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    Hadja Mariama Kankalabé : de  l’enseignement au journalisme, un parcours, une aventure

    Votre quotidien électronique Guineenews a rencontré Hadja Mariama Kankalabé Baldé, journaliste à la RTG au service langues nationales (Pular) de l’émission Kibaro.

    Dans une interview à bâtons rompus dans les locaux de la RTG, l’invitée encore plus ardente qu’avant, éloquente, s’est prêtée aux questions de Guineenews.

    Hadja Mariama Kankalabé Baldé, à partir de son Dalaba centre, nous fait découvrir son parcours scolaire et universitaire. Très tôt dévorée par l’envie d’être pilote de ligne au compte de l’armée de l’air, la volonté des parents s’est imposée et pour  leur apitoiement, voilà que la grande dame cède.

    Volatilisé, ce rêve sera consumé au profit d’un diplôme, de l’Ecole Normale d’Instituteur (ENI de Macenta).

    Après 11 ans de services au compte de l’Éducation nationale en qualité de chargée de cours d’Histoire et de Géographie, une contrainte candidature a conduit notre Hadja à la RTG. Retenue après plusieurs tests de sélections, Hadja Mariama Kankalabé devient présentatrice attitrée de l’émission, ‘’Kibaro ‘’, de la RTG.

    Encore opérationnelle de nos jours, après 37 ans de service à la RTG, découvrez le secret du parcours de cette présentatrice, ses bons et mauvais souvenirs, qui sont les moindres détails dans cette interview.

    Hadja Mariama Kankalabé plus loin, nous dévoile ses ressources financières qui sont diverses, et lègue des conseils à la jeune génération en concluant ceci «  accepter la formation, respecter les aînés, les chefs et les riches » conseils qu’elle tire de son défunt père.

    Elle est Hadja Mariama Kankalabé Baldé, née à Dalaba centre, originaire de Kankalabé, précisément de Dankolo Balaya Bhè, elle est fille de feu Malal Baldé et petite fille de feu Thierno Aliou Balayanké. Mariée, Hadja Mariama Kankalabé est mère de deux (2) filles, dont une (1) vivante.

    Notre invitée a fait ses études primaires à Kankalabé pour ensuite passer son examen d’entrée au collège à Dalaba centre. Transférée par son père à Conakry au collège de Donka, elle effectue ses études secondaires simultanément dans ce collège et à Bonfi d’où, elle va faire une partie du Lycée et finalement obtenir son bac au lycée de Coléah. Ensuite, Hadja Mariama Kankalabé sera orientée à l’école normale des instituteurs de Macenta.

    Admise à l’examen de sortie après trois (3) ans de formation, à cause de sa polyvalence en sports (basket Ball, volley Ball, hand Ball….. sauf la natation et le football), elle sera affectée et maintenue à Macenta au CER 2ème et 3ème cycles de Ouezin Coulibaly, en qualité d’enseignante chargée de cours d’Histoire et de Géographie.

    Plus tard, elle se verra confier la Direction du service des examens de Macenta à cause de la mobilité de l’occupant du poste, qui était secrétaire général de la JRDA de l’époque.

    Hadja Mariama Kankalabé qui a prouvé son efficacité dans l’exercice de toutes les fonctions qui lui ont été confiées,se retrouvera finalement à la tête du Centre de Promotion Féminine de Macenta, qui relevait à l’époque de la Direction Régionale de l’Education.

    Après onze (11) ans de services bien rendus à Macenta, Hadja Mariama Kankalabé à sa propre demande sera mutée à Conakry au compte de la Direction régionale de l’Education de Conakry 2 à l’école du centre 2 de Dixinn. Lisez l’interview !

    Guineenews : un parcours d’enseignant non moins truffé de succès qui finalement sera surplombé par cette nouvelle profession de journaliste, qui ne vous laissera pas inaperçu aux yeux de nombreux admirateurs. Comment en êtes-vous arrivé là ?

    Hadja Mariama Kankalabé : c’est justement quand je fus affectée à Conakry, à travers un communiqué radiodiffusé sur les ondes de la RTG,mon Directeur d’école du nom de Barry Thierno Amadou en correction du bac à l’école du 2 août, a dépêché plus de cinq commissions pour me faire venir.

