Hommage à l’artiste feu Youssouf Bah de l’orchestre Bembeya Jazz National

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Auteur : Ly Abdoul.

12 juillet 2015 – 12 juillet 2019, 4 ans depuis le rappel à Dieu de Youssouf Bah ‘’ Youyou’’, ex enseignant, artiste, chanteur compositeur des Sofas de Camayenne, du mythique, emblématique et légendaire Bembeya Jazz National.

Un autre mois de juillet pointe avec sa douleur. Depuis quatre ans, un désormais inoubliable septième mois de chaque année et une date nous rappelle de tristes moments. C’est un amalgame de dates significatives. Contraint de prioriser ce 12 juillet 2015 face à plusieurs autres dates qui marquent des jours de naissances dans notre famille, nous souhaiterons néanmoins joyeux anniversaires à notre frère Saikou LY, à notre bien aimée fille Seidi LY et son homonyme, à nos nièces Aissatou LY, Rouguiatou Diallo et à notre petite fille Chayna.

12 juillet 2015 – 12 juillet 2019, il y a de cela 4 ans que Youssouf BAH ‘’YOUYOU’’ fut rappelé à Dieu.

Inattendue et douloureux dimanche, fut bien celui de ce 12 juillet 2015.

C’était un dimanche de larmes, un dimanche sans armes contre cette mort fatale, qui s’était illustrée pour s’encrer désormais dans notre mémoire. Notre mémoire qui retiendra à jamais, la date et l’heure sur cette pendule aux aiguilles qui, tournant aux environs de 3 heures du matin, sans pourtant savoir qu’elle égrainait et finalement décomptait en date, heure, minute et seconde, la vie de cet homme. Ainsi dit, Dieu a donné Dieu a repris.

Né en 1954, fils de feu El hadj Hassane et de feue Hadja Kanké Camara, Youssouf Bah ‘’Youyou’’ ex enseignant, artiste, chanteur compositeur des Sofas de Camayenne, du mythique, emblématique et légendaire Bembeya Jazz National, s’en est allé ce jour en nous laissant dans une consternation sans nom. Il n’aura vécu que 61 an.

Mon frère, mon ami, mon confident permet nous ce soir de serrer ce micro comme tu savais le faire, pour te rendre encore hommage. Le cœur meurtri irrite notre plume. Notre état d’âme affecté nourrit l’inspiration et devant ce carnet aux feuilles toutes blanches, défilent et glissent aisément ces lignes, qui nous reviennent en souvenirs du temps passé en ta compagnie aux moments de peines et de bonheur.

Sais-tu cher Youyou que nos larmes reviennent à tout moment et coulent sur nos joues quant nous réécoutons tes compositions musicales ?

Sait-tu que la tristesse nous domine au bout du fil en échange téléphonique avec ta courageuse, pieuse épouse Kadiatou Stephen la ‘’Sté’’ ?

La consternation est aussi à son comble et nous gagne à chaque rencontre avec tes héritiers, pleins d’affections pour toi et qui aux simples vues, nous font réapparaître ton visage car, ce sont tes photocopies conformes.

Par ailleurs, il faut noter qu’à chaque visite rendue à ton chef d’orchestre Jean Baptiste Williams, directeur national de la culture, bien que plusieurs sujets soient souvent débattus, nous dirigeons et couronnons la plupart du temps nos conversations sur ta personne.

Ah ! Que ce chef d’orchestre des guerriers aux sabres a une incalculable estime pour ta personne. Il croît en tes qualités de chanteur orchestre, d’interprète hors-pairs et de compositeur chevronné.

A travers lui, pleins d’anecdotes filtrent pendant nos rencontres. C’est bien lui qui t’a initié à la musique. Ton premier penchant pour la guitare fut détourné par le destin au profit du chant d’où, tu tireras d’ailleurs à tes tous débuts, le pseudonyme de LIPUA LIPUA car, tu maitrisais parfaitement quelques compositions musicales de ce grand chanteur.

