Il y a 4 ans, la CAF attribuait l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2023 à la Guinée

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Le 20 septembre 2014 marque la date à laquelle le Comité exécutif de la Confédération Africaine de Football (CAF), lors d’une de ses sessions à Addis Abeba, a procédé à l’attribution des trois prochaines éditions de la Coupe d’Afrique des Nations senior de football. Ainsi, le Cameroun a hérité de l’édition de 2019, la Côte d’Ivoire de 2021 et contre toute attente, la Guinée de celle de 2023.

En réalité, la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Cameroun avaient postulé chacun pour les éditions de 2019 et 2021. Mais c’est finalement l’édition de 2023 qui est revenue à la Guinée. Il y a 4 ans de cela jour pour jour.

Depuis cette attribution, hormis l’institution du Comité d’Organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (COCAN) qui est intervenue en janvier 2017 par un décret signé du président de la République, et qui comprend le Comité de pilotage ainsi ses 13 commissions spécialisées, rien d’assez concret n’est abattu en termes de travail malgré l’énormité des chantiers à ouvrir à cet effet.

Les faits et actes

Le 23 mars suivant, un arrêté du Premier ministre d’alors, Mamady Youla, a meublé les 13 commissions spécialisées. Depuis que ces actes ont été posés, dans l’agenda des préparatifs, il n’y a eu qu’une mission mixte de visite des probables sites de compétition intervenue entre février et mars  dernier. A savoir : Conakry, Kindia, Boké, Labé, Kankan et Nzérékoré.

Rappel du contenu du cahier de charges de la CAF

Pour une nette clarification, les phases finales se disputaient avec 16 équipes. C’était le format initial. Mais à l’avènement d’Amad Amad à la tête de la CAF, en juillet 2017, un séminaire s’est tenu au Maroc où il a été décidé de modifier le format de la compétition. C’est-à-dire au lieu de 16, que les finalistes se retrouvent désormais à 24. Ce qui entraine de facto une modification du cahier de charges de la compétition.

Avec 16 équipes, le cahier de charges de la CAF exigeait un minimum de 4 sites de compétition. Avec le passage de 16 à 24 équipes, le cahier de charges exige un minimum de 6 stades de compétition maintenant. Raison pour laquelle on avait identifié au préalable Conakry, Labé, Kankan et Nzérékoré comme sites de compétition.

Désormais, avec la modification intervenue, Kindia et Boké ont été identifiés comme probables sites de compétition. Selon une source proche du COCAN, il est même question de rajouter Faranah, même si notre informateur précise que le COCAN n’a pas encore statué pour présenter les sites de compétition définitivement retenus.

Contraintes

Il est reste vrai que 4 bonnes années se sont écoulées depuis l’attribution de cette manifestation sportive à la Guinée. Mais avec une volonté politique, il est bien possible de tenir le délai de 2023. A la seule condition que si à partir de cette année, le président de la République donne le ton en confirmant solennellement la disponibilité du pays à abriter la compétition. Car, si Alpha Condé donne ce ton, le gouvernement va suivre et le COCAN aura les moyens pour travailler.

Il faut que le COCAN puisse avoir son budget de fonctionnement et d’équipement. Le président de la République a attribué l’immeuble Siguiri sis à la Cité des chemins de fer comme siège du COCAN. Cet immeuble R+2 doit être réhabilité et rénové. Ensuite, il faut qu’il y ait un budget de fonctionnement pour permettre aux différentes commissions de travailler sur le rapport de la mission de visite des sites. Cette mission a produit un rapport de 90 pages.

Dans ce document, tous les chantiers à faire et les infrastructures existantes ont été identifiés et répertoriés. Aujourd’hui, il y a lieu de prendre attache avec un cabinet d’architecture qui va formaliser un cahier de charges, afin que le COCAN puisse lancer les appels d’offres et attribuer les marchés pour qu’en fin, l’on donne les premiers coups de pioche aux différents chantiers à ouvrir.

Coût du projet

Au bas mot, le budget de cette grandiose manifestation que le pays n’a jamais organisée est évalué à près de 2 milliards d’euros. Mais il est évident que ce n’est pas le Budget national qui va supporter le financement des investissements à faire. Ces ressources financières seront à mobiliser auprès des partenaires bi et multilatéraux, du secteur privé et des institutions internationales de financements.

Et ce qu’il convient d’ajouter est que sur chaque site de compétition, il faut un stade, un minimum de deux terrains d’entrainement, des réceptifs hôteliers 4 étoiles, le signal satellite, les structures sanitaires, la sécurité, les voies de communication, les aéroports. Car, selon les règlements de la CAF, pour une distance de plus de 200 kilomètres entre deux sites de compétition, les équipes et les officiels doivent voyager par avion. Alors, au travail ! Puisque 2023, c’est demain.