé le ‘’Vieux’’ Mugabe. Si nos voyances sont justes, Joao Lourenso ne tardera pas à être vu à Conakry. On peut aussi se tromper.