Hadja Saran Daraba sur les propos controversés de l’imam de Kindia

août 18, 2018 1:35
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« On a vu Kindia protester parce que Oyé Guilavogui n’a pas été nommé »

Le dérapage de l’imam de Kindia a fait l’objet d’une question à la conférence de presse co-animée vendredi par le président de l’African Crisis Group Sékou Kouréissy Condé et des responsables d’organisations de la société civile.

Pour Hadja Saran Daraba, fondatrice du REFMAP (Réseau des femmes du Mano River pour la Paix), la préoccupation des Guinéens devrait aller au-delà des propos de l’imam. Puisque, estime-t-elle, nous vivons aujourd’hui dans une société ethnicisée. « Quand tu lis les sites guinéens, tu as honte. On y parle que de l’ethnie… Tous les partis politiques sont à base ethnique ou régionaliste. On a vu ça, on a accepté », estime l’ancienne secrétaire de l’Union du fleuve Mano.

« Qu’est-ce que nous avons fait ces 20 dernières années pour que nos partis aillent au-delà des régions d’origine…? », a-t-elle interrogé.

« Aujourd’hui, on se préoccupe d’un propos de Paul ou de Pierre. Quand vous dites originaire de Kindia…On a vu Kindia protester  parce que les gens ont pensé qu’on a fait du tort à Oyé Guilavogui en l’enlevant du gouvernement. C’est Kindia qui a manifesté et non Macenta. Pourtant, Oyé est Toma. L’hôpital de Kindia porte le nom de Dr Diallo, le père d’Hadja Halimatou Diallo », a souligné Hadja Saran Daraba.

Pour l’ancienne ministre des Affaires sociales, toutes les grandes villes de la Guinée sont aujourd’hui cosmopolites. Elle a notamment cité Kindia, Mamou, Conakry et  N’zérékoré. « Il faut qu’on fasse très attention, nous avons un fondement de la République qui est multiethnique, multiracial, multiconfessionnel. Nous avons hérité d’une République qui est au-delà des barrières ethniques, religieuses et régionales. Ne retournons pas en arrière en retournant le couteau dans la plaie pour des raisons politiciennes… J’ai comme l’impression, et je suis la seule qui la proclame, que notre pays est butin à se partager. Et ça, franchement, la société civile ne devrait pas l’accepter », a-t-elle sermonné.