Hadja Raby se souvient de Henriette Conté : «… Je la vois encore couchée par terre pour nous demander pardon… »

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Les témoignages se multiplient après l’annonce de la mort subite de l’ancienne Première dame, Henriette Conté hier nuit à Conakry. La présidente du Conseil économique et social (CES), Hadja Rabiatou Sérah Diallo, garde de beaux souvenirs de la défunte. Témoignages !

« Tout d’abord, j’adresse toutes mes condoléances à tout le peuple de Guinée sans exception et singulièrement à la famille éplorée. Je pense que tout le monde doit prier pour Mme. Henriette Conté et la porter dans son cœur. Parce qu’elle a prouvé à l’opinion publique qu’elle aimait son mari qu’elle l’adorait d’ailleurs. Je me rappelle encore quand elle désignait son époux par l’expression ‘Khamè könyikouyé’, ( l’homme au long cou, traduit en soussou, ndlr). Tellement qu’elle aimait son mari.

Malgré qu’elle n’ait pas fait d’enfants, elle a pensé que tout le peuple de Guinée avait besoin de son apport pour la paix, pour la prospérité. Et elle œuvrait dans ce sens auprès de tout un chacun. Elle demandait pardon à chacun. Je me rappelle encore des évènements de 2006 et 2007 quand elle nous a invités à son domicile. Quand on est arrivé, elle s’est couchée par terre pour nous demander pardon, pour implorer le pardon de toute la Société civile, de voir la Guinée en face et de privilégier la République de Guinée. Elle a continué à œuvrer dans ce sens. Même le jour de notre arrestation, c’est elle qui a pu faire fléchir son mari, qui nous a emmenés au camp. Je la revois encore adossée à la table-à-manger, les larmes aux yeux, nous regardant de temps en temps, regardant aussi son mari de temps en temps. Donc, elle a pu jouer ce rôle, que ce soit avec les femmes, les jeunes, les religieux, elle a pu jouer ce rôle. Sans attendre que son mari le lui demande, dès qu’elle se rend compte que ça ne va pas quelque part, elle prend le devant, interpelle les uns et les autres, interpelle son mari qui aimait aussi l’écouter dans les moments difficiles. Et chaque fois que celui-ci est passé à côté, il a eu des problèmes. Donc, je pense que c’est une personne qui ne doit pas être oubliée. Cette personne que nous devons porter dans notre cœur et pour qui nous devons prier pour que Dieu lui ouvre toutes les portes du Paradis ».