Impasse politique : l’opposition reporte sa marche et annonce 5 jours de deuil

novembre 8, 2018 2:07
0

L’opposition républicaine n’a pas manifesté ce jeudi comme elle l’avait prévu. Cette décision de ne pas marcher est motivée, selon Cellou Dalein Diallo par le choc que tous les membres de l’opposition ont eu suite au double meurtre de jeunes à Wanindara, le mercredi dernier.

Les militants mobilisés au domicile du président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) avaient exigé qu’il y ait la marche quand ils ont senti que leurs leaders voulaient y renoncer. Aliou Condé, Hadja Salimatou, Gaoual ont joué aux diplomates. Le calme est revenu, et Cellou Dalein est sorti leur transmettre son message.

« Je suis dans le choc, étreint par une grande émotion », a tout d’abord affirmé le chef de file de l’opposition. « J’ai des difficultés à m’exprimer aujourd’hui. Je suis profondément indigné et je sais que vous l’êtes aussi. C’est vrai qu’on a enregistré beaucoup de meurtres, d’assassinats ciblés, notamment sur l’axe à l’occasion des manifestations pacifiques de l’opposition. Ce double meurtre d’hier a deux caractéristiques. On a franchi la barre des 100 victimes de M. Alpha Condé, mais aussi l’atrocité des crimes a marqué plus d’un », a affirmé Dalein.

Pour mieux se faire entendre auprès des jeunes qui ne voulaient entendre que des manifs, Cellou Dalein a usé de la sensibilisation : « Aujourd’hui je suis ému, consterné par ces images (les images des deux victimes ont circulé sur les réseaux sociaux, nldr). Je revois encore la cervelle de Bella. Et je vois cette pauvre femme qui n’avait qu’un enfant unique, qui était peut-être son soutien. Je pense qu’il n’est pas décent de marcher aujourd’hui. »

Pour le chef de file de l’opposition, la marche n’est que reportée et que cela ne signifie pas une reculade : « Nous ne reculerons pas. Nous sommes plus déterminés aujourd’hui qu’hier. »

Puis, il annonce les dates des prochaines manifestations : « A partir de mardi 13 novembre, on va manifester. Mardi, les femmes de l’opposition, les femmes éprises de paix et de justice, vont marcher pour demander l’arrêt de l’assassinat de leurs enfants et la justice pour ceux qui ont péri sous les balles de nos propres forces de l’ordre.  Mercredi, ville morte. Jeudi 15 novembre, marche pacifique de Cosa à l’esplanade du stade du 28 septembre. Il faut qu’il y ait une marche, que tous les Guinéens sortent pour exprimer leur ras-le-bol face à cette mauvaise gouvernance, face à ces assassinats ciblés contre d’innocents citoyens, parce que les jeunes qui ont été assassinés hier n’étaient pas en train de marcher. »

Revenant sur le meurtre des deux jeunes, Cellou Dalein affirme que les meurtriers avaient une mission : « La ville morte était pratiquement terminée. Ces gens étaient venus avec un mandat d’abattre des citoyens dans cette zone. Ils ont accompli leur mission et sont partis, sûrs de l’impunité qui leur sera accordée par M. Alpha Condé. »

Il se dit également « convaincu » que justice ne se fera pas pour ces deux jeunes, comme ça a été le cas pour les autres : « Nous sommes convaincus que les deux compatriotes faussés hier n’auront pas droit  à une justice, même pas la compassion du gouvernement. Mais ce n’est pas important, car ils ont la compassion de tout le peuple de Guinée épris de justice. »

Le président de l’UFDG demande à ses militants et ceux de l’opposition d’observer cinq jours de deuil avant le mardi, jour de la prochaine marche des femmes.