« Il est temps que tous les patriotes se retrouvent pour arrêter le projet de 3ème mandat», assure Cellou Dalein

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Il y a du travail pour l’opposition guinéenne. Alors qu’elle cherche à empêcher le projet de nouvelle constitution, l’opposition devra se battre aussi contre la tenue des élections législatives prévues le 28 décembre 2019.

Le chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, soupçonne le pouvoir de préparer « une mascarade électorale » lors des législatives afin d’avoir les 2/3 à l’Assemblée nationale. Ce qui lui permettrait de passer haut la main le projet de nouvelle constitution sans référendum.

« M. Alpha Condé ne veut pas reculer. Il veut garder les deux fers au feu. Il envisage de faire l’économie d’un référendum en organisant une mascarade électorale à l’occasion des législatives pour s’octroyer la majorité qualifiée. Il va envoyer sa constitution dans une Assemblée où il détient, lui et ses partisans, la majorité qualifiée nécessaire à l’adoption de la nouvelle constitution. Il faut qu’on l’arrête. Ce qui se prépare n’est pas une élection », a déclaré le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), samedi 28 septembre.

Selon Cellou Dalein Diallo, les élections législatives doivent être organisées en avril 2020 en respectant les délais techniques et légaux : « M. Kébé est sorti à la télé pour dire à tout le monde qu’il faut 235 jours après avoir reçu les ressources. Il a reçu les ressources à la mi-août. Ils ont fait un exercice d’élaborer un chronogramme sur cette base et c’est tombé sur avril, si toutes les actions doivent être dans les délais légaux et dans les délais techniquement possibles. Alpha Condé dit qu’il faut ramener ça à 100 jours pour organiser les élections avant la fin d’année. Il ne coûtait rien à la CENI de défendre le chronogramme établi objectivement en toute indépendance, en toute liberté. »

Plus de 6 millions de fiches, correspondant au nombre d’électeurs, vont être imprimées et remplies lors du recensement. Ces fiches vont-elles remplacer la biométrie ? C’est le flou. Et selon Cellou Dalein Diallo, il y a une volonté « manifeste » de mettre en place la machine à fraude : « L’engagement d’appliquer les recommandations de la mission d’audit du fichier n’est pas clair. Ils ont décidé de faire des fiches, 6 millions 400 fiches. Ils disent que c’est comme ça on va reconnaitre les électeurs. Ils créent un chronogramme et disent que l’enrôlement se fera en 25 jours, alors que vous avez 6 millions 400 mille électeurs qui arrivent. A cela il faut ajouter ceux qui ont atteint l’âge de voter entre 2015 et 2019. Vous pouvez faire ça en 25 jours ? A quoi servent les fiches ? Personne ne comprend. »

Le seul moyen d’arrêter tout ça, estime le président de l’UFDG, c’est l’union de toutes les forces politiques et sociales du pays. C’est pourquoi, il a invité les Guinéens à s’inspirer du NON de 1958 qui a conduit  la Guinée à l’indépendance, pour arrêter le projet de nouvelle constitution : « Nous sommes le 28 septembre. Le 28 septembre, c’est certes le stade en 2009. Mais c’est aussi le 28 septembre 1958. Lorsque toutes les forces politiques de Guinée se sont retrouvées, se sont rassemblées, ont décidé de voter NON. Tous les partis politiques guinéens. Il n’y a pas un seul qui a dit qu’il fallait voter OUI. Ils se sont retrouvés pour décider d’aller ensemble à l’indépendance. Il est temps que tous les patriotes se retrouvent pour arrêter le projet de 3ème mandat, comme on l’a fait en 58. »