Hausse de la césarienne à Labé : entre fonds de commerce pour les médecins et nécessité vitale pour les patientes

janvier 15, 2019 12:56

Depuis quelques années, la césarienne a tendance à voler la vedette à l’accouchement naturelle dans les structures sanitaires. C’est en tout cas la réalité qui prévaut à la maternité  régionale de Labé où, selon les responsables, entre 80 et 100 césariennes sont enregistrés  par mois.

D’après Dr Fatoumata Binta Barry, médecin chef de la maternité régionale de Labé, il y a une moyenne de 80 à 100 cas de césariennes par mois. « Ici à l’hôpital régional, ce qui est pris en charge c’est la CPN (consultation pré-natale). C’est-à-dire le suivi de la femme au cours de la grossesse; la césarienne aussi est prise en charge. On nous met un kit césarien en place. Mais des fois, ce kit n’est pas au complet. Il y a des médicaments qui manquent. Et quand les médicaments manquent alors qu’on a affaire  à une vie humaine on est obligé de prescrire le reliquat pour la prise en charge. Mais la direction et l’État font le maximum pour mettre les kits à disposition. Mais ce qui n’est pas disponible, on est tenu obligé de le prescrire. Parce qu’on ne peut pas blaguer avec la vie humaine », précise-t-elle.

Si on se fie aux statistiques disponibles avec un pourcentage de plus de 80% de césariennes par mois à l’hôpital régional de Labé ont peut facilement en déduire que la plupart des femmes à terme préfèrent la césarienne en lieu et place de l’accouchement naturel. Une option réfutée par le médecin chef de la maternité de Labé qui parle de nécessité qui primerait sur le choix de la patiente.

«La césarienne, on le fait quand il y a indication. S’il n’y a pas d’indication, on ne fait pas la césarienne bien qu’il y ait des césariennes de convenance ou la femme choisit d’accoucher par césarienne. Si vous comparez le taux de mortalité avant et le taux de mortalité actuel, vous trouverez une nette baisse. La césarienne fait partie des actes qui démunie le taux de mortalité maternelle et infantile. Parce que quand il y a souffrance fœtale, on est obligé d’intervenir pour sauvez le fœtus. Et si c’est du côté maternel, il y a des saignements où il y a une disproportion, on est obligé d’intervenir pour sauver la maman et l’enfant», a déclaré Dr Fatoumata Binta Barry.

Il faut signaler par ailleurs que la décision gouvernementale rendant gratuite la césarienne souffre depuis toujours d’un manque d’accompagnement complet. En dehors de la décision, aucun moyen matériel n’est fourni pour faciliter l’applicabilité de cette mesure dans les structures sanitaires. Ainsi, on assiste souvent à des conflits entre médecin et patient.