Ta passion pour la musique, le courage et le sérieux qui t’ont animé, t’éloigneront progressivement de la craie, du tableau noir, enfin des salles de classes pour consacrer ta vie durant à la musique qui t’a rendu célèbre.

Après l’étape des Sofas de Camayenne où tu imposeras des années durant ta marque déposée, à travers des titres phares tels M’mawa, Khaniya, fémara, Yarabi entre autres, par un choix unanime, tu déposeras enfin ta valise pour un autre bain musical au sein du mythique et emblématique BEMBEYA JAZZ NATIONAL en compagnie de Sékouba Bambino Diabaté.

Très grand chanteur interprète, tu rafleras finalement la place du lead vocal et séduiras sur plusieurs scènes continentales et internationales tas de mélomanes et de spectateurs, qui t’applaudiront dans l’interprétation des titres à succès du Bembeya et particulièrement du Dragon de la Chanson Africaine, le regretté Aboubacar Demba Camara.

De prestations en prestations vécues en ta compagnie au sein des SOFAS et du BEMBEYA, l’une des toutes dernières qui nous revient et qui reste le plus récent et beau souvenir de toi Youyou, demeure l’anniversaire des Sofas célébré le samedi 9 mai 2015 au Centre Culturel Franco Guinéen, deux mois avant ton rappel à Dieu.
Ah ! YOUYOU, si nous savions que ce ticket de ce spectacle allait être le dernier échange entre nous avant ton rappel à Dieu, nous l’aurions trouvé une place de choix et de poids dans un de nos albums photos.

Plus que Arantes Do nacimento ‘’Pélé’’, Michel Platini, Diégo Maradona ou Lionel Messi, tu avais porté le N°10 pour le match de ce dimanche 12 juillet 2015, afin de dribler tout ce monde abasourdis qui t’avait accompagné à ta dernière demeure.

Mon ami, mon frère, mon confident, rassure toi de notre engagement à œuvrer pour l’épanouissement tant souhaité par toi pour ta famille, désormais sous la houlette de celle que tu as aimée et toujours appelée la STE.

Brave épouse et dévouée pour la cause familiale, tu as laissé derrière toi, celle qui aujourd’hui est un exemple à suivre et qui mérite un soutien de la part de tous.

Elle se rappelle encore de cette nuit du 12 au 13 juillet et nous raconte les derniers moments ou les derniers soupirs de celui qu’elle a choisi et aimé toute sa vie en ces termes : ‘’Tout partira d’un simple malaise. Un trouble gastrique qui le menaçait de temps à autres. Il s’en était plaint douloureusement cette nuit et finalement vu l’atrocité de la douleur à l’estomac, nous avions regagné le lit conjugal. Un sommeil perturbé, des lamentations du jamais vu pousseront mon cher mari à me dire de le serrer fort dans mes bras et tout en m’annonçant à plusieurs reprises qu’il allait mourir. Tout sauf cela et tout sauf cela YOU disais-je en ces moments. Finalement, j‘ai senti ces yeux pleinement hagards et sa tète retombait progressivement à l’arrière. C’est ainsi que j’ai crié au secours sans savoir que tout était fini. J’ai perdu un homme, un mari qui nous a entourés de toutes les affections. Je prie Dieu qu’il lui accorde le paradis eternel.’’

Qu’en soit ici remercié tous ceux qui de près ou de loin s’attachent et apportent un soutien à la famille de Youssouf BAH ‘’YOUYOU’’.

Que dire de plus sinon que tu as rempli pleinement et noblement ta mission ici bas.

Chers compatriotes, pensons à toutes ces grandes figures du secteur des arts, de la culture et des sports qui ont à leur vivant, hisser le drapeau guinéen au plus haut sommet.

Youssouf Bah, Youyou, You, Lipua Lipua, Clause Barbie, et que sais-je encore pour tes admirateurs et fans, repose en paix.

Dieu a donné Dieu a repris !