Incendies des ateliers à Labé : Des hommes en uniforme mis à l’index

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Suite à l’incendie du palais de la Kolima qui était jusque-là retenu comme étant le centre de vote numéro 2 par la commission électorale préfectorale indépendante (CEPI) de Labé, les affrontements se sont poursuivis au carrefour Hoggo M’Bouro où jeunes manifestants et agents des forces de défense et de sécurité ne se faisaient pas de cadeaux. Dans la foulée, plusieurs ateliers de menuiserie ont été réduits en cendre. Les victimes indexent les forces de sécurité qui auraient volontairement mis le feu à leur lieu de travail.

En plus du matériel de travail composé de machines et d’un important lot madriers ; des meubles et tout le contenu des ateliers ont été incendiés selon Mamadou Siradiou Sow l’une des victimes. « L’année dernière c’est l’atelier de nos voisins qui a été incendié. Une personne y avait perdu la vie. C’est des biens qui sont partis là en fumée. En clair il y avait beaucoup de machines et beaucoup de biens ici. C’est entre autres des portes, des madriers. Les machines étaient au moins au nombre de 10. On m’a rapporté que c’est les militaires qui sont venus mettre le feu dans les ateliers. Au fait c’est les militaires qui ont mis le feu avant de bloquer tous les accès. S’ils n’avaient pas bloqués les accès, les gens allaient éteindre le feu. Donc, tout est parti en fumée », explique la victime, sous le coup de l’émotion.

Ensuite, des militaires auraient volontairement gazé des vieilles femmes qui se reposaient dans une maison aux abords du rond-point Hoggo M’bouro, comme le relate ici Amadou Bailo Barry, proche des victimes. « C’est ce matin dans les environs de 13 heures que des agents des forces de défense et de sécurité sont venus défoncer la porte de la famille. Il y avait des vieilles âgées de 80 à 85 ans dans cette famille. Ces mêmes agents ont lancé du gaz lacrymogène dans la maison. Par suite, les vieilles sont tombées, évanouies. Après, c’est la population qui est venue aider à sortir les vieilles qui sont au nombre de trois, de cette maison. En plus les agents ont dit en soussou, ‘’tuons les on va partir’’. Donc, ce n’est plus la sécurité. Pour nous, ils ont une mission, celle de venir assassiner les pauvres parents qui sont dans les maisons », dénonce-t-il.

Aux dernières nouvelles, une dizaine de pickups remplis d’agents de sécurité; des militaires pour la plupart patrouillent dans les rues de Labé. Toutefois, les jeunes restent toujours mobilisés à divers endroits.