Incendie de Notre-Dame de Paris : que doit nous inspirer cette tragédie ?

avril 17, 2019 11:15

Tout d’abord, l’exigence est à l’expression du désarroi face à cet épisode malheureux qui frappe cet édifice phare érigé depuis 1988 comme patrimoine culturel mondial de l’UNESC. (Crédit-photo: France 3 régions)

D’ailleurs, l’élan de solidarité international que cet incendie a suscité, notamment de la part des plus grands de ce monde, montre la place que ce monument occupe dans l’histoire, les cœurs et les esprits de centaines de millions de personnes à travers le monde.

Le président de la République de Guinée a exprimé toute sa solidarité au nom du peuple et du gouvernement guinéen, en rendant particulièrement hommage aux sapeurs-pompiers de la ville de Paris qui ont pu sauver l’essentiel pour circonscrire le feu.

14 millions de visiteurs par an, c’est dire l’importance que revêt cette cathédrale.

Plus de 800 ans, elle est le symbole de l’histoire de cette grande nation qu’est la France. Comme l’a dit le Président Macron, la voix marquée, grave, pleine d’émotion : « Nous rebâtirons parce que c’est ce les français attendent, parce que c’est ce que notre histoire mérite… » 

Quand les tragédies rapprochent  

L’élan de solidarité spontané manifesté par tant des personnes fortunées comme les familles Arnault (200 millions d’euros) et Pinault (100 millions d’euros) et les plus d’un million d’euros mobilisés sur internet quelques heures après l’incendie, créé aujourd’hui un rapprochement entre toutes les composantes de la nation française autour de ce symbole qui les unit, qui demeure le trait d’union entre leur passé, leur présent et leur futur.

Dans un contexte de tension sociale marqué depuis quelques mois par la crise des gilets jaunes, on ne peut voir en cet évènement douloureux qu’un message d’espoir pour une France qui se réconcilie avec elle-même.

Le hasard émet par moments des signaux assez curieux. Que cet évènement survienne le jour où le Président Macron devait annoncer des mesures au sortir du grand débat national, censés renforcer le tissu social français notamment, pourrait être interprété avec une note d’espoir dans la mesure où il produit une sorte d’émotion collective qui ne peut que rapprocher le peuple autour de lui-même. C’est en tout cas, l’espoir que l’on peut être en droit d’avoir.

Les symboles historiques doivent être chéris !

A travers l’histoire, on a toujours fait état du caractère universaliste du rôle de la France dans le monde. Cette nation inspire à bien des égards. De la science à la culture, en passant par la diplomatie et la cuisine, le rayonnement français est une réalité indéniable.

Ce que la tragédie de Notre-Dame doit nous inspirer, c’est surtout cette propension qu’a la nation française de chérir, valoriser, promouvoir son histoire et partant, son patrimoine.

Comme le dit souvent une des grandes figures contemporaines françaises qu’est l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, dans une de ses œuvres (le requin et la mouette), la grandeur, la puissance ne se mesure pas seulement au nombre de divisions militaires que l’on aligne, mais plutôt par la capacite à influencer et à susciter l’adhésion.

La France, par son attachement à son histoire, sa culture, par les efforts conséquents qu’elle déploie en matière de témoignage intergénérationnel, assure ainsi sans doute le maintien de son plus grand levier d’influence à travers le monde.

C’est en cela que ce pays, sa manière de faire, doit inspirer les autres qui partagent avec elle, la formidable langue de Molière.

Notre patrimoine historique doit être valorisé

Si des efforts sont effectués tant par les autorités guinéennes que par quelques particuliers dans la promotion du patrimoine historique en Guinée, la tragédie de la Cathédrale Notre-Dame de Paris et l’élan de solidarité, de détermination, de priorité nationale qu’elle suscite, doit pouvoir déteindre sur nous autres.

Nous avons, à travers le pays, beaucoup de sites culturels historiques, des mosquées comme celle de Nyèla à proximité de la préfecture de Beyla, dont les imams disposent d’un registre qui témoignent de leur passage depuis environ 9 générations. Ces actifs patrimoniaux sont la mémoire de l’histoire de leurs communautés.

Ils sont des témoignages de l’histoire de notre pays qui doivent être mis en lumière, afin de développer, entretenir le sentiment d’appartenance des nouvelles générations à notre communauté nationale.

C’est le meilleur levier de lutte contre le repli identitaire, néfaste pour l’édification d’une Nation.

De Boffa, à Yomou en passant par Kankan, Dinguiraye, Labé, nous avons des témoins de notre histoire, de la grandeur de notre communauté nationale, qui disposent d’un potentiel fédérateur hors du commun.

Ils ne demandent qu’une chose : que l’on s’intéresse à eux de manière encore plus ardente qu’hier afin de leur permettre de remplir leur mission historique de lien entre nos ancêtres et nous, et entre nous et les futures générations.

La Guinée regorge de beaucoup de familles comme la famille Pinault (toute proportion gardée). Qu’elles s’inspirent du geste fort de ces derniers pour contribuer à l’entretien et à la valorisation de notre patrimoine national. Elles le font pour les mosquées, elles doivent le faire pour les églises, les sites sacrés de notre héritage culturel, les embarcations d’esclaves, etc.

S’il existe un bien, une influence que porte la France à travers la Tragédie de la Cathédrale Notre-Dame de Paris et l’élan national qui s’en dégage dans l’exigence de reconstruire ce ciment de leur histoire, c’est bien celui de nous encourager à en faire de même tout le temps, sans relâche.