    C’était un communiqué qui concernait le recrutement des speakerines à la RTG. Et tout au début, je n’étais pas du tout intéressée.Il a fallu une pression de sa part en tant que chef, pour obéir à sa demande.Il me fera une correspondance qu’il adressera à El hadj Gaoussou Diaby et Amadou Diouldé Diallo qui, malheureusement étaient en déplacement pour des reportages sportifs. C’est ainsi que Dieu m’a conduit dans le bureau de feu El hadj Siaka Sylla qui était le Directeur des programmes et qui s’entretenait ce jour avec l’ex Directeur de la Radio feu Fodé Cissé. Après la présentation, ils m’affirment que la liste était close. Du coup, étant forcée de me présenter à ce concours, j’ai tout de suite tourné les talons vers la porte de sortie. Le destin joua son rôle et je fus rappelée par feu El hadj Siaka Sylla, qui m’a néanmoins inscrit sur la liste en me demandant de suivre les résultats à la radio. C’est le même Directeur d’école Mr Barry Thierno Amadou qui m’annonçait la nouvelle. J’ai été retenue sur la liste des candidats. Après plusieurs sélections, j’ai finalement été recruté pour servir au niveau de la section des langues.

    Guineenews : à vous entendre parler, ce n’était pas votre souhait d’atterrir dans ce métier de journaliste. Qu’aviez-vous aimé être depuis votre tendre enfance ?

    Hadja Mariama Kankalabé : c’est une très belle question. Avant d’intégrer l’école nationale des instituteurs, j’avais toujours rêvé d’appartenir à l’armée de l’air et de servir en qualité de pilote de ligne (MIG). Au niveau du bac, je me suis inscrite sur la liste des candidats qui devraient passer le concours à propos. Après toutes les visites médicales qui étaient en ma faveur, ils nous ont demandé d’aller informer les parents. C’est cette instruction qui m’a déviée de mon rêve car, arrivée à Kankalabé au vivant de mes parents, au vu de mes dossiers, mon père m’a répondu en ces termes «Il n’en n’est pas questions ».Il a aggravé la situation en face de ma mère qui, a pleuré toute la semaine. J’ai donc abandonné ce projet au profit de l’école normale des instituteurs de Macenta.

    Guineenews : pouvez-vous relater votre parcours au sein de la RTG ?

    Hadja Mariama Kankalabé : comme je vous l’ai dit auparavant, suite aux différents tests d’évaluations, en compagnie de plusieurs autres, nous avons été admis pour une formation au studio école pendant deux (2) ans. Il n’était pas question en ce moment de franchir banalement les portes d’un studio. La rigueur y était et nous avions eu comme formateurs chef Odilon Théa, feu El hadj Alpha Soumah, madame Foly Ayoko, son excellence Mamady Condé, qui d’ailleurs a ajouté ‘’Kankalabé’’ à mon nom. J’ai été personnellement mise à l’œuvre, lors d’un direct en langue nationale pour la publicité d’un produit. Finalement, feu M’Baye Diagne ‘’Black’’ en a fait de mon passage un spot publicitaire. C’est ainsi que j’ai gravi les échelons pour être présentatrice attitrée des émissions en langue nationale pular. 

    Guineenews : près de 37 ans de loyaux services rendus à la nation au sein de la RTG. C’est un élogieux parcours dont vous continuer à exercer et qui certainement vous fait retenir de beaux et mauvais souvenirs. Pouvez-vous nous en relater les plus marquants ?

    Hadja Mariama Kankalabé : oui, j’en ai pleins dans la corbeille dont je retiens aujourd’hui sur le plan et de l’éducation nationale et au niveau de la RTG.

    Guineenews : Hadja Kankalabé, pouvons-nous nous contenter de ces souvenirs seulement vécus au niveau de la RTG ?

    Hadja Mariama Kankalabé : mon plus beau souvenir, c’est quand une lettre d’invitation a été adressée à mon Ministre d’alors, Monsieur Justin Morel Junior, afin de présider à Guéckedou un séminaire organisé par la jeunesse de ladite préfecture. Étant empêchée par la retraite du gouvernement de Monsieur Lansana Kouyaté à Bel air (Boffa), je fus officiellement désignée par mon Ministre pour le remplacer à ce séminaire. Cet acte pris avait dérangé de nombreux de la hiérarchie de l’époque. Ce fut une grande fierté pour moi et un souvenir qui me restera toujours.

