Hadja Saran Daraba : comment est née la société civile guinéenne ?

août 17, 2018 9:43
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Alors que ses faiblesses actuelles font parfois oublier ses prouesses d’antan, la société civile guinéenne peut compter sur le soutien de ses précurseurs. En tout cas, l’un de ses précurseurs en l’occurrence hadja Saran Daraba Kaba. Si elle n’hésite pas à monter au créneau en faisant l’autocritique de la société civile guinéenne, l’ancienne Secrétaire générale de l’Union du Fleuve Mano ne se prive pas non plus de la défendre des attaques de ses détracteurs.

«Quand vous n’avez pas fait grand-chose pour arriver à un résultat, vous n’êtes pas en bonne position  pour critiquer ceux qui ne sont pas arrivés», a-t-elle dit ce vendredi en conférence de presse alors qu’elle répliquait à un journaliste qui a accusé la société civile guinéenne de n’avoir pas joué pleinement son rôle. Poursuivant, elle est revenue un peu sur l’histoire du mouvement de la société civile en Guinée.

Selon l’ancienne ministre des Affaires Sociales, Hadja Saran Daraba l’histoire de la société civile guinéenne a pour repère l’année 2001. A l’époque, se souvient-elle, c’est le président Lansana Conté qui a demandé de créer la société civile. « L’honorable Michel Kamano est mon témoin », indique-t-elle.

Si feu général Lansana Conté avait demandé la création de la société civile, c’est parce qu’il a été invité par son homologue d’alors, feu Ahmad Tejan Kabbah, à faire venir la société civile guinéenne à une réunion à Freetown.

«Lorsque la société civile de la Sierra Leone se réunissait, le président Tejan Kabbah a demandé au président Lansana Conté de faire envoyer une délégation de la société civile guinéenne. Le président Conté a demandé à Michel Kamano c’est quoi la société civile ? Michel Kamano lui a dit : pourquoi vous posez cette question, Président ?  Il lui a répondu en disant c’est parce que Tejan Kaba m’a appelé pour dire il faut que la société civile aille à Freetown, mais il a nommément cité Hadja Saran Daraba, entre autres ».

Le président Conté avait alors demandé d’appeler Hadja Saran Daraba pour savoir qui peut partir pour représenter la société civile guinéenne en Sierra Leone. « Michel Kamano m’a alors appelé pour me dire : grande sœur, il paraît que la société civile se réunit à Freetown et le président veut que la société civile guinéenne soit présente. Alors, je lui ai dit  que je connais le mouvement de la société civile en Sierra Leone. Il est composé d’ONG,  du conseil interreligieux, des médias, des syndicats, notamment le syndicat des enseignants… », a rappelé l’ancienne Secrétaire générale de l’Union du fleuve Mano et fondatrice du REFMAP (Réseau des femmes du Mano River pour la Paix).

Si Lansana Conté a été celui qui a incité la création du mouvement de la société civile, il a été également – en tout cas jusqu’ici –  celui qui a subi les plus violentes contestations de cette société civile en 2007 et qui ont fait vaciller son régime.