Hôpital de Kindia: les services de pédiatrie et de labo confrontés à un manque criard d’équipements

août 7, 2018 2:20
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L’hôpital régional de Kindia a, comme tout autre centre sanitaire, pour vocation de dispenser  des soins de qualité aux patients. Cependant,  certains services de cet établissement hospitalier sont confrontés à un manque criard d’équipements. C’est le cas des services de  la pédiatrie et du laboratoire qui se trouvent dans une situation lamentable.

Certes, des efforts ont été fournis par l’Etat à travers le ministère de la Santé afin de soulager les patients, mais les besoins actuels commandent à ce que l’Etat accorde d’importants investissements pour pouvoir répondre aux attentes des usagers.

Au niveau de la pédiatrie, il n’y a que 20 lits seulement. Avec cette situation, les médecins font coucher aujourd’hui trois 3 enfants malades par lit.

«Au niveau de notre service, on a un nombre qui est un peu plus grand alors qu’on n’a que 20 lits seulement pour toute la région de Kindia. Présentement, nous sommes tellement débordés par les malades qu’on est obligé de faire coucher trois 3 enfants par lit. Cela représente un véritable problème pour nous en cette période de paludisme. Ces derniers temps là, nos matériels ont manqué et ça ne suffit pas aujourd’hui. On demande aux autorités de nous venir en aide, nous souffrons vraiment avec cette situation. Un service où on peut coucher trois enfants par lit avec les risques de contamination, vraiment ce n’est pas médical. Si on pouvait faire une extension, cela pourra beaucoup nous aider», a lancé Dr Algassimou Barry, médecin chef au service de la pédiatrie de l’hôpital régional de Kindia.

Dans ce service de la pédiatrie, la pathologie la plus fréquente est le paludisme. En dépit de ces difficultés, des responsables dudit service peuvent se réjouir d’avoir pu traiter un nombre important de patients.

«Au regard de nos statistiques, nous pouvons nous en réjouir. Il arrive des moments où on peut coucher jusqu’à 100 malades par mois. Cela est un acquis. Les gens nous référent des patients venus des différentes préfectures comme Télimélé, Coyah, Mamou et même de Gaoual. Nous les soignons et puis ils repartent, nous réjouissons quand même de cette avancée», précise Dr Algassimou Barry.

Par ailleurs, interrogé par rapport à ces difficultés, le Directeur général de l’hôpital de Kindia reconnait qu’il y a parfois des cas de débordement dans certains services. Mais, il rassure que des mesures alternatives sont mises en place pour faire face à ces débordements.

« Cet hôpital a été construit à l’image d’un hôpital préfectoral. Mais aujourd’hui, il joue le rôle d’un hôpital préfectoral et régional. Il reçoit des urgences des préfectures de la région. Le service de pédiatrie est composé de 20 lits. Ce qui est largement insuffisant à l’heure actuelle. Ce qui nous oblige lorsque parfois quand il y a débordement, de référer certains patients aux autres services où il y de la place  pour de soins. Cela est un gros problème. La capacité de l’hôpital régional a dépassé le nombre de lits et de salles. Donc, il faut une infrastructure élargie», sollicite Dr Youssouf Kpogomou.

Quant au laboratoire, c’est plutôt le courant électrique et l’eau qui font attendre les patients dans les couloirs. Avant d’évoquer les difficultés auxquelles sont confrontés ses services, le chef service laboratoire, Mody Sory Barry parle d’abord de la place dudit service au niveau de la pyramide sanitaire.

«Le service de labo est au centre de toutes les activités de l’hôpital. Quand un malade y rentre, il commence par les services médicaux, chez le médecin. Il explique son problème au médecin et ce dernier, à son tour, pose un diagnostic de présomption. De ce diagnostic de présomption, découlent des examens de laboratoire où on procède aux analyses en fonction de la demande médicale. Après nos analyses, il retourne chez le médecin afin que le médecin pose un diagnostic définitif. La place du laboratoire dans une pyramide sanitaire est importante. On ne peut pas dire à un malade dans une structure de santé qu’il souffre de telle ou de telle maladie sans le diagnostic biologique pour déterminer la nature de la pathologie. Ensuite en termes de difficultés, il faut citer le manque d’électricité et d’eau. Quand on n’a pas de courant, nous allumons notre petit groupe électrogène qui, en réalité, ne peut pas faire fonctionner tous nos équipements », a fait remarquer le laborantin.

Aujourd’hui, l’hôpital régional se trouve dans une situation très inquiétante. Il a besoin d’un véritable appui technique afin de permettre à ce centre sanitaire d’offrir des soins de qualité aux nombreux patients qu’il reçoit.