    D’autres beaux souvenirs me reviennent et font ma fierté. J’ai été décorée par feu Président Général Lansana Conté par le biais de l’ex Ministre Ibrahima Keira. Une autre décoration est venue de la part de mon ex Ministre Hadja Aissatou Bella Diallo. J’ai un autre beau souvenir inoubliable. C’est le jour quand je fus appelé publiquement au palais du peuple, pour assurer la traduction en direct du discours du Président Professeur Alpha Condé. Ces faits continueront de me marquer le long de ma vie.

    Le plus mauvais souvenir c’est quand un jour, je suis arrivé à la RTG et suite au test d’évaluation de la fonction publique, un des chefs d’alors m’a dit « Madame, vous ne devez plus travailler à la RTG…». Avec une insistance qui ne disait pas son nom, il m’avait jeté cette mauvaise nouvelle avec fracas sur la figure. Je suis sortie de la RTG et pendant cinq mois, je n’ai pas foutu pied. D’après des explications qui m’ont été rapportées, mon nom ne faisait partie ni des  listes de ceux qui ont échoué, qui sont à former et qui sont admis. Par la suite, feu Président Lansana Conté a appris à Nongo Conteya à travers une famille, ma radiation de la fonction publique. C’est ainsi qu’il a ordonné auprès de ce chef,ma réintégration malgré tous les défauts que cet autre avait mis sur mon dos.C’est l’occasion pour moi de remercier ici, tous ceux qui, en ces moments de peines, ont déploré à mes côtés cet injuste état de fait.

    Un autre mauvais souvenir, c’est quand on m’a refusé un logement administratif à Boulbinet. Cela m’a fait très mal et cet acte m’a beaucoup fâché.On dit le plus souvent, ‘’à quelque chose, malheur est bon’’ et c’est d’ailleurs suite à cela, que j’ai eu la force, la motivation de me trouver un lopin de terre à Conakry et Alhamdoulilah, je suis chez moi par la grâce de Dieu.

    Guineenews : du coup, on a envie de savoir d’où tirez-vous vos ressources financières ?

    Hadja Mariama Kankalabé : je vis de la baraka, je vis de la bénédiction de mes parents. Je vis surtout de mon salaire de la RTG, sans oublier que ma fille qui vit à Londres me vient le plus souvent au secours. J’ai une partie de ma maison qui est en location et c’est une autre source financière qui me permet de vivre décemment (rires). Grâce à Dieu je ne me plains de rien et mon mari aussi participe efficacement à l’équilibre de la vie de famille.

    Guineenews : aujourd’hui sur la lucarne joyeuse de la RTG, précisément dans l’émission ‘’Kibaro’’, nous assistons à l’éclosion de nouveaux talents de journalistes présentatrices. Quels conseils aviez-vous à léguer à cette jeune génération qui emboite vos pas ?

    Hadja Mariama Kankalabé : c’est un peu difficile à dire. Vous savez pourquoi ? À notre époque, c’est le travail tout simplement qui était mis devant et ce n’était pas un problème pécuniaire. Qu’ils m’excusent car, il y en a de bons comme de mauvais. Il y en a parmi eux, même quand tu dis bonjour, ils vont te demander «  tu me donnes combien ? ».

    Ce que je dois conseiller à cette jeune génération, c’est de prendre le travail au sérieux. Je recommande à tout un chacun d’ouvrir les oreilles, fermer les yeux, fermer la bouche et faire son travail. L’argent là c’est bon et quiconque te dit qu’il n’aime pas l’argent, il a menti. L’ambition est très bonne et celle démesurée est mauvaise. Il faut que la jeune génération accepte la formation qui est primordiale, ensuite accorder du respect aux aînés et aux chefs. Mon défunt père (paix à son âme) me disait qu’il ya 3 personnes qu’il faille respecter obligatoirement dans la vie : le chef, le riche et le sage.

    Entretien réalisé par LY Abdoul pour Guineenews.

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