Impacts-Covid-19 : la ministre  de l’Hôtellerie et du Tourisme dresse un sombre tableau du secteur

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Dans le cadre de la communication gouvernementale sur la riposte contre la Covid-19, la ministre de l’Hôtellerie, du Tourisme et de l’Artisanat Mme Salla Fanta Fanyi Camara a animé ce lundi 20 juillet, un point de presse à Conakry.

A l’entame de son discours, la ministre   Salla Fanta Fanyi Camara a déclaré que dans le monde entier, la Covid-19 a ébranlé l’ordre naturel des sociétés, des habitudes ont été bouleversées et tous les secteurs de l’économie ont été atteints dans leurs fondements. Elle a rappelé que la Covid-19 a appauvri les familles, en occasionnant un chômage de masse et menace d’ébranler la structure sociale et économique des communautés ainsi que la stabilité politique et économique.

S’exprimant sur le plan touristique, elle expliqué que la pandémie a provoqué dans le monde une chute de 22%  des arrivées de touristes internationaux au cours du premier trimestre 2020. «Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), la crise pourrait entraîner sur toute l’année une régression de 60 à 80% par rapport aux chiffres de 2019. Cela met en danger des millions de foyers dont les moyens de subsistance dépendent du tourisme et menace de réduire à néant les progrès réalisés dans la poursuite des Objectifs de Développement Durable (ODD)», a-t-elle fait savoir.

D’après elle, ce constat est d’autant plus désolant dans les industries qui sont dépendantes de la mobilité, la circulation des biens notamment dans les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie et de l’artisanat. «Ces secteurs ont payé un lourd tribut», a-t-elle dit.

Poursuivant, elle a affirmé que dans le secteur du tourisme, l’on note une chute considérable du chiffre d’affaires des acteurs économiques du domaine du voyage suite à l’instauration de l’état d’urgence sanitaire et la décision de fermeture de l’Aéroport International de Conakry-Gbessia, principale porte d’entrée par voie aérienne. Aussi, a-t-elle ajouté, l’annulation du pèlerinage à la Mecque pour l’année 2020 constitue un important manque à gagner pour l’Etat, les compagnies de transport et les agences de voyages.

En ce qui concerne le secteur de l’hôtellerie, elle a indiqué que la diminution considérable de la fréquentation du pays par les touristes a entrainé une baisse du taux d’occupation des chambres déjà éprouvé de  18% en mars à  4%, en juin 2020.

«L’on constate les mêmes difficultés dans le secteur de l’Artisanat. Les filières de la sculpture, du textile, et du cuir ont connu une baisse du chiffre d’affaires à cause de la rareté des clients. Les effets de la pandémie ne se limitent pas qu’aux pertes économiques des acteurs privés. Il faut également signaler le non-respect du délai d’exécution de certains projets publics touristiques et artisanaux», a-t-elle souligné.

Avant d’enchainer que cette dure et effroyable réalité a contraint le gouvernement à réinventer un système de gestion et d’assistance pour soutenir les piliers les plus essentiels de notre économie afin d’atténuer les effets de la pandémie sur notre société.

Pour rappel, la ministre Salla Fanta Fanyi Camara a fait savoir que le gouvernement a présenté la phase I du plan de riposte économique dont les objectifs sont de soutenir notre économie et d’aider le secteur privé à absorber les chocs induits par la Covid-19.

Il s’agit entre autres, le paiement intégral des arriérés des créances dues par l’Etat aux établissements hôteliers pour une valeur de vingt-deux milliards deux cent trente millions francs guinéens (22.230.000.000 GNF) ; Le report pour trois mois, du paiement de l’ensemble des charges fiscales et sociales des entreprises du secteur ; le report de paiement, pour trois mois, des factures d’eau et d’électricité pour les entreprises de l’Hôtellerie et du Tourisme ; la renonciation par l’Etat, pour trois mois, à la TVA sur les factures des entreprises du secteur ; le report, sans coût financier, pour trois mois, des échéances de remboursement des prêts bancaires ; les charges fiscales des entreprises du secteur du petit commerce (maquis, bars et restaurants, etc.) ont été supprimées pour la période d’Avril à Juin 2020. «Toutes ces mesures ont coûté soixante milliards de francs guinéens à l’Etat guinéen», a-t-elle cité.

A ce montant, a-t-elle signalé, s’ajoute, la prise en charge par l’Etat, au titre de l’hébergement et de la restauration de 223 personnes placées en observation sanitaire dans les établissements hôteliers, pour 2060 nuitées pour un coût total de 4.060.565.000  (quatre milliards soixante millions cinq cent soixante-cinq milles) francs guinéens de mai à juin 2020.

A en croire la ministre Salla Fanta Fanyi Camara, le 23 juin dernier, après évaluation des résultats de la phase I, d’autres mesures de riposte ont été prises pour appuyer  les précédentes en vue de renforcer la capacité de résilience à la Covid-19 des entreprises du secteur hôtelier et touristique.

«L’Etat a décidé de prendre à sa charge 50% des charges fiscales reportées en phase 1 pour les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie, ainsi que les factures d’eau et d’électricité des établissements de ces secteurs économiques ; Pour le secteur du tourisme encore, l’effort de règlement des arriérés de l’Etat vis-à-vis des agences de voyages sera poursuivi», a-t-elle annoncé.

Dans la même logique, la ministre Salla Fanta Fanyi Camara a laissé entendre que les entreprises du secteur de l’hôtellerie et du tourisme verront réduit de moitié le montant de leur Contribution Foncière Unique (CFU) et de leur patente, en contrepartie du renouvellement des contrats de travail en cours ; l’exonération de toutes les entreprises du paiement de la Taxe d’Apprentissage jusqu’à la fin de l’année 2020 à condition qu’elles s’engagent pour toute la période à conserver leurs effectifs et à leur payer au moins 70% de leur salaire nominal d’aujourd’hui ; l’élaboration par le Département d’un protocole relatif au respect des gestes barrières dans les établissements d’hébergement et de restauration.

Dans le secteur de l’Artisanat, elle a laissé savoir que les charges fiscales des entreprises du secteur du petit commerce ont été supprimées pour la période d’Avril à Juin 2020 ; les tailleurs et couturiers ont été outillés pour participer à la riposte sanitaire à travers la confection d’environ dix millions de bavette par les actions suivantes : la fourniture aux couturiers des matières premières ; le renforcement des capacités de production des ateliers de couture par la fourniture de machines à coudre et d’accessoires ; la fourniture d’une assistance technique aux couturiers pour la confection des masques de qualité ; la distribution des masques, etc.

Plus loin, la ministre Salla Fanta Fanyi Camara a annoncé que son département prévoit le renforcement de l’équipe chargée du suivi du règlement des créances de l’Etat en faveur des agences de voyages ; l’extension de d’hébergement et de restauration des personnes placées en situation d’observation sanitaire à d’autres structures hôtelières ; la finalisation de la constitution d’une base des entreprises et des Groupements d’intérêts Economiques (GIE) évoluant dans le secteur pour bénéficier du Fonds d’appui aux Groupements d’Intérêts Economiques et aux entreprises (GIE) ; l’organisation de vastes campagnes de sensibilisation dans le milieu artisanal sur les mesures de protection contre la COVID-19 ; la distribution de kits de lavage des mains et de masques dans les ateliers de production (garages, menuiseries, ateliers de soudure et de confection de textile, salons de coiffure, etc.) ; le renforcement des capacités des attisant ; la participation à l’organisation des circuits d’approvisionnement en matières premières et secondaires ; la participation l’organisation des circuits de commercialisation des produits